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Pessac : la villa, l'historien et le sarcophage

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Apollyôn
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Pessac : la villa, l'historien et le sarcophage

Message par Apollyôn le Lun 18 Juil - 15:46

Double actualité pour la commune de Pessac :

L'historien Jacques Clémens s'inquiète que l'archéologie ne soit pas prévue au programme des travaux. Il rappelle l'existence de la villa romaine de Peccius.
Passé, présent et avenir sont intimement liés et l'historien pessacais Jacques Clémens ne perd jamais de vue l'actualité. Les travaux du futur centre-ville ont fait tilt dans sa tête et rappelé à son bon souvenir la villa romaine qui devait occuper autrefois la colline du bourg : « C'est de la Villa de Peccius que vient le nom de Pessac », affirme l'ancien prof d'histoire de la fac, après avoir écarté l'autre hypothèse, basée sur un mot celte : Pect.
« On ignore beaucoup de l'histoire romaine de Pessac. » Pour lui, elle ne fait aucun doute : « J'ai moi-même quelque part dans mes affaires (il garde tout !), un bout de mosaïque que j'avais trouvé en 1977 dans un trou contre l'église. Il avait été creusé pour enfouir un bloc de béton des fondations de l'ancienne halle couverte, en cours de démolition. »

Presque maniaque de la datation, Jacques Clémens précise : « J'avais été alerté, le 17 juin 1977, à 16 heures, par quelqu'un qui venait de trouver sur un tas de gravats, juste à côté, une pièce de monnaie, fausse, mais bien de l'époque de l'empereur gaulois Postumus vers 260-265 après Jésus-Christ (1). »
Avant qu'un bulldozer daté de l'époque Pujol (2) ne remue le passé, il y avait déjà eu un premier signe d'occupation romaine. 100 ans auparavant. Jacques Clémens en a retrouvé trace : « Dans la séance de la Société archéologique de Bordeaux du 10 novembre 1882, M. Azam (beau-père de Camille Jullian) signale la découverte à Pessac près de l'église et de la voie ferrée, dans la propriété de M. le vicomte de Barante, sénateur espagnol, d'une belle mosaïque dont M. Piganeau (archéologue bordelais) présente un croquis, en attendant que la saison permette d'en relever un dessin plus exact ». Le fait était suffisamment notable pour être repris la même année dans… « la Revue du Vaucluse ».
Mais en 1897, la Société archéologique, précise que la mosaïque a été détruite ! « Est-ce la même dont j'ai moi-même un morceau ? », s'interroge Jacques Clémens. « En tout cas, il provient du même domaine. La maison du maître devait occuper la colline, les bâtiments agricoles s'étendant autour. Beaucoup d'églises ont été construites à l'emplacement de villas romaines. »
Les fouilles étaient autrefois réalisées par des bénévoles passionnés. « En 1978, par exemple, avec Raphaël Saint-Orens, nous avons pu mettre à jour un sarcophage moyenâgeux lors de la réfection du dallage de l'église Saint-Martin. Depuis, plus rien. Pourtant, on a agrandi l'hôtel de ville, remodelé le centre, construit le Jean-Eustache… De gros travaux, où l'on a beaucoup creusé. Je m'étonne qu'on n'ait rien trouvé. »
L'historien ironise, imaginant que la villa Peccius devait être bien minuscule, plus petite encore que le plus petit modèle, la « villula » qui a déjà des allures de château. « Où alors, elle était perpendiculaire à la voie ferrée ! »
Ne serait-il pas en train de sous-entendre que si l'on ne cherche pas, on ne risque pas de trouver : « Je ne mets pas en cause, la ville ou la CUB. Ce n'est plus de leur compétence. C'est maintenant à la direction régionale de l'archéologie de décider, parce que le service a été étatisé. Mais comme il y a de moins en moins de personnel et de crédits… Ne faudrait-il pas revenir à un système intégrant des bénévoles ? »
Malgré l'interdiction à un amateur, fut-il éclairé comme lui, de pénétrer sur le chantier, Jacques Clémens profite d'une barrière déjà déplacée par quelqu'un d'autre pour aller faire sa démonstration dans une tranchée où l'on remodèle divers réseaux, près de l'église : « Regardez, il y a des crânes et des ossements provenant de l'ancien cimetière. » Puis il exhume un minuscule carré de pierre dont une des plus grandes surfaces est bien plate : « Je ne peux pas le garantir, mais il pourrait s'agir d'un morceau de mosaïque… » À le voir enquêter minutieusement dans la poussière, on ne peut s'empêcher de lui trouver un côté « Mon cher Watson », ou papa d'Indiana Jones, sans la barbe et le chapeau.

(1) Marcus Cassianus Latinius Postumus ou Postume, a régné sur l'empire des Gaules de 259 ou 260 à 269, alors que Gallien régnait à Rome. L'empire était alors divisé.

(2) André Pujol, maire de 1977 à 1983.

source : hthttp://www.sudouest.fr/2011/07/16/sous-les-paves-la-villa-453533-729.php


Alors que l'historien Jacques Clémens s'étonnait samedi dans nos colonnes que l'on ne fasse pas de fouilles avec les travaux, Daniel Daucourt découvrait aussitôt un sarcophage !
Comme dans un bon film de Spielberg, l'archéologie est sujette à rebondissements et suspense. Au centre-ville de Pessac, les épisodes se succèdent. À peine, l'historien Jacques Clémens était-il sorti du trou de travaux où il laissait entendre que l'on pourrait trouver des choses intéressantes si on se donnait la peine de chercher que quelqu'un d'autre allait y regarder de plus près. Bingo. Le jour de la parution de l'article (« Sud Ouest » de samedi), Daniel Daucourt, président de l'Association des amis du beau et vieux Pessac, découvrait un sarcophage.
« Une découverte de premier plan », se félicite Jacques Clémens, spécialiste du Moyen Âge. À la différence de celui qu'il avait découvert avec Raphaël Saint-Orens, à l'intérieur de l'église Saint-Martin, en 1978, ici, il y a toujours le couvercle. « C'est étonnant, car il semble avoir été réemployé. » Comme dans la chanson de Brassens (« Supplique pour être enterré à la plage de Sète »), on faisait « place aux jeunes » en poussant les vieux ossements au fond du sarcophage…
Lors de ces travaux, ou de précédents, il a été partiellement amputé par un engin de terrassement, révélant sa cavité. Un petit effondrement en plus et Daniel Daucourt a pu le repérer sans peine. « Je voudrais le récupérer et le mettre dans le musée de l'association, l'Historial de Camponac », précise-t-il.
En ce week-end de 14 juillet, Jacques Clémens a aussitôt alerté par courriel le directeur régional du service d'archéologie d'Aquitaine, ainsi que l'adjoint au maire chargé des travaux, Michel Dazat, pour isoler le site du reste du chantier, par des barrières. À l'heure où l'on veut densifier l'agglomération, il a aussi envoyé un courrier au président de la CUB lui demandant de mettre en place des « sentinelles archéologique » bénévoles.
« Il faut procéder à des relevés, dégager, puis sortir le sarcophage et fouiller dessous. Peut-être y a-t-il des choses plus anciennes, car il n'a pas dû être déplacé depuis le Moyen Âge », estime Jacques Clémens.
Lui qui avait trouvé un morceau de mosaïque juste à côté, ne désespère pas que l'on découvre un jour des vestiges de la villa gallo-romaine de Peccius. Une mosaïque avait été exhumée au XIXe siècle dans le secteur, puis portée disparue. Détruite, comme on l'a dit ? Daniel Daucourt n'y croit pas trop : « Cela se revendait beaucoup à de riches Anglais ou Américains. »
C'est donc le 2e sarcophage découvert au centre-ville, le premier avec un couvercle, même s'il n'est pas entier : « Le fait qu'il soit à l'extérieur de l'église, prouve la richesse de l'ancien cimetière », souligne Jacques Clémens. « Il fallait avoir les moyens pour se payer un sarcophage. Il y en a peut-être d'autres. Car si le cimetière a été déménagé au Poujeau, seuls les monuments funéraires ont été déplacés, ainsi que les ossements des familles qui l'ont souhaité. Tout le reste n'a pas été touché. »
Le passé de Pessac est très ancien, son toponyme renvoie à une origine celte, ou plus sûrement romaine : Peccius. Des chemins celtes et une importante voie romaine passaient à proximité. Souvent les églises furent bâties sur des temples païens qui n'ont peut-être pas encore dit leur dernier mot, surtout par la bouche de Jacques Clémens : « En 1978, on avait trouvé trace de mûrs fantômes : des tranchées remblayées après récupération des pierres. S'agissait-il d'un vieux mur de l'église ou d'un mur gallo-romain ? » La suite au prochain épisode.

source : http://www.sudouest.fr/2011/07/18/sarcophage-decouvert-454592-729.php


Dernière édition par Apollyôn le Mar 16 Aoû - 14:28, édité 1 fois


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Re: Pessac : la villa, l'historien et le sarcophage

Message par Schattenjäger le Lun 18 Juil - 15:49

Merci pour l'information, me trouvant proche de Pessac. Smile


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Re: Pessac : la villa, l'historien et le sarcophage

Message par Apollyôn le Lun 18 Juil - 15:58

De rien. Mais si tu veux voir des vestiges cools avec plein de sarcophages dans le coin je te conseille plutôt d'aller voir la crypte archéologique du square Saint-Seurin à Bordeaux, c'est très sombre et les panneaux explicatifs sont un peu cheaps, mais question ambiance ça se pose là... (d'ailleurs question ambiance, les sarcophages dans le jardin d'enfants c'est assez étrange... )


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Re: Pessac : la villa, l'historien et le sarcophage

Message par Apollyôn le Mar 16 Aoû - 14:31

Où est passé le sarcophage trouvé mi-juillet à côté de l'église Saint-Martin ? Impossible de retrouver son emplacement alors que marteaux-piqueurs et pelleteuses continuent à mettre sens dessus dessous le périmètre autour de l'édifice et la place de la Ve-République, dans le centre-ville de Pessac.
« Il est bien où il est, avec les siens, explique Dany Barraud, directeur du service régional d'archéologie en Aquitaine. Nous l'avons protégé avec du billing, une bâche plastique qui permet de le conserver dans un état sain et de le protéger de l'humidité et l'avons laissé en l'état à l'endroit où il a été trouvé. »

Pas de fouilles supplémentaires à attendre dans le secteur. Le sarcophage est à nouveau sous terre, dans un périmètre où il est désormais interdit de creuser et passer des canalisations.

Suite à la découverte de Daniel Daucourt, président de l'Association du vieux et beau Pessac, le samedi 16 juillet, les services archéologiques de la région se sont déplacés sur le site pour faire un diagnostic. Et seraient repartis déçus. Le sarcophage n'est pas entier et le squelette à l'intérieur « pas très en place ».

« Ce bout de sarcophage date a priori du XIe siècle. C'est une découverte très courante autour des églises romanes. Elle n'a qu'un intérêt très local. Nous n'avions pas assez d'éléments intéressants pour engager d'autres fouilles », poursuit Dany Barraud.

L'église Saint-Martin date en effet du XIe siècle. Jusqu'en 1857, elle était entourée d'un cimetière. Un premier sarcophage, datant de la même période, a d'ailleurs été découvert en 1978 par Raphaël Saint-Orens et Jacques Clémens à l'intérieur de l'église. Deux hommes passionnés par l'histoire locale.

Jacques Clémens s'étonne de la décision de ne pas poursuivre les fouilles. « Cette découverte est importante pour l'histoire pessacaise. C'est le premier sarcophage qu'on trouve en dehors de l'église. Cela voulait dire qu'à l'époque quelqu'un avait les moyens de se faire enterrer de la sorte à cet endroit. »

L'ancien prof d'histoire à la fac voit dans cette décision un choix budgétaire. « Je ne vois pas alors selon quels critères les sarcophages de la vieille église de Mérignac ou même les tombes de Saint-Michel de Bordeaux ne seraient pas aussi d'intérêt très local », dit-il.

Si les archéologues de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) se sont déplacés, c'est aussi parce qu'ils espéraient trouver des éléments plus anciens. L'édifice religieux a été construit sur l'emplacement d'une villa gallo-romaine. Mais de cette époque, ils n'ont rien trouvé. En tout cas pas à la profondeur à laquelle se trouve le sarcophage (40 centimètres).

Qu'on ne fouille pas plus profond et garde en état ce qui est plus ancien pour plus tard, Jacques Clémens ne le critique pas. De cette période antique, lui a trouvé une pièce de monnaie datant de 260-265 après Jésus Christ et un morceau de mosaïque. « Mais il serait intéressant d'y regarder de plus près, pour comprendre les liens entre la banlieue et Burdigala à cette époque. »

« Je comprends les restrictions budgétaires, conclut-il. Mais nous avons besoin de patrimoine, pas seulement à Bordeaux, à Pessac aussi. Que penseront les générations à venir quand elles redémoliront nos constructions et découvriront peut-être nos amputations aux structures anciennes ? »

Une question de société à approfondir selon lui. Et de réitérer son idée de mettre en place des sentinelles citoyennes en archéologie pour ne pas passer à côté de découvertes sur le passé en sous-sol à l'heure où s'accélère la construction de l'agglomération de demain.



source : http://www.sudouest.fr/2011/08/16/le-sarcophage-va-garder-ses-mysteres-475462-3034.php


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