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un quartier romain au Mans

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Apollyôn
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un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Ven 24 Juin - 22:31

Une équipe de l’Inrap fouille actuellement, sur prescription de l’État (DRAC Pays-de-la-Loire), l’emplacement du futur espace culturel des Jacobins dont la ville du Mans est maître d’ouvrage. Ce programme de fouilles se déroule en plusieurs phases et en parallèle des travaux de construction.
La fouille du comblement vaseux d’un bassin antique de plus de 2 500 m² a livré aux archéologues un abondant mobilier. Celui-ci se compose d’objets de parures et de monnaies de bronze, d’argent et d’or jetés dans le bassin en offrande à quelque divinité, indiquant la vocation cultuelle du lieu. Plus de 150 monnaies ont été ainsi découvertes, toutes frappées entre le Ier siècle avant notre ère et le IIIe siècle de notre ère. S’y ajoutent quelques bijoux, dont une bague en or.

Six plaques de plomb soigneusement pliées y ont été exhumées. Actuellement en restauration, deux d’entre elles ont été déployées. La première est vierge, la seconde porte quelques inscriptions de lecture difficile. Une prochaine étude permettra, sans nul doute, d’y reconnaitre des lettres, des symboles ou des dessins. Ces objets sont des tablettes de « défixion », c'est-à-dire liées à des pratiques magiques antiques. Absent dans le monde celtique, ce type de magie est introduit en Gaule par la Grèce et Rome au cours du IVe siècle avant notre ère et perdure jusqu’au VIe siècle de notre ère, à l’époque mérovingienne. À l’aide de ces tablettes d’exécration, la defixio a pour objectif d’envoûter un individu, de soumettre à sa volonté un rival. Pour pratiquer ce rituel de contrainte, les magiciens antiques utilisent généralement des plaques de plomb, y portent parfois un texte ou des signes, mais peuvent aussi y insérer un élément ayant été en contact avec l’envouté (cheveu, tissu). Les tablettes sont alors jetées dans des lieux cultuels ou offertes aux profondeurs chtoniennes : une tombe, les eaux d’un puits ou celles de la mer. Près de 2 000 tablettes de la sorte sont aujourd’hui identifiées, de l’Egypte à l’Angleterre. En France, celles de Chamalières, du Larzac et d’Amélie-les-Bains sont les plus célèbres. Souvent rédigées en latin, certaines sont parfois en langue celtique, d’autres dans des langues inconnues. Les fouilles de la cité judiciaire du Mans avaient déjà livré un document bilingue, latin-gaulois, daté du Ier siècle de notre ère. Les tablettes des Jacobins offrent un nouveau témoignage sur les passions dans l’Antiquité.
Reste aujourd’hui à déplier les quatre autres tablettes et à traduire leurs éventuels textes
.

Ces objets ne sont pas isolés, puisqu’une petite maçonnerie, très arasée mais de construction soignée, vient d’être mise au jour. Formant un carré de 3 mètres de côté, cet édicule, situé sur la bordure nord du bassin, renferme en son centre une concentration inattendue de monnaies du Haut-Empire romain : plus de 280 pièces de bronze des Ier et IIe siècles de notre ère. Il s’agit, là encore, d’offrandes qui ne laissent aucun doute quant à la fonction cultuelle de l’édifice, probablement dédié à une divinité des eaux. Il est cependant encore trop tôt pour se prononcer sur sa nature exacte (fontaine, petit temple, autel ?).

Sur le chantier des Jacobins au Mans, les archéologues n’en sont pas à leur première découverte, puisque les niveaux récents du site avaient révélé les fosses communes des victimes des combats des 12 et 13 décembre 1793, liés à la « virée de Galerne » pendant les guerres de Vendée.
Outre le chantier des Jacobins, Le Mans et ses environs se sont récemment enrichis d’un vaste sanctuaire composé de plusieurs temples, mis au jour à Neuville-sur-Sarthe, qui constitue une découverte majeure sur la religion dans l’Antiquité.

source : http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques-de-presse/Les-derniers-communiques/Communiques-nationaux/p-13288-Offrandes-et-maledictions-dans-un-edifice-cultuel-sur-le-site-des-Jacobins-au-Mans.htm


Dernière édition par Apollyôn le Lun 25 Juil - 14:16, édité 1 fois


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Re: un quartier romain au Mans

Message par Bat le Dim 26 Juin - 21:13

Intéressant, je ne connaissais pas l'existence ni les témoins de ces rites.

J'aime bien tes news, je suppose que tu fréquentes le milieu archéologiques.


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Re: un quartier romain au Mans

Message par -Z- le Dim 26 Juin - 21:44

Bah c'est pas en fréquentant les pilliers de bars qu'il aura des infos pareilles...


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Re: un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Mar 28 Juin - 12:04

Ben, ça dépend, si les piliers de bar en question sont archéologues ça peut le faire...
Mais pour répondre à la question de Bat, oui, je fréquente un peu ces milieux (archéologique et bar je veux dire )


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Re: un quartier romain au Mans

Message par TrustNo1 le Mar 28 Juin - 16:25

Tiens mon collègue est du Mans ; je vais lui demander si il en a entendu parler sa m'interesse aussi ces rîtes

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un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Mer 29 Juin - 0:01


Depuis le début, les archéologues vont de surprise en surprise aux Jacobins, où ils viennent de découvrir une nouvelle voie romaine. Ils ont jusqu'au 17 juillet pour retrouver l'histoire du site.



Depuis vendredi, les archéologues sont de retour sur le site des Jacobins pour y mener une deuxième tranche de fouilles qui durera jusqu'au 17 juillet. L'exploration portera sur l'angle nord-ouest de l'emprise du chantier du futur espace culturel Jacobins.
Avant l'intervention des archéologues, on ne savait que très peu de choses sur le site des Jacobins que l'on prédisait peu urbanisé et d'intérêt mineur. Les fouilles ont montré que la réalité était très différente en révélant un quartier très urbanisé, développé le long d'une voie romaine insoupçonnée qui devait relier le sanctuaire à l'aire des jeux. Depuis vendredi, les archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont découvert une autre voie romaine formant un carrefour à angle droit avec la première découverte. Autour de ces voies, l'urbanisation est à nouveau particulièrement dense.
Le doute n'est plus permis quant à la vocation cultuelle du bassin découvert aux Jacobins. Les Gallo-Romains du Mans venaient y jeter des petits objets et des monnaies aux divinités des eaux dans l'espoir que leurs voeux ¯ ou leurs sorts ¯ se réalisent. Dans ce très grand bassin a été retrouvée une multitude d'objets : monnaies, ex-voto, fibules précieuses, bagues, tablettes de défixion...
Ce bassin était probablement aussi utilisé pour la pisciculture puisque, comme l'explique Pierre Chevet, responsable du chantier pour l'Inrap, « nous y avons retrouvé des plombs de filet d'épervier ». Ce prestigieux bassin ¯ rare en milieu urbain ¯ faisait très certainement partie de la parure monumentale de la ville. Ce qui confirme que Le Mans était une vraie capitale de cité.
À peine attaquée, la fouille de la portion de bassin qui n'avait pas encore été explorée a immédiatement livré de nouvelles pièces : principalement des monnaies (dont ce très beau denier en argent à l'effigie d'Auguste) et quelques objets comme cette clé de coffre en bronze.
Les archéologues ont bien retrouvé la suite de l'atelier de bronzier dans lequel avait été découvert un surmoule rarissime, mais... « Elle est, malheureusement, très arasée, poursuit Pierre Chevet. Nous avons retrouvé des restes de moule mais pas les structures techniques de fonte, de coulage, etc. »
Rien de vraiment nouveau du côté des tablettes de défixion (ces feuilles de plomb pliées dans lesquelles on pouvait graver des mauvais sorts). Les six exemplaires découverts aux Jacobins en octobre dernier sont en cours d'étude. Comme nous l'expliquions le mois dernier, deux d'entre elles ont été dépliées ; l'une ne comportait aucune inscription, l'autre, si. La langue utilisée est « cohérente » ; sorte de gaulois parlé latinisé. La traduction n'a pas encore été rendue publique.

source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-L-Inrap-a-la-recherche-du-quartier-perdu-_-1846902------72181-aud_actu.Htm


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Re: un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Mer 29 Juin - 9:39


Le Mans. Les fouilles ont repris sur le site des Jacobins. Une mise au jour de tablettes de défixion interroge quant à des pratiques de magie en période pré romaine. Bien des hypothèses sont imaginables.
C’est la fin des campagnes de fouilles archéologiques aux Jacobins, menées sous la direction de Pierre Chevet au nom de l’INRAP (Institut national de recherche archéologiques préventives). Un chercheur qui cherche n’a pas envie d’arrêter de trouver.

« Le Maine Libre » : En quoi consiste ce nouveau chantier ?
Pierre Chevet : Nous reprenons avec une équipe de 17 personnes sur 2 000 m2 à l’angle nord-ouest du chantier. A l’heure actuelle on est dans la confirmation des hypothèses de la première tranche de travaux. Nous sommes sur un carrefour constitué d’une voie importante qui va de l’emplacement du théâtre antique à un monument qui était situé à l’emplacement de la cathédrale. Perpendiculairement une autre voie suit l’axe de la vallée.

Vous avez exhumé de mystérieuses tablettes.
On appelle cela des tablettes de défixion. Des textes sont gravés dessus et elles se déploient. Quand nous les avons mises au jour il y a quelques semaines maintenant, c’est ce que nous pensions. Elles ont été envoyées à l’analyse et à la traduction (je ne sais pas si on peut parler d’une langue, un mélange probablement de ce qui était utilisé à l’époque) dans nos laboratoires, c’est devenu une certitude. Défixion c’est une manière de dire pour s’adresser aux divinités, émettre un vœu, voire envoyer un sort. Peut-être de la magie. Nous avions déjà trouvé un exemplaire de ce genre à l’emplacement de la cité judiciaire, ici nous en avons trouvé quatre.

Et après, c’est définitivement fini ?
A priori cette campagne de fouilles doit s’achever le 17 juillet. Et ce devrait être la dernière. Je dis a priori, si désormais nous ne trouvons rien d’autre que ce à quoi nous nous attendons. Evidemment, peut-être, en cas de trouvailles exceptionnelles…




source : http://www.lemainelibre.fr/actualite/article_-Les-mysteres-des-Jacobins_23622-33_actualite.Htm

edit : j'ai fusionné les deux sujets concernant les fouilles du Mans


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Re: un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Lun 25 Juil - 14:14



Les fouilles archéologiques sont définitivement interrompues. Si d’autres découvertes étaient possibles, l’essentiel a été mis au jour. Il faut savoir s’arrêter : les fouilles archéologiques du site des Jacobins sont officiellement terminées. Pierre Chevet, directeur du chantier, fait le point.


« Le Maine Libre » : Fin du chantier mais pas totalement comblé ?


Pierre Chevet : Le fait est que nous nous trouvons dans le cadre d’un marché avec une date butoir de fin des travaux de fouilles. Mais il se trouve que nous n’avions absolument pas prévu ce que nous avons découvert, qui est considérable, au-delà de ce nous imaginions, inattendu. Il nous aurait fallu un mois de plus. Mais il est évident qu’on ne pouvait bloquer le chantier de construction de l’Espace culturel un mois de plus. Cela aurait eu des incidences considérables sur le coût des travaux.


Il en fallait de peu d’arriver à la naissance du Mans ?


Nous sommes arrivés jusqu’à la fin de l’indépendance gauloise (-50 à - 30 avant JC, le règne d’Auguste). Un résultat totalement insoupçonné, inédit au Mans. Mais on reste sur notre questionnement : s’agit-il d’une occupation ponctuelle privée ou est-ce véritablement l’origine de la ville. On n’a pas prévu assez grand. Les moyens que nous avions estimés ne nous ont pas permis d’aller au fond des choses. On ne connaît que 15 % à 20 % de ce qui doit exister. On ne peut répondre à la question. D’autres après nous, peut-être… En tout cas, ce site renouvelle complètement l’idée qu’on pouvait en avoir. Et une conclusion s’impose : nous sommes plus vieux que ce que l’on croyait.


Un chantier en plusieurs étapes ?


Le chantier s’est étalé sur trois campagnes, avril à mi-septembre 2010, première semaine de mai 2011 et quatre semaines entre juin et juillet de cette année avec un effectif moyen de 25 personnes.


Quel premier bilan ?


Nous avons pu repérer trois volets chronologiques : Les guerres de Vendée, opération totalement satisfaisante. Il nous faut encore 18 mois pour établir un bilan définitif après analyses en laboratoires anthropologique et de médecine. C’est la première fois qu’on regardait ce genre de charnier avec un œil d’antropoloque et d’archéologue.


Votre deuxième intervention est majeure ?


L’occupation gallo-romaine du Ier siècle à la fin du IIIe : un quartier urbanisé autour de deux axes perpendiculaires dont une voie amphithéâtre-emplacement de la cathédrale, très passagère, très fréquentée avec un habitat évolutif, une occupation artisanale et commerciale (dont une importante taverne).

Enfin, rarissime en milieu urbain, une découverte majeure (nous ne connaissons d’exemples du même type qu’à Bath en Grande-Bretagne et à Rome), un sanctuaire et son bassin, édifice cultuel en cours d’identification. Sur l’ensemble, nous avons mis au jour 470 monnaies et d’autres offrandes.


Enfin l’inattendu ?

Enfin, l’occupation plus ancienne et totalement insoupçonnée, dont nous parlions auparavant.


Quand est-ce que le Manceau pourra découvrir tout cela à son tour ?


Certes cela a été une opération coûteuse mais extrêmement parlante. Il s’agit des deniers de la collectivité dont les résultats (l’information) seront « reversés » à la collectivité. Si la ville le souhaite nous pouvons éditer un document à la portée du grand public (parallèlement au rapport scientifique difficilement accessible). Par ailleurs, nous avons largement matière à une exposition. Il suffit que la ville nous le demande.




source : http://www.lemainelibre.fr/actualite/le-mans/article_-%5BMultimedia%5D-Le%C2%A0Mans-naissance-aux-Jacobins_24685-10_actualite.Htm



photos : http://www.lemainelibre.fr/en-images/photos/?idGalerie=8836&idPhoto=187485


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Re: un quartier romain au Mans

Message par Apollyôn le Lun 11 Juin - 17:16

Au Mans, des rituels antiques de magie noire

La construction du futur espace culturel des Jacobins au Mans, vaste équipement de 8 000 m² comptant trois niveaux de parkings souterrains, a été l’occasion pour l’Inrap de procéder à l’une des plus importantes fouilles archéologiques réalisées dans cette ville. Le planning de construction de l’édifice, particulièrement complexe, a conduit à scinder l’intervention en trois campagnes, d’avril 2010 à juillet 2011.

Les deux axes privilégiés de la fouille étaient l’occupation antique et la bataille du Mans en décembre 1793, un épisode particulièrement sanglant des guerres de Vendée dont les victimes ont été inhumées dans des charniers à proximité du site.

La période médiévale, mal représentée, reste d’un intérêt secondaire, même si elle se signale par quelques découvertes matérielles exceptionnelles comme un tremissis d’or, rarissime monnaie du ve siècle.

Les vestiges antiques apportent des informations de premier ordre pour la connaissance de ce secteur de la ville antique (Vindinum) encore peu exploré et notamment d’étonnants vestiges de rituels de magie noire : les tablettes de défixion.

L’occupation gallo-romaine s’organise le long de deux rues orthogonales bordées de trottoirs. Diverses constructions maçonnées ou sur solins, aux fonctions artisanale ste commerciales, s’y déploient durant les trois premiers siècles de notre ère. On citera notamment une auberge ou taverne, située au carrefour entre une des rues et une venelle perpendiculaire. Sa localisation, à proximité du "théâtre" antique, rend compte de la fréquentation importante qui caractérise les abords de ces monuments. La construction s’organise autour d’une cour centrale évoquant l’organisation des domus urbaines et associe des parties fonctionnelles (cuisines, celliers et cave) et des pièces résidentielles.


Un atelier de bronzier, où furent fabriquées de très grosses pièces (probablement de la statuaire), a été découvert. Les installations destinées à la coulée du métal constituent une découverte unique dans le monde gréco-romain. Il s’agit de grosses « coques » en terre cuite, installées au fond de fosses creusées dans un remblai de sable. Ces coques servaient probablement à protéger les moules dans lesquels était coulé le bronze en fusion. Elles sont relativement bien conservées et leur étude, actuellement en cours, devrait permettre de consolider les connaissances sur la métallurgie antique.


Sous les vestiges d’un quartier méconnu de Vindinum, la surprise a été de découvrir des occupations antérieures, remontant à la fin de l’indépendance gauloise (milieu du ier siècle avant notre ère). Ces découvertes exceptionnelles, les plus anciens vestiges découverts au Mans, reculent d’un demi-siècle les origines de la ville. On dénombre des constructions sur poteaux plantés ou sablières enterrées, côtoyant une importante activité artisanale liée aux arts du feu. Plusieurs structures de chauffe ont été mises en évidence, notamment un four de potier à alandiers dont les parties inférieures ont été restaurées avec les ratés de cuisson. On dispose ainsi d’un ensemble céramique fabriqué sur place et cohérent. De tels exemples sont rarissimes.
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L’élément le plus inattendu de cette fouillea été mis au jour dans l’angle nord-est du site. Au bord d’un petit étang artificiel, créé au début du ier siècle et délimité par un mur d’enceinte, s’élevait un bâtiment carré de 3 mètres de côté dans lequel ont été découvertes 287 monnaies des ier et iie siècle. Ce lot conséquent est complété par 400 autres monnaies découvertes dans la vase du plan d’eau et environ 200 objets métalliques en plomb, bronze, argent ou or. On dénombre beaucoup d’éléments de parure (bagues, fibules) mais aussi 71 feuilles de plomb, souvent repliées sur elles-mêmes et dont certaines portent des inscriptions.

Ce lot d’objets, concentré dans et à proximité du plan d’eau, ne laisse aucun doute sur la nature cultuel du lieu : les monnaies et les objets de valeur sont des offrandes faites à une divinité habitant le plan d’eau, qui prend donc l’image d’un étang sacré.
Dans ce contexte, les feuilles de plomb correspondent à des maléfices dont on demande la réalisation à la divinité, selon un rituel bien identifié. On connaît dans le monde antique environ 2 000 de ces tablettes dites de défixion (en latin defixio = envoûtement), toujours associées à des lieux cultuels et très souvent à l’eau. Malheureusement, comme c’est souvent le cas, celles du Mans ne sont pas déchiffrables. Les inscriptions relèvent davantage de la symbolique que de l’écriture. C’est un langage de magicien, qui garde tous ses secrets pour les mortels mais qui est parfaitement compréhensible par la divinité qui habite l’étang.

Ces espaces cultuels consacrés à une divinité aquatique ne sont pas exceptionnels dans l’Antiquité, mais ils se développent généralement en milieu naturel. Il est rarissime d’en rencontrer en ville. Les deux exemples connus se rapprochant du Mans sont Bath (en Angleterre) et la fontaine sacrée d’Anna Perenna à Rome.

Les 2 à 3 000 victimes de l’armée catholique et royale tombées lors de la bataille du Mans (12-14 décembre 1793), épisode tragique qui signe la fin de la virée de Galerne, sont inhumées au nord du site, dans des charniers réalisés en urgence. Neufs d’entre eux ( contenant 160 corps), situées dans l’emprise, ont pu être fouillés selon une méthodologie adaptée à la complexité de ces inhumations groupées et au questionnement qu’elles suscitaient (mode de dépôt, traumatologie, pathologie, état sanitaire de cette armée en déroute depuis plusieurs mois...). Les résultats sont encore provisoires car les dépouilles vont suivre un long protocole d’étude associant plusieurs laboratoires nationaux. Mais quelques lignes directrices se dessinent déjà. Sans préjuger des conclusions finales et sans oublier que l’échantillon analysé ne concerne qu’une faible proportion du nombre total de victimes, on peut constater quelques divergences avec les textes relatant cet événement : quasi-absence d’enfants, pas de trace évidente d’exécution, pas de dépouillement systématique des corps...


L’interdisciplinarité des études, qui associent anthropologues, médecins légistes, généticiens, historiens, spécialistes des armements de l’époque... devrait permettre de produire une synthèse et d’obtenir une vision objective et pour l’heure totalement inédite sur ces événements.

source : http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Actualites-des-decouvertes/Les-dernieres-decouvertes/2012/p-14648-Au-Mans-des-rituels-antiques-de-magie-noire.htm#


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