Ufologie & Paranormal

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Pascale Catala, parapsychologie

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Robot U&P
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Pascale Catala, parapsychologie

Message par Robot U&P le Sam 11 Avr - 8:37

Erick Fearson : Pascale Catala, comment passe-t-on de l’ingénierie informatique à la parapsychologie ?
Pascale Catala : A vrai dire je ne suis pas passée de l’une à l’autre. Adolescente, je me suis intéressée à la fois à l’informatique, à la psychologie et à la parapsychologie, ainsi qu’à d’autres domaines d’ailleurs. Plus tard, alors que je commençais déjà à travailler dans l’informatique, j’ai terminé ma licence de psychologie et continué à participer aux activités d’un groupe de recherche en parapsychologie. Je crois que le point commun de tout ça était simplement une très grande curiosité intellectuelle. A l'époque, l’informatique était une science naissante, porteuse de promesses d’avenir (dont beaucoup ont été tenues depuis). Quant à la parapsychologie expérimentale, elle n’avait débuté que dans les années 30 et on ne savait pas très bien ce que l’on pouvait en attendre, mais les possibilités semblaient fantastiques.
Aujourd’hui encore, nombre d’étudiants qui s’intéressent à la parapsychologie scientifique ont une formation pluridisciplinaire, et l’on ne peut que s’en réjouir. Les problèmes posés, liés à la conscience humaine, y sont si complexes qu’il est nécessaire d’adopter une position englobante, décentrée, et surtout ouverte pour pouvoir mener ne serait-ce qu’un embryon de réflexion sur ce sujet.

E.F. : Vous êtes l’auteur de l’ouvrage "Apparitions et maisons hantées". D’où vous vient cet intérêt pour les hantises ?
P.C. : Il provient simplement de rencontres. Rencontres, non avec des fantômes, mais avec des chercheurs s’intéressant aux hantises. J’ai fait la connaissance de mon ami François Favre lorsque j’étais étudiante, il avait déjà publié des articles sur les apparitions et avait observé lui-même des phénomènes surprenants. Puis Hans Bender, un illustre universitaire allemand qui a fait connaître le cas de poltergeist le plus célèbre, Rosenheim (un poltergeist est un ensemble de phénomènes inexpliqués, comme des bris d’objets, des lueurs ou des bruits sans cause). J’ai ensuite eu la chance de rentrer en contact avec d’autres spécialistes qui m’ont tous raconté des histoires passionnantes. Ces histoires de fantômes avaient une particularité : elles n’étaient plus seulement des récits réservés aux longues soirées d’hiver et destinées à se donner la chair de poule dans un délicieux frisson. Il s’agissait d’observations "scientifiques", c’est-à-dire effectuées avec rigueur, souci d’objectivation, techniques de mesures, sans interprétations prématurées, etc.
A mon intérêt de toujours pour la littérature fantastique, la science-fiction ou l’imaginaire, s’est donc alors ajoutée une curiosité et un besoin de chercher des explications. Comment ces phénomènes sont-ils possibles ? C’est la question que je me suis posée à la suite de mes entretiens avec ces personnalités scientifiques, préoccupation qui ne m’a plus quittée depuis.

E.F. : Comment expliquez-vous que la littérature française et en particulier les études sur ces phénomènes soient assez pauvres sur le sujet comparativement aux pays anglo-saxons ? Pourquoi ce sujet est-il encore tabou, spécifiquement en France ?P.C. : Les fantômes ne sont pas absents de la littérature française (à commencer par la merveilleuse nouvelle du Horla de Maupassant), bien au contraire. Mais seul les aspects mythiques, légendaires et fantastiques sont évoqués. Les fantômes sont d’excellents sujets de fiction et le public est toujours fasciné par leur mystère et leur poésie (le côté qui vous intéresse aussi si j’ai bien compris). En revanche, les études qui révèlent une certaine objectivité du phénomène et tentent une approche scientifique ou documentaire de la question sont assez rares, c’est vrai ! Dans les pays anglo-saxons, on n’a pas le même tabou qu’en France. En Grande-Bretagne par exemple, on a une tradition millénaire de familiarisation avec les hôtes des demeures hantées. Cela fait partie de la culture, et donc le fantôme peut être étudié comme tout autre "objet culturel". Aux Etats-Unis ou en Allemagne, on est plus pragmatique, plus terre-à-terre : il y a des bruits bizarres dans une maison ? On va aller voir ce qui s’y passe et si possible filmer.
Mais en France, l’opinion dominante est que ces bizarreries n’existent pas, ne relèvent que de légendes ou d’illusion, qu’il n’y a donc rien à étudier. Les hantises étant considérées comme une question peu sérieuse, le sujet est laissé aux marchands de sensationnel : journaux à grand public racontant des histoires d’horreur, émissions sur le "paranormal" présentant de manière peu rigoureuse une masse hétéroclite de témoignages plus ou moins crédibles, etc. Dans ces conditions il est difficile pour un scientifique d’oser s’aventurer sur ce terrain miné.

E.F. : Que pensez-vous des théories selon lesquelles les fantômes sont les esprits des morts ?
P.C. : C’est le type d’interprétation le plus fréquent, et ce depuis l’aube de l’humanité. Ce qui appuie ces théories, c’est que les fantômes délivrent parfois des informations inconnues des vivants (révélations, avertissements,…), semblant vraiment vouloir rentrer en relation avec leurs proches. En parapsychologie, on sait de nos jours que ces mêmes informations peuvent être obtenues par de "pures" voyances, ce qui affaiblit la crédibilité de ces théories. Les apparitions de fantômes ne pourraient être que des "mises en scènes" portées par l’imaginaire mythique.
Par ailleurs, les parapsychologues ont pour la plupart pris le parti d’étudier les facultés inexplorées du psychisme humain (des vivants), ils recherchent donc des théories explicatives ne faisant pas appel à des concepts aussi flous ou inutilisables que "les esprits des morts". C’est ma position également, mais je n’affirmerais pas comme certains qu’il est absolument impossible que les morts communiquent avec nous. Qui peut le savoir ?

E.F. : Vous-même, avez-vous déjà été témoin de phénomènes paranormaux ? Si oui, de quelle nature ?
P.C. : J’ai surtout eu de petits "flashs" (voyance, précognition). Ma meilleure amie en a de bien plus significatifs d’ailleurs. J’ai aussi participé, il y a des années, à une séance de tables tournantes très impressionnante où la table est partie à l’autre bout de la pièce. Mais les deux amies qui touchaient la table n’ont jamais rompu le contact, si bien que je n’ai pas assisté comme je l’aurais voulu à un "mouvement sans contact". En parapsychologie, il est rare d’obtenir une conviction absolue : est-ce que cette prémonition ne pourrait pas s’expliquer par le hasard ? Est-on bien sûr qu’il n’y avait aucun moyen de pousser la table … ? Le doute subsiste toujours.
Quant aux hantises, j’ai eu beau camper dans des châteaux écossais ou irlandais, je n’ai jamais rien observé. Il faut dire que je n’ai jamais eu vraiment l’occasion de me déplacer sur des lieux où des cas intéressants étaient signalés. Vous le savez, c’est une activité prenante…
Toutefois, je peux vous raconter une petite anecdote : alors que je venais de publier mon livre sur les hantises et les poltergeists, j’ai eu chez moi une "pluie de pierres". C’est un phénomène que j’avais relaté dans mon livre car on a recensé un bon nombre de cas de maisons bombardées par des pierres. Cette nuit-là, plusieurs cailloux ont heurté ma maison, montant jusqu’à la terrasse du premier étage. Deux énormes pierres sont même tombées dans ma piscine. Nous n’avons vu personne. Même s’il s’agit, comme je le pense, d’un jeu de mauvais plaisantins, cela constitue cependant ce que nous appelons une "coïncidence significative" : pourquoi cette pluie de pierres à ce moment-là de ma vie ? (sauf à imaginer que j’étais particulièrement visée à cause de mon livre, mais à priori personne ne connaissait mon adresse, j’habitais dans un endroit isolé). Il n’y a pas eu d’enquête, donc encore une fois on reste dans le doute…
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Robot U&P
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Re: Pascale Catala, parapsychologie

Message par Robot U&P le Sam 11 Avr - 8:38

E.F. : Rencontrez-vous beaucoup de cas réels de hantises ?
P.C. : Non, en France très peu de personnes appellent les organismes de recherche comme l’Institut Métapsychique pour se plaindre de hantises. Il faut dire que nos services ne sont pas très développés et encore peu connus.
Il en va tout autrement en Allemagne, où l’un des centres de Freiburg reçoit en moyenne un appel par jour pour des cas de poltergeists (mouvements d’objets ou bruits sans cause apparente). A partir du moment où les gens ont un interlocuteur et qu’ils n’ont plus peur d’être pris pour des fous, ils se confient.

E.F. : Objectivement, faut-il avoir peur des fantômes et des phénomènes de hantises ?
P.C. : Personnellement, je ne le pense pas. Dans l’immense majorité des cas, les phénomènes ne sont pas dangereux et il n’y a pas de blessures physiques. Le dommage peut être en revanche important au niveau psychologique, si l’on en arrive au délire par l’accumulation d’interprétations inquiétantes : "le fantôme est l’esprit d’un mort (ou d’une entité diabolique) qui m’en veut et va me détruire, ou me pousser à commettre des crimes, etc." Si on s’aperçoit que des personnes se complaisent dans de telles ambiances morbides, il vaut mieux les pousser à consulter un psy.

E.F. : Croyez-vous aux fantômes ?
P.C. : Comme vous pouvez l’imaginer, je n’aime pas cette question, qui résume à peu près la seule problématique présente dans les médias en France. Cette problématique est totalement inintéressante. Je vous répondrai avec la maxime de l’Institut Métapsychique : "Le paranormal, nous n’y croyons pas, nous l’étudions".
Si l’on part de ma définition des fantômes (celle que je viens de vous donner), le fantôme est une perception de type particulier. Si quelqu’un dit voir un fantôme dans sa maison et demande de l’aide ou un conseil, pourquoi ne pas le croire ? Si un patient vient voir un psychiatre en lui disant qu’il voit des éléphants roses, est-ce que le psychiatre va refuser de croire que le patient voit des éléphants roses ? Non, la perception en elle-même a bien eu lieu. Pour le fantôme, c’est la même chose : il est bien apparu au témoin (sauf évidemment si celui-ci a monté un canular, cas très rare d’ailleurs).
Maintenant, quand on pose cette question, on sous-entend généralement : Croyez-vous que les esprits des morts puissent revenir hanter les vivants sous forme de fantômes ? Ce qui n’est pas du tout la même chose. A cette dernière question, je répondrais que ce n’est pas mon hypothèse de départ (l’approche scientifique n’est pas censée être fondée sur des croyances mais sur des hypothèses).

E.F. : Peut-on aujourd’hui prouver l'existence des fantômes ou de phénomènes anormaux et inexplicables dans un lieu supposé hanté ?
P.C. : Comme vous le diront les spécialistes de la question de la preuve scientifique, c’est un problème épineux. A fortiori, c’est un problème encore plus complexe quand il s’agit d’un phénomène paranormal. Comme je l’ai dit précédemment, on ne peut jamais prouver un phénomène spontané à 100%, il reste toujours un doute. "Est-ce que la bouteille a réellement volé toute seule à travers la pièce ou est-ce qu’un des enfants a pu la lancer ?" ; "Est-ce que les coups frappés ne sont pas dus à des bruits dans les tuyaux de chauffage, même si ils semblent rythmés de façon significative ?" ; "N’a-t-on pas oublié une explication rationnelle plus simple ?"
D’autant plus que si on essaie de filmer un fantôme, par exemple, la caméra tombe en panne, le film est flou, etc. C’est ce qu’on appelle "l’élusivité" du phénomène, qui a d’ailleurs été théorisée par le physicien allemand Walter Von Lucadou.
Disons qu’à l’heure actuelle on possède des rapports sur quelques cas qui ont été observés de manière rigoureuse et qui sont relativement fiables.

E.F. : Ne pensez-vous pas que l’attitude réductionniste des psychiatres orthodoxes et des ultra-rationalistes ralentit l’étude de ces phénomènes ?
P.C. : Certains psychiatres ont tendance à traiter des patients qui se plaignent de hantise par des médicaments forts, alors que les personnes voudraient simplement être écoutées et comprises. C’est regrettable mais je ne pense pas que cela ait une influence sur la recherche. En revanche, si des spécialistes médiatisés se posent en expert pour imposer leur opinion (ce qui est déjà arrivé, aussi bien au niveau des psychiatres que des psychanalystes, alors que ces "experts" n’ont jamais étudié sérieusement la question), cela peut contribuer à empêcher que les fantômes soient considérés comme un objet d’étude scientifique légitime.
Plus grave, une poignée de scientistes, dont la voix est largement relayée par la presse, imposent une idéologie du "Circulez y’a rien à voir". Malgré les réfutations des idées de ces "ultra-rationalistes", comme vous dites, (voir en particulier les deux derniers ouvrages de Bertrand Méheust), leur influence continue à être importante en France.
Si l’on y réfléchit bien, l’assertion "les fantômes ne peuvent pas exister" (que l’on enseigne en général à tous les enfants français) n’est qu’une opinion sans aucun fondement scientifique, c’est pourtant celle qui prévaut en tant que "conception rationnelle".
En France, le monde intellectuel est largement dominé par des modes ou des courants. Le sujet des fantômes n’est pas à la mode et ne peut donc pas faire partie des sujets de recherches "sérieux" d’organismes comme le CNRS.
Pourtant, et c’est enfin un signe positif, des mémoires et des thèses sont soutenues dans les universités françaises sur ces thèmes.

E.F. : Les fantômes et les maisons hantées ont toujours été un sujet de prédilection et une source d’inspiration pour les artistes de toutes catégories. Pensez-vous que les artistes ont un rôle à jouer pour « éduquer » la population face à ces phénomènes ?
P.C. : Je ne pense pas que le rôle d’un artiste en général soit d’éduquer la population, mais plutôt de la faire rêver, de l’émerveiller, de la distraire,… Par conséquent, si un artiste prend pour thème les maisons hantées, je ne vois pas de raison d’imposer des limites à sa créativité ou à son imagination. Je me suis simplement amusée, dans un chapitre de mon livre, à relever quelques points qui apparaissent souvent dans les œuvres de fiction mais ne correspondent pas à des expériences vécues. Que ces éléments se retrouvent abondamment dans la littérature, sur Internet ou au cinéma ne me gêne pas, même si mon goût personnel ne me porte guère vers les scènes "sanglantes".

E.F. : Aimez-vous les "ghost-stories" ? Si oui, quels sont vos auteurs favoris ?
P.C. : Si vous voulez parler des recueils de légendes et d’histoires de fantômes localisées géographiquement, ils ne me passionnent guère. Par goût, je trouve ces histoires un peu répétitives, ce sont des cas purement anecdotiques et sans possibilité de vérification objective. J’aime seulement, lorsque je visite certains lieux particulièrement évocateurs, prendre connaissance des légendes qui y sont liées. Mais ce n’est pas spécifique aux fantômes.

Dans un ordre d’idée plus scientifique, il serait vraiment utile d’effectuer un travail de folkloriste, d’ethnologue ou de psychologue sur le corpus des "ghost-stories" pour en dégager les structures et les fonctions. Cela a été fait récemment pour une thèse de psychologie en Suisse.

Mais tout cela ne veut pas dire que je ne raffole pas des fictions relatant des histoires de fantômes, avec des intrigues plus construites. J’ai beaucoup aimé, lorsqu’il est sorti, le roman de Marc Lévy, Et si c’était vrai, une jolie histoire romantique adaptée depuis peu à l’écran. D’ailleurs, c’est surtout par le biais du cinéma que j’ai pu apprécier ces récits. J’aimerais citer particulièrement le fascinant Sixième sens de Night Shyamalan, ainsi que le film Les autres, où finalement les fantômes ne sont pas ceux que l’on croit, ce qui donne un excellent ressort dramatique aux scénarios, qui m’ont littéralement captivée. Il y a aussi bien sûr les grands classiques : La maison du diable, L’aventure de Mme Muir, Ghost, etc.
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