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De bronze et d'or, vivre au quotidien à l'âge de bronze

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Apollyôn
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De bronze et d'or, vivre au quotidien à l'âge de bronze

Message par Apollyôn le Lun 8 Aoû - 15:11

A travers plus de 300 oeuvres - objets prestigieux ou ordinaires - les 23 vitrines, 12 panneaux et 300 brefs cartels s’efforcent de rendre lisible la vie quotidienne des populations de l’âge du Bronze. Cette évocation commence avec les morts (reconstitution des trois principaux rites funéraires de l’époque) et se termine par des objets de culte ou porteurs de symboles, en passant successivement par le terroir, l’habitation, l’alimentation, la parure, l’outillage courant, la céramique, la métallurgie, le commerce et les données spirituelles ou religieuses.

Organisation du territoire et habitat :

Durant les 17 siècles correspondant à l’âge du Bronze, l’organisation du territoire se structure autour de ses atouts économiques et stratégiques : productivité des terres agricoles, cours d’eau, positionnement des sites par rapport aux possibilités défensives et aux réseaux de communication. Une véritable politique d’occupation des sols se traduit par des zones non ou peu peuplées, des secteurs occupés de manière éphémère et des centres plus stables, mais pas urbanisés. Le peuplement s’organise à travers de petits villages, de nombreux hameaux et des fermes dispersées. Il reste essentiellement rural, même si certains villages, fortifiés ou non, jouent un rôle plus important, quoique hors de tout Etat centralisateur. Les habitations sont construites principalement en bois et en terre. La pierraille naturelle sans mortier y contribue dans les régions où elle abonde. Ces maisons diminuent en taille par rapport à celles des pasteurs et paysans de la période précédente (nouvel âge de la Pierre : Néolithique), alors que la population s’accroît. Ce paradoxe apparent peut s’expliquer par l’émergence d’une société plus fortement structurée autour de la cellule familiale, abritée dans des fermes et des maisons individuelles de 40 à 70 m en moyenne. Ces bâtiments sous toiture à deux pentes sont confortables et témoignent d’une séparation plus nette qu’auparavant entre les aires publiques et l’espace privé.

L’organisation de ces habitats se partage entre les habitations ou leurs annexes et la mise en commun de certaines unités : puits à eau, réserves alimentaires, granges, étables, structures artisanales. L’existence de villages en milieu humide (autrefois appelés « cités lacustres » : sur les bords de rivières, marais et lacs), d’aménagements de hauteur fortifiés, et l’occupation occasionnelle des grottes témoignent d’une certaine insécurité. La guerre de razzia et de possession des terroirs est bien réelle. Le trafic d’esclaves est plus difficile à prouver. Insécurité n’est pas synonyme de misère, mais de compétition dans le contrôle de la prospérité.

L’organisation du territoire, la forte structuration des habitats humides et la standardisation des unités domestiques révèlent l’existence d’une classe ou caste sociale dirigeante. Celle-ci préside à la distribution des richesses et à la gestion rationnelle des ressources naturelles et des produits agricoles. Cette hiérarchisation sociale forte se révèle aussi à travers l’étude des tombes.

L’exercice du pouvoir politique et les fonctions de l’élite intellectuelle et religieuse sont mal séparés. L’âge du Bronze préfigure ainsi l’époque celtique (ou civilisation gauloise en France), à l’âge du Fer (700 à 50 avant notre ère), dans son fonctionnement économique et social. Celui-ci est dominé par une aristocratie guerrière et par la valorisation du talent ou du charisme individuel, dans tous les domaines.

L’ art de se vêtir et de se parer :


Le vêtement et surtout la parure affichent le statut social de celle ou celui qui les porte. Les vêtements sont réalisés en fibres animales et végétales, où domine la laine, mais auxquels contribuent aussi le cuir, le crin, les poils d’animaux, les fourrures et le lin. Les fibres sont tissées sur des métiers à tisser verticaux. Les étoffes sont teintes et cousues. La tenue obéit à des modes originales et suit des formules d’habillement ingénieuses et déjà très modernes.



Des objets de toilette (peignes, pince à épiler, rasoirs, miroirs) sont aussi la preuve de soins du corps et d’un rang social élevé. La parure féminine est très variée, celle des hommes est fondée sur l’apparat des armes. L’ensemble revêt une grande diversité, richesse et qualité esthétique, en fonction des périodes et des régions : jambières, bracelets, colliers (formés de perles ou rigides et appelés torques), pendants d’oreille, ceintures, appliques, boutons, broches, pendeloques, bagues, brassards, chaînes, épingles... Le décor, avant tout géométrique, en est également très varié (repoussé, gravé, incisé...). Cette parure est réalisée en bronze, mais aussi en lignite, en verre et en ambre, alors importé de la Baltique.

L’or, utilisé depuis longtemps comme symbole de prestige, mais prospecté activement avec l’étain et le cuivre, est utilisé d’une manière très accrue, pour la création de colliers en forme de lune (lunules), de perles, tubes, colliers, bracelets, brassards, appliques... Son inaltérabilité et sa rareté lui donnent un attrait qui ne s’est jamais démenti depuis. Mais l’éclat jaune du bronze neuf rivalise avec celui du métal précieux.

Ustensiles de la vie quotidienne :


Les objets de la vie quotidienne sont de deux types : équipement du foyer et panoplies d’outillage spécialisé. Les jarres en terre cuite permettent de stocker céréales, farines, salaisons et liquides. La cuisine et la table mobilisent des pots à cuire, marmites, jattes, terrines, tasses, bols, écuelles, cruches... Certains vases ont une utilisation spécifique : biberons, faisselles (fabrication du fromage), passoires, lampes, dînettes (jouets). De véritables services de table, en céramique fine et décorée, font leur apparition : urnes, plats, assiettes, coupes, gobelets, cruches, pichets. Cette vaisselle de luxe requiert l’habileté de potières s’inspirant des formes de somptueux récipients d’or et de bronze, qui semble réservés aux fêtes religieuses et actes rituels.

Pour l’outillage, la taille du silex se maintient dans un premier temps et s’illustre même dans l’art raffiné des pointes de flèche du Bronze ancien d’Armorique. La roche tenace (pour broyer, polir, marteler), le bois de cerf et l’os gardent leur efficacité (ciseaux, poinçons, lissoirs, aiguilles, épingles), mais l’outillage en cuivre puis en bronze remplace progressivement celui en pierre : haches, herminettes, gouges, marteaux, faucilles, tranchets, racloirs... L’efficacité du travail y gagne beaucoup, notamment dans l’agriculture et le façonnage du bois de charpente, de menuiserie et d’ameublement.

Développement d’une économie préindustrielle et du commerce :


L’économie de l’âge du bronze est fondée principalement sur la production agricole vivrière : élevage (bovin, ovin, caprin et porcin), culture des céréales (blé, orge, millet), des légumineuses (pois, lentilles) et des oléagineux. La chasse ne joue plus qu’un rôle d’appoint modeste, mais la cueillette conserve une certaine importance.

La fonte des métaux natifs puis l’invention de l’alliage (cuivre + étain = bronze) restructurent fortement les échanges. Une catégorie particulière d’artisans spécialisés, en partie itinérante, émerge : fondeurs et dinandiers. Les régions riches en minerai – comme la Bretagne – prospèrent. Les réseaux d’échanges assurent l’approvisionnement des métallurgistes dans toutes les régions. Une nouvelle forme d’économie s’organise autour des flux d’acquisition du métal, de manufacture des bronzes, de groupement des ateliers, de centres de redistribution des richesses métalliques et des produits rares (or, ambre, verre, lignite) et objets de luxe périssables.

Le colportage et le commerce se développent sous l’égide d’une aristocratie marchande et militaire, qui assure la sécurité des trafics ou convois et exprime son pouvoir à travers le prestige des armes, de la parure et de certains monuments funéraires.



Les échanges entre l’Europe continentale et les peuples de la Méditerranée s’accentuent, facilités par de nouveaux moyens de transport, certains décisifs. La domestication du cheval, la roue à rayons, les progrès de l’attelage et du harnachement, l’émergence d’une véritable architecture navale, la mobilité des artisans et des élites, la compétition entre ateliers, augmentent les volumes de marchandises et les vitesses de déplacement. Les circuits fonctionnent à travers des péages et des services à longue distance. La répartition de certains objets, par exemple entre péninsule armoricaine et îles britanniques, illustre l’intensité du trafic maritime et l’efficacité des relais fluviaux et terrestres. La voirie et son entretien se diversifient.

Rites funéraires et croyances religieuses :


Une double tendance se développe à l’âge du Bronze : la multiplication des tombes individuelles et la quasi disparition de l’architecture en grosses pierres (ou mégalithisme : dolmens et menhirs du Néolithique), mais pas de la monumentalité de certaines sépultures et des lieux de culte. L’incinération, apparue ici et là dès 2000 av. J.-C., se généralise entre le 12e et le 9e siècle avant d’être à nouveau concurrencée par l’inhumation. La diversité des rites funéraires reflète la force des traditions locales et des changements de mentalités, dans le cadre d’une valorisation de la personne individuelle.

Il existe un rapport subtil entre l’affichage du statut social dans les tombes et l’enfouissement, dans d’autres endroits, de nombreux « dépôts » de pièces métalliques, sous forme de lots homogènes ou hétéroclites d’objets complets ou découpés, neufs ou usagés. La hiérarchisation sociale, voire l’inégalité de distribution des richesses se manifestent à travers les monuments ou offrandes funéraires et l’organisation interne des nécropoles.

Certaines d’entre elles ont un rôle fédératif et religieux dépassant le simple culte des défunts. Le monde des morts n’accueille pas toutes les classes d’âge ou niveaux de société, les pauvres y étant apparemment peu nombreux et les enfants quasi absents. On retrouve d’ailleurs des restes humains dans des fosses domestiques.





Des données archéologiques nombreuses mais difficiles à interpréter, en l’absence du moindre témoignage écrit, montrent que toute une imagerie des espaces et forces surnaturelles imprègne la vie quotidienne et que les connaissances cosmogoniques sont en avance sur celles de l’Antiquité grecque. Les figurations schématiques gravées sur les rochers, dans des zones de sanctuaire, se multiplient, dans le cadre d’une religion pétrie de magie et de naturalisme. A l’imagerie des cultes traditionnels (fécondité féminine et terrestre, eaux curatives, cycles lunaires, puissance du taureau...) s’ajoutent de nouveaux symboles, de caractère plus astral ou lumineux (soleil, lune, oiseaux aquatiques, cervidés). Les chevaux et les chiens sont l’objet d’un respect particulier. L’idée du voyage dans l’autre monde ou de la transmutation perpétuelle des êtres est évoquée par les chars votifs, les représentations de roues, de barques et de processions.

En résumé


Entre d’une part la fin des premières grandes civilisations agricoles, qui adoptent aux IVe et IIIe millénaire la métallurgie primitive du cuivre et d’autre part l’âge du Fer (7 derniers siècles avant notre ère), qui débouchera sur les premières démocraties, mais aussi les grands empires, l’âge du Bronze est une période décisive pour la formation de la culture européenne. Cette époque charnière s’illustre par de grandes inventions, par de nouveaux réseaux d’échanges économiques, par d’importants métissages ou brassages démographiques et

culturels, par de fortes recompositions politiques et sociales et par... les premières pollutions de l’environnement. Durant les siècles 24 à 7 avant notre ère, se mettent en place les éléments essentiels de la civilisation occidentale, dans le cadre d’un interface entre les Cités-Etats ou royautés de la Méditerranée et les peuples qui en rejettent le modèle et s’abstiennent de l’écriture, mais alimentent les sources de l’économie européenne.



Ces peuples, que les Anciens estimaient et respectaient, et qu’ils ont réunis sous le symbole de la déesse « au large regard » (sens originel du nom « Europe »), ont développé une organisation sociale fondée sur la prospérité du terroir rural et le contrôle des ressources naturelles et des échanges. Ils se sont placés sous l’autorité d’une caste guerrière, marchande et cultivée très disséminée mais très présente. Ils étaient liés par un corps de croyances complexes reconnaissant ou exaltant la personne humaine comme une entité intermédiaire entre le monde surnaturel et l’ici-bas, qui sont figurés à travers un art hautement abstrait.

Bien que la civilisation occidentale de l’âge du Bronze n’ait pas laissé de villes et de monuments en pierre, de peinture ou de statuaire figuratif ou codifié par des canons esthétiques, elle n’a rien à envier aux cultures du Proche et Moyen-Orient ou de la Méditerranée, sur lesquelles elle a exercé une influence encore sous-estimée. Elle témoigne d’une « Vieille Europe » déjà construite, où la compétition, l’élitisme, l’inégalité, l’insécurité, la violence ne sont pas nouveaux, mais où sont également à l’oeuvre la spiritualité, le raffinement, l’ingéniosité, l’audace, le goût d’entreprendre, dans le cadre d’un exaltation des ressources de l’individualité humaine.



source : http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?SPAGE=33



edit : pour tous renseignements : http://www.musee-archeologienationale.fr/template.php?MENU_ID=5


___________________


À côté, rien ne demeure. Autour des ruines
De cette colossale épave, infinis et nus,
Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin.



Le vainqueur gagne un pèlerinage sur la tombe de Felix Faure.
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