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La Grèce n'est pas à l'abri d'un tsunami, comme le rappelle Hérodote

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Apollyôn
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La Grèce n'est pas à l'abri d'un tsunami, comme le rappelle Hérodote

Message par Apollyôn le Mar 24 Avr - 18:00

La ville antique grecque de Potidée a subi un important siège par des envahisseurs perses en 479 avant J.-C. Elle doit sa survie à un tsunami qui terrassa les assaillants. C’est du moins ce que raconte Hérodote dans ses écrits. Près de 2.500 ans plus tard, des chercheurs viennent de valider scientifiquement ces propos et rappellent surtout qu’un tel événement pourrait à nouveau survenir. La Grèce n’est pas à l’abri des tsunamis.

Considéré par Cicéron comme étant le « père de l’histoire », Hérodote, célèbre historien grec ayant vécu 5 siècles avant Jésus-Christ, a marqué son temps. Ses écrits, traitant de politique et comparant différentes formes de gouvernement, ont été transmis au cours des siècles et sont toujours publiés à ce jour.

Il se trouvait en 479 avant J.-C. dans la ville grecque de Potidée, sur l'actuelle péninsule de Cassandra (entre les golfes Thermaïque et Toronéen), alors que celle-ci était soumise au siège d’envahisseurs perses. Témoin d’un événement rare, il l'a relaté dans ses textes : la mer se serait tout d'abord brusquement retirée puis les assaillants auraient ensuite été submergés par une « grande marée » dont la hauteur excédait celle d’un homme. Sans le savoir, Hérodote a pour la première fois de l’histoire décrit un tsunami par écrit.

Plus de 2.500 ans plus tard, des chercheurs de l’université d’Aix-la-Chapelle en Allemagne ont confirmé ses dires et conclu au terme d’une étude poussée que ce type de situation pourrait se reproduire en Grèce. Klaus Reichester a présenté cette découverte lors de la conférence annuelle de la Société américaine de sismologie (SSA) qui se tenait à San Francisco ce 19 avril 2012.

Les chercheurs ont tout d’abord vérifié les dires de l’historien. Des carottages de sédiments ont été réalisés sur la péninsule considérée, révélant des preuves de l’existence d’un événement marin ayant véhiculé de « hautes énergies ». Parallèlement, des analyses menées dans la banlieue de la ville antique de Mendé ont permis une datation de ces traces : 5 siècles avant J.-C. La période correspond !

Sur le site de Mendé, les chercheurs ont confirmé la nature de cet événement marin majeur. Les coquilles trouvées dans les sédiments sont trop vieilles pour correspondre à l’âge de la couche. Une seule explication s’impose : elles ont été arrachées au fond des mers et déposées sur place par une vague. Hérodote a donc bien décrit un raz-de-marée.

Un modèle prévoyant la survenue de tremblements de terre dans le nord du bassin égéen, et donc à proximité de la péninsule, a ensuite été lancé. Il tient bien évidemment compte des données récoltées sur le terrain. Le résultat est sans appel : un futur tremblement de terre pourrait très bien redonner naissance à un tsunami à proximité de la Nouvelle Potidée. Pourtant, elle ne fait pas partie des dix sites grecs considérés comme les plus exposés à ce genre de catastrophes naturelles. Selon les chercheurs, cette lacune doit être comblée dès maintenant, d’autant plus que le golfe Thermaïque est fortement peuplé et fréquenté par de nombreux touristes. Ne l’oublions pas, l’Europe peut également être touchée par des tsunamis...

source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/la-grece-nest-pas-a-labri-dun-tsunami-comme-le-rappelle-herodote_38310/

Dans son Enquête, Hérodote relate un épisode des guerres médiques où le général perse Artabaze prépare la prise de la ville de Potidée, située sur l'isthme de Pallène, en Chalcidique. La scène se passe en 479 av. J.-C. et elle est ainsi racontée par l'historien grec : "Artabaze était depuis trois mois devant Potidée lorsqu'un jour la mer se retira très loin du rivage et pendant longtemps ; quand les Barbares virent les bas-fonds découverts par les eaux, ils passèrent par là pour pénétrer dans la presqu'île de Pallène. Ils avaient déjà fait les deux-cinquièmes du chemin, ils en avaient encore trois à parcourir pour l'atteindre lorsque la mer se mit à monter, plus haut qu'elle ne l'avait jamais fait, selon les gens de ce pays où de telles marées sont fréquentes. Les soldats qui ne savaient pas nager périrent, et les gens de Potidée vinrent en barque massacrer les autres. Cette marée si forte et le malheur des Perses eurent pour cause, disent les Potidéates, la profanation du temple de Poséidon et de sa statue, qui sont dans le faubourg de la ville, par les soldats perses, ceux-là justement que la mer fit périr ; en en donnant cette cause, ils me paraissent d'ailleurs dire vrai."

Depuis longtemps, des chercheurs voient dans cet extrait le premier récit historique d'un tsunami. Tous les éléments sont réunis en quelques lignes : le retrait de la mer suivi d'une montée rapide des eaux avec une amplitude de vagues exceptionnelle. D'un autre côté, le texte d'Hérodote est écrit une trentaine d'années après les faits, qui remontent à l'époque où l'historien est un petit enfant. D'où la question que s'est posée une équipe germano-grecque : est-il possible de retrouver des indices physiques de ce possible tsunami antique ? Tous ceux qui ont encore en tête les impressionnantes vidéos du 11 mars 2011 au Japon se souviennent des quantités gigantesques de matériel et de boue transportées par les flots loin à l'intérieur des terres. De 2007 à 2009, ces chercheurs ont mené plusieurs campagnes de carottages sur le pourtour du golfe Thermaïque, la partie nord-ouest de la mer Egée où le tsunami est censé s'être produit. La région est propice à pareil phénomène, notamment en raison de sa sismicité : le jeu de failles nord-anatoliennes qui font régulièrement trembler la Turquie se prolonge en effet en mer Egée et passe précisément juste devant l'entrée du golfe Thermaïque.

Le géologue allemand Klaus Reicherter, de l'université technique de Rhénanie-Westphalie à Aix-la-Chapelle, a, le 19 avril, présenté les résultats de ces fouilles à la conférence annuelle de la Seismological Society of America, à San Diego (Californie). Son équipe et lui ont exploré d'anciennes zones de lagunes et de marécages situées à plusieurs centaines de mètres à l'intérieur des terres, qui étaient des endroits susceptibles d'avoir conservé le matériel déposé par un tsunami. En creusant, ils sont tombés sur des coquillages et fragments de coquilles arrachés aux fonds marins dans une couche datant d'il y a environ 2 500 ans (avec une marge d'erreur de plus ou moins 25 ou 30 ans). L'an 479 avant notre ère tombe presque au milieu de cette fourchette.

Cette équipe a, en plus de ces résultats, également procédé, avec l'aide du CEA, à la modélisation d'un tsunami provoqué par un séisme en mer de magnitude 7. Comme l'explique une étude publiée en 2010 dans les Annales de géomorphologie, l'onde ainsi créée ne dépasse pas les 40 centimètres d'amplitude en haute mer. Mais, comme cela s'est passé en 2011 au Japon, lorsque les fonds remontent à l'approche des terres, la vitesse du train de vagues ralentit et celui-ci, qui conserve son énergie phénoménale, prend de l'ampleur. La modélisation a ainsi donné des vagues comprises entre 2 et 5 mètres de hauteur lors de l'arrivée sur les côtes.

Tous ces résultats indiquent que le phénomène caché derrière la vengeance de Poséidon décrite par Hérodote est très vraisemblablement un tsunami. Au-delà de ce nouvel éclairage historique, ces travaux ont surtout pour but de déterminer les zones les plus vulnérables. Ils disent ainsi que le golfe Thermaïque est bien plus susceptible que prévu d'être frappé par d'importants tsunamis, lesquels ne sont pas réservés aux océans Pacifique et Indien. D'où l'urgence qu'il y a à développer, dans cette région de Grèce, un système d'alerte aux tsunamis. Pour Klaus Richerter, il ne faut pas oublier "que les plages de la Méditerranée sont noires de monde pendant les vacances d'été. Toutes les populations y sont présentes (des vieux, des jeunes, des familles, des handicapés, etc.). Le problème c'est que, en cas de tsunami, tous ont besoin d'être informés qu'ils doivent fuir et se diriger vers des terrains plus élevés. Imaginez qu'ils le fassent tous en voiture... Un problème supplémentaire dans l'évacuation des zones à risques, c'est la manière dont on prévient les gens. A la différence de la moyenne des tsunamis qui se produisent dans le Pacifique ou l'océan Indien, ceux de la Méditerranée touchent les côtes après un temps très court, compris entre 15 et 45 minutes après le séisme." Autour de la mer Egée, la Grèce et la Turquie sont les seuls pays à risques, mais le chercheur allemand signale que si un violent séisme se produit au sud de la Crète, comme celui de 365, "tout l'est du bassin méditerranéen sera touché, ce qui inclut les pays du Proche-Orient, l'Egypte, la Libye, la Tunisie, l'Italie (Sicile) et Malte." En 365, le tsunami qui avait suivi le tremblement de terre crétois avait ainsi ravagé la ville d'Alexandrie.

Après avoir commencé ce billet en citant Hérodote, je ne saurais le terminer sans citer l'autre grand historien grec du Ve siècle av. J.-C., Thucydide. Dans sa Guerre du Péloponnèse, il évoque une série de tremblements de terre qui frappent la Grèce en 426 av. J.-C. Il écrit notamment qu'"on vit à Orobiaï, en Eubée, la mer s'éloigner de ce qui était alors le rivage, puis se soulever et déferler sur une partie du territoire de cette cité, dont une certaine étendue resta submergée, alors qu'ailleurs les flots se retiraient." On ne sait évidemment rien, à l'époque, de la mécanique des tsunamis mais Thucydide indique dans une note une intuition pas entièrement juste mais tout de même étonnante : "Ces raz de marée sont provoqués, selon moi, par les séismes. Là où la secousse est la plus forte, les flots sont entraînés loin du rivage, avant de revenir brusquement pour déferler sur les terres avec d'autant plus de violence. Je ne crois pas que ce phénomène puisse se produire s'il n'y a pas de tremblement de terre." Intéressant de voir comment, en quelques décennies, on est passé de la vengeance de Poséidon à une tentative d'explication plus rationnelle. Thucydide suit ainsi la voie de son ancien maître, Anaxagore, philosophe qui tâchait de trouver des origines naturelles et non divines aux phénomènes cosmiques.
source : http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/04/29/la-vengeance-de-poseidon-etait-bien-un-tsunami/

Dans le même genre nous vous rappelons que la ville d'Olympie a également été ravagée par un tsunami dans le courant du sixième siècle de notre ère.


___________________


À côté, rien ne demeure. Autour des ruines
De cette colossale épave, infinis et nus,
Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin.



Le vainqueur gagne un pèlerinage sur la tombe de Felix Faure.
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