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Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

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Apollyôn
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Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

Message par Apollyôn le Ven 25 Nov - 13:58

Depuis le 23 octobre, la grotte du Mas d’Azil est fermée au public et la route qui la traverse fermée à toute circulation.

Mais dans un monument historique classé, le moindre aménagement est réalisé sous haute surveillance… c’est l’Institut National de Recherche d’Archéologie Préventive (INRAP) qui est maître d’œuvre de ce chantier un peu particulier: l’été prochain un nouveau bâtiment d’accueil de 300m² sans fondation, épousant les lignes de la grotte comme «un meccano géant» verra le jour et proposera un parcours ludique et scientifique aux visiteurs.

Mais en attendant place aux scientifiques qui encadrent de près les aménageurs car si par hasard ils trouvent du matériel archéologique le chantier est arrêté net pour une fouille programmée.

Ce matin, Marc Jarry de l’INRAP est sur site. Le ministère de la culture a prescrit la réalisation d’un diagnostic archéologique lors de la construction d’une tranchée traversant la route départementale pour le passage des fluides, de l’assainissement et de l’électricité.

«La grotte du Mas d’Azil est un site patrimonial et scientifique majeur, on ne peut pas intervenir de manière libre, nous sommes là pour réaliser des relevés et faire des photos et si l’on trouve du matériel en place, le site peut faire l’objet de mesures conservatoires de protection ou de fouilles en préalable à l’aménagement» explique le scientifique.

Ici la route a été réalisée en 1895 à partir d’un replat artificiel créé en déplaçant une partie des roches du côté de l’entrée actuelle: «ce sont des vestiges autochtones, archéologiquement stériles […]

Nous avons trouvé dans les relevés de cette tranchée, dans les sédiments profonds issus de la grotte, des ossements de bovins (aurochs, bisons?)… bref rien de suffisamment intéressant pour faire arrêter les travaux
»

Pour Pascal Alard, responsables des grands Sites de L’Ariège, les sentiments sont mitigés: la crainte pour l’aménageur c’est de trouver des vestiges qui retarderaient le chantier mais si on trouve du matériel archéologique, cela relance l’intérêt pour la grotte.

«Ici nous sommes sur le résultat d’un pendage de sol réalisé lors de l’aménagement de la route, il y a 120 ans.

Pas de risque […] par contre à l’intérieur, lors de la phase 2 lorsque l’on va travailler sur la base des escaliers, l’INRAP fera des sondages et selon toute vraisemblance on risque de trouver du matériel archéologique car nous sommes situés à la sortie de la célèbre galerie du silex, le plus important gisement du Mas d’Azil
»

On sait d’ores et déjà que l’escalier en question ne sera pas en service au mois de juillet, au moment de l’ouverture de la grotte au public… et qu’il faudra peut être attendre un ou deux ans avant de pouvoir l’emprunter.

Le chantier de la grotte du Mas d’Azil débute à peine mais il nous réserve encore bien des surprises!

source : http://www.ariegenews.com/ariege/histoire_patrimoine/2011/40753/grotte-du-mas-d-azil-des-travaux-sous-haute-surveillance.html


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Apollyôn
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Re: Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

Message par Apollyôn le Ven 9 Déc - 12:42

Depuis le mois d’octobre, la grotte azilienne était entrée en période de travaux. Un investissement de trois millions d’euros pour faire entrer ce haut lieu de la préhistoire dans le XXIe siècle et lui redonner une attractivité. Mais dans un tel site, les scientifiques ne sont jamais loin des ouvriers de chantier... Le creusement d’une tranchée dans la route départementale qui longe l’entrée de la grotte nécessitait ainsi un diagnostic archéologique : rien d’essentiel n’a été trouvé... Jusqu’à ce jeudi 24 novembre vers midi, quand les archéologues se sont intéressés à un bout de paroi.



“Un endroit où il était totalement improbable de trouver quelque chose, vu qu’on est largement sous le niveau archéologique connu de la grotte”, résume Pascal Alard. Et pourtant : “On y a découvert un niveau archéologique en place, avec des ossements, des silex, du colorant... Ça semble dater du Paléolithique supérieur, entre -30.000 et -10.000 ans, poursuit le directeur du Service des sites touristiques d’Ariège. C’est une sorte de galerie de 4 mètres de long sur 1,20 mètre de haut”.

Cette découverte archéologique est la première depuis “très longtemps” dans cette grotte, dont tout le matériel connu a été jusque-là extrait, catalogué, inventorié et étudié. “C’est extrêmement important pour notre connaissance du site”, assure M. Alard, qui reconnaît “une certaine émotion”.

Mais la joie du scientifique contraste forcément avec l’inquiétude de celui qui suit un projet d’aménagement du site. “Le problème, c’est que notre calendrier de travaux est extrêmement serré, pour tenir l’objectif d’une réouverture au public de la grotte en juillet 2012, explique le responsable du SESTA. Normalement, on doit poser les arches dans dix jours...” Des arches nécessaires pour la mise en place du bâtiment d’accueil conçu comme un “Meccano géant” par l’architecte du projet...

Les responsables ariégeois du site attendent donc avec impatience et fébrilité la position de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), qui conditionnera la suite des travaux. Il apparaît d’ores et déjà nécessaire que les archéologues de l’INRAP (Archéologie préventive) viennent réaliser un diagnostic plus poussé sur la découverte, et qu’ils viennent très rapidement – “on doit faire comprendre que le Mas d’Azil est une priorité. Il faut qu’on sache vite si l’INRAP conclut à la nécessité d’une fouille préventive, ou si on peut continuer les travaux. Dans ce dernier cas, le moindre retard nous ferait manquer l’ouverture pour l’été 2012, avec toute la question de l’impact économique qu’a la grotte sur la vallée de l’Arize...” A suivre !

source : http://www.gazette-ariegeoise.fr/4745-Une-decouverte-exceptionnelle-au-Mas-d-Azil.html

Toute dame a ses mystères. Et la grotte du Mas-d'Azil ne déroge pas à la règle. Depuis plus de cinquante ans, les scientifiques pensaient que la grotte avait livré la plupart de ses secrets. Les prospections archéologiques préventives, à l'occasion du projet de valorisation, ont montré le contraire.

Stupéfaction de Manon Rabanit, géoarchéologue de l'INRAP (institut national de recherches archéologiques préventives), lorsque sur une paroi jusqu'alors réputée comme ne comportant pas de matériel archéologique, elle découvre, il y a moins d'un mois, un placage qui pique sa curiosité.

Aussitôt, un diagnostic archéologique est lancé, les travaux sont stoppés. « Ce placage, des sédiments plaqués sur la paroi, était recouvert de poussières dues au temps et aux pots d'échappement, explique Marc Jarry, archéologue expert de l'INRAP. Il a échappé aux fouilles passées et donc à la destruction. Il y a presque 100 m2 de surface très intéressante ». Ce gisement stratifié, c'est-à-dire composé de couches superposées datant d'époques différentes, contient des fragments d'os, de silex, des sédiments et un matériel faunique. Une découverte phénoménale qui va très certainement aider les scientifiques et historiens à comprendre les différentes phases d'occupation de la grotte. L'Arize a-t-elle inondé la grotte ? Les hommes à l'ère magdalénienne vivaient-ils au niveau du parking actuel ? Quel climat connaissaient-ils ? Autant de questions que les archéologues sont en droit de se poser. « Nous devons travailler dans une logique conservatoire, poursuit Michel Vaginay, conservateur régional d'archéologie. Quand on fouille, on détruit. Ce que nous avons là est exceptionnel. Nous cherchons des solutions qui nous permettent de déconnecter la recherche de l'aménagement ».

Et c'est là un des nœuds du problème. Qui dit fouille dit retard dans les travaux d'aménagement de la grotte. Et pour cause, le gisement se situe à l'endroit où devaient être posés deux piliers du toit du centre d'interprétation. Mais politiques, architectes et scientifiques travaillent main dans la main. Une solution devrait ainsi être rapidement trouvée et les découvertes intégrées dans le projet de valorisation de la grotte. Pourtant, le chantier ne sera pas livré dans les délais initiaux (juillet 2012). Pour le bien de l'économie du territoire, la municipalité du Mas-d'Azil a cependant décidé de stopper une nouvelle fois les travaux, de juillet à septembre, afin d'assurer l'ouverture estivale. D'ici là, la passerelle d'accès à la grotte sera terminée et les galeries seront sécurisées. La totalité des aménagements devrait être accessible au printemps 2 013.

Pour Dominique Paillarse, directeur régional des affaires culturelle de la DRAC de Midi-Pyrénées : « On oubliera toutes ces péripéties après les conclusions scientifiques liées à ce gisement. Cette découverte est une grande chance pour le site ». Une chance qui provoque un regain d'intérêt de la part de toute la communauté scientifique pour la grotte du Mas-d'Azil. Une dame de pierre qui n'en finit décidément pas de surprendre.

source : http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/11/1258109-les-secrets-de-la-grotte-mis-au-jour.html


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Apollyôn
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Re: Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

Message par Apollyôn le Ven 27 Jan - 11:49

on la croyait "stérile", la grotte du Mas d’Azil a encore des choses à dire. On croyait que le site était archéologiquement “mort”.

“C’est une chance extraordinaire, une opportunité, c’est exceptionnel”... l’enthousiasme de l’équipe de recherches qui s’est mise en place pour étudier la découverte faite au Mas d’Azil en fin d’année, comme nous l’annoncions en primeur dans notre édition du 2 décembre, est à la mesure de toute les perspectives qui s’ouvrent, tant en terme de connaissances que de valorisation du site.


“La communauté scientifique considérait qu’il n’y avait plus rien à trouver”, explique Michel Vaginay, conservateur régional d’archéologie. “En 1896, lors de la construction de la route qui passe sous la grotte, le matériel (Ndlr comprendre les remblais, ce qui constituait la grotte) a été enlevé. A l’époque, relève encore Michel Vaginay, on cherchait plutôt des objets mobiliers, et il en a été trouvé de nombreux. On s’intéressait peu à la stratigraphie”.

Du coup, alors que la mairie entreprend la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil et d’importants travaux de mise en valeur du site, c’est presque par routine archéologique que l’INRAP (institut national de recherche en archéologie préventive) est sur le site. Le bâtiment d’accueil, assez innovant, doit s’ancrer sur huit points d’appui de part et d’autre de la voûte, tel un “Meccano géant”. Fin novembre, alors qu’une tranchée est creusée sous la route, des vestiges sont trouvés. Des bouts d’os d’anciens bovidés. Même si la couche est “autochtone” et que les restes viennent sans doute de la grotte, pas de quoi arrêter les travaux.



Par contre, lorsqu’une hydrogéologue, Manon Rabalit, découvre sous la crasse et la poussière accumulée au fil des ans sur un des côtés de la voûte, ce qui est une couche archéologique d’origine, on imagine la stupéfaction. Une couche dite de “placage” : “En fait, résume Pascal Alard, le directeur du SESTA, quand les ouvriers ont enlevé les remblais, ils n’ont pas gratté les parois”. Les parois, mais également le haut de la voûte - “on est passé du rien à une centaine de mètres carrés de stratigraphie, s’exclame encore Michel Vaginay, c’est une chance que d’avoir ces couches en place”.

C’est vrai que cette grotte avait été la plus “vraquée” reprend Marc Jarry archéologue à l’INRAP en exposant tout le matériel que le tamisage des sédiments a livré. “Ce que cela peut nous apprendre ? Depuis Garrigou, les techniques archéologique ont évolué, on recherche même de l’ADN sur du silex. Ce qu’on espère ici, c’est lire dans les sédiments ce qui s’est passé. A la fois les traces d’occupation humaine et des phénomènes naturels. On pense par exemple que la grotte a été inondée. On peut aussi apprendre des choses surprenantes”.

Au premier abord, les silex (racloir et burin) et les os d’animaux (bovidés) laissent à penser que l’on est entre moins 35.000 et moins 12.000 ans, jusqu’à la fin du paléolithique supérieur “mais on pourrait trouver des traces d’occupation à l’aurignacien, ou alors refaire une cartographie de l’occupation de la grotte” précise encore Marc Jarry, qui va envoyer les échantillons trouvés dans des laboratoires aux Etats-Unis ou en Europe de l’Est, pour avoir une datation dans des délais rapides. Car la DRAC et l’INRAP ont réagi très vite suite à la découverte et ont mobilisé une équipe d’experts en 15 jours pour ne pas perdre de temps.

Après le diagnostic, la DRAC a annoncé qu’elle monterait “une équipe solide pour reprendre les recherches dans la grotte”. Et les travaux alors ? ils vont continuer comme prévu, mais s’interrompront en juillet et août “pour ouvrir la grotte au public du 1er juillet au 16 septembre et ne pas léser l’économie locale et départementale” note le maire Raymond Berdou, malgré le surcoût certain que cela va engendrer. Un surcoût tout relatif car une grotte qui livre encore un peu de son histoire alors qu’on la croyait muette, c’est un potentiel de valorisation touristique supplémentaire. “D’ailleurs les couches sédimentaires seront visibles du public, protégées d’une vitre” conclut Pascal Alard qui table sur une ouverture définitive au public au printemps 2013.

source : http://www.gazette-ariegeoise.fr/4872-la-grotte-du-Mas-d-Azil-a-encore-des-choses-a-dire.html


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Apollyôn
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Re: Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

Message par Apollyôn le Sam 10 Mar - 10:17

Les magdaléniens n'ont pas été les seuls à fréquenter la grotte du Mas-d'Azil comme on le pensait. Ils ont été précédés par les cro magnons. Une découverte qui relance l'intérêt pour le site.
Jusqu'ici le livre de l'histoire de la grotte du Mas-d'Azil s'ouvrait sur les magdaléniens, lecture ponctuée par la découverte d'un crâne féminin que l'on appela Magda, seul vestige humain découvert sur le site. Manque de chance : on avait sauté le chapitre I du livre. On s'en est aperçu à l'occasion des travaux programmés d'aménagement d'un nouveau point d'accueil du public (DDM du 11 janvier). Pascal Depaepe, directeur scientifique et technique de l'INRAP l'écrit même dans un livre. Il a fait un mea culpa teinté d'humour devant une équipe de spécialistes et le président de l'INRAP, Jean-Paul Jacob, venu évaluer l'importance d'une découverte bouleversante. Les magdaléniens n'étaient pas les premiers humains à avoir fréquenté le Mas d'Azil ; ils ont été précédés par les aurignaciens 20 000 ans plus tôt. C'étaient des cro magnons ce qui relègue Magda au statut de « proche parente » par rapport à nous. Qui plus est, ils s'étaient installés dans la grotte, ce qui bouleverse la théorie selon laquelle les aurignaciens ne faisaient que passer dans les grottes profondes. Au Mas-d'Azil ils ont laissé des traces de repas (os broyés et noircis), d'outillage (silex) et même des morceaux de parure en ambre. Le tout est en inclusion dans des sédiments. Pendant ces 20 000 ans qui séparent les aurignaciens des magdaléniens l'eau de l'Arize, alimentée par les glaciers, est montée dans la grotte rendant toute occupation impossible. Des sédiments s'étaient accumulés bouchant l'écoulement de l'eau de la rivière. Puis l'eau était redescendue et la rivière avait repris son travail de sape en ligne droite dans le calcaire du Plantaurel. C'est cette configuration géologique exceptionnelle qui a permis de capturer l'empreinte du passé. La couche aurignacienne est placée assez haut par rapport au sol actuel, mais il y avait une crevasse qui a été remplie par les sédiments plein de fragments. Comme une espèce de coulis minéral, elle descend jusqu'au niveau du seuil du nouveau local d'accueil des visiteurs. Le calendrier de construction de ce nouvel espace a été quelque peu bouleversé, mais cette nouvelle découverte est une bonne affaire pour la grotte, elle va en raviver l'intérêt. Même s'il va falloir repenser les points d'ancrage de la toiture de l'accueil qui ne doivent pas entamer la couche sédimentaire aurignacienne. Pascal Allard pour le conseil général a précisé que la grotte serait ouverte au public pendant l'été ; elle fermerait en octobre pour les travaux. Bien entendu la découverte de l'occupation aurignacienne de la grotte fait partie du nouveau livre d'histoire de la grotte et sera présentée aux visiteurs. Les chercheurs, eux, sont sur des charbons ardents : ils n'attendent plus que soit mis sur pied un programme de recherche international. La DRAC et l'INRAP sont partants pour que l'on redessine les contours de l'histoire d'un lieu qui a acquis une renommée d'ampleur planétaire depuis le XIXe siècle. Il manquait une pièce au puzzle préhistorique de la grotte, ce sont eux qui vont la mettre en évidence.

source : http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/10/1302979-grotte-du-mas-d-azil-une-decouverte-qui-va-changer-l-histoire.html


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Re: Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

Message par Apollyôn le Jeu 15 Mar - 18:34

L’Inrap entreprend des recherches dans la grotte préhistorique du Mas d’Azil

Une équipe d’archéologues de l’Inrap vient d’intervenir, sur prescription de l’État (Drac Midi-Pyrénées), dans la monumentale grotte-tunnel du Mas d’Azil en Ariège, à l’occasion d’un projet de réaménagement touristique. Traversée par la rivière Arize, mais aussi par la route départementale 119 – reliant le village du Mas d’Azil à celui de Maury – cette immense grotte est l’un des sites majeurs de la préhistoire française. Elle est classée monument historique depuis août 1942. C’est aussi un haut lieu touristique. L’aménagement d’un bâtiment d’accueil et du parcours de visite par la commune du Mas d’Azil, maître d’ouvrage, nécessite diverses opérations de diagnostic archéologique. Deux phases se sont déjà déroulées. La première concerne une tranchée destinée aux réseaux enterrés traversant la route, la seconde porte sur le bâtiment d’accueil, localisé au sein de la grotte.



Ce gisement paléontologique et préhistorique a fait l’objet de recherches dès 1860. Félix Garrigou en décrit la stratigraphie générale en 1867. Vingt ans plus tard, Édouard Piette y entreprend d’importantes fouilles. Au cours de ces années, des milliers d’outils de silex et des centaines d’œuvres d’art mobilier furent extraits de la cavité. En 1901-1902, Henri Breuil définit la chronologie de la culture magdalénienne à partir de ses fouilles au Mas d’Azil et découvre les premiers vestiges d’art pariétal de la caverne (bison, cheval, félin, poisson, etc.). Entre 1936 et 1958, Joseph Mandement révèle de nombreuses cavités inédites. Mais c’est Marthe et Saint-Just Péquart qui, de 1935 à 1942, fouillent le réseau profond et exhument l’un des rares « habitats en grotte obscure » d’où sont extraits quelques chefs-d’œuvre de l’art magdalénien : propulseurs, bâtons percés, contours découpés, etc. Depuis cette date, seules des recherches ponctuelles ont été réalisées dans la grotte. La rive droite, où se situent les cavités ornées, était depuis considérée comme stérile, hormis quelques remblais des fouilles anciennes.
La grotte du Mas d’Azil est le site éponyme d’une culture succédant au Paléolithique supérieur : l’Azilien, défini par Edouard Piette en 1887-1889. Entre 10 000 à 7500 ans avant notre ère, cette culture de l’Épipaléolithique, c’est-à-dire entre le Paléolithique supérieur et le Néolithique, se caractérise par des harpons en bois de cerf perforés, à la base, d’une entaille allongée ; des grattoirs très courts et des armatures plus ou moins géométriques (les pointes aziliennes). L’art est représenté par des galets peints ou gravés.

Unique au monde, la grotte du Mas d’Azil est aussi ouverte au tourisme. Sa visite permet de découvrir les cavités de la rive droite de l’Arize. Débouchant au milieu de la grotte, ce réseau souterrain est une succession complexe de salles, de galeries, profondes et obscures. Elles ont non seulement livré des niveaux paléontologiques anciens, mais surtout ceux du Paléolithique supérieur, notamment du Magdalénien, riche en art pariétal, art mobilier, industries et vestiges humains.
Aujourd’hui, l’ensemble du parcours ouvert au public est en cours de réaménagement et de nouvelles structures vont être mises en place (passerelle piétonne au dessus de la rivière, vaste bâtiment d’accueil au départ du réseau profond). Si l’impact des travaux d’aménagement a été volontairement limité, chaque zone fait l’objet d’un diagnostic archéologique. Une équipe de l’Inrap vient d’entreprendre des recherches sur la tranchée traversant la route et l’emprise du bâtiment d’accueil. D’autres opérations seront prochainement réalisées en divers points du parcours de visite.

Largement explorée depuis 1860, la rive droite du Mas d’Azil a énormément souffert de sa découverte précoce. Aujourd’hui, elle ne contiendrait plus que quelques remblais de fouilles anciennes. Sous la route, le diagnostic de l’Inrap confirme cet état des lieux. Les quelques rares silex et ossements de renne et de bovinés découverts à cette occasion ont tous été remaniés lors de sa construction. Par contre, le diagnostic réalisé à l’emplacement du futur bâtiment d’accueil vient de mettre au jour une importante stratigraphie de plusieurs mètres de haut. Des couches de sables et de galets ont été mises en place par l’Arize lors de crues anciennes, contemporaines de la dernière glaciation du Quaternaire. En dessous et au-dessus (avant et après les crues), d'autres couches très riches en vestiges lithiques et osseux ont été constitué par les activités des occupants du Paléolithique supérieur. Le mobilier exhumé est en cours d’étude, mais les premières datations par la méthode du carbone 14 révèlent une première chronologie des occupations. Les plus anciennes, sous les niveaux de crues, sont pour la plupart attribuables à l'Aurignacien (35 000-33 000 avant notre ère). Plus tardive (14 700 avant notre ère), la culture magdalénienne succède à ces inondations qui noyèrent la grotte. Ces crues, de très grande ampleur, n'avaient jamais été perçues au Mas d'Azil. Elles sont importantes pour l'histoire des cavités pyrénéennes. Par ailleurs, les Aurignaciens sont réputés ne pas habiter les grottes profondes, or au Mas d’Azil de telles occupations sont mises en évidence.
Cette découverte est importante car elle enrichit le patrimoine du lieu, dans le périmètre même de sa mise en valeur. L’apport des techniques actuelles de l’archéologie préhistorique permet, en outre, la remise en contexte d’une partie des collections conservées dans les musées et jusqu’alors orphelines. La mise en évidence d'une séquence stratigraphique complexe, à la base de laquelle, notamment, les aurignaciens ont laissé de nombreux vestiges d'occupations est un apport important à la connaissance de la Préhistoire. L'étude de cette stratigraphie inédite, la compréhension des conditions de sa mise en place et l'extension de cette évaluation archéologique et géomorphologique à l'ensemble de la cavité s'annoncent prometteuses.
Ces recherches de l’Inrap sont entreprises en étroit partenariat avec une équipe de l'Université de Toulouse (Traces, UMR 5608), et participent d'un vaste programme de recherche engagé sur les collections et archives anciennes, dans le cadre de la valorisation de la grotte du Mas d’Azil. L’immense réseau de galeries du Mas d’Azil n’a pas encore livré tous ses secrets...
source : http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Communiques-de-presse/Les-derniers-communiques/Communiques-nationaux/p-14326-L-Inrap-entreprend-des-recherches-dans-la-grotte-prehistorique-du-Mas-d-Azil.htm


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Re: Grotte du Mas d'Azil: des travaux sous haute surveillance

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