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Vingt mille yeux sous la mer en quête de mondes perdus

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Apollyôn
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Vingt mille yeux sous la mer en quête de mondes perdus

Message par Apollyôn le Mar 30 Aoû - 14:08

L'archéologie sous-marine a pris son essor dans les années soixante mettant au jour des trésors engloutis autour de la Corse depuis la préhistoire. Un riche patrimoine menacé par des pilleurs d'épaves sans scrupules.



Au carrefour des routes maritimes menant vers « l'Orient compliqué », la Corse recèle dans ses fonds sous-marins plus de deux mille ans d'histoire que racontent d'innombrables épaves de toutes les époques, bateaux de commerce naufragés ou navires de guerre gisant dans les abîmes. Ces trésors inestimables que l'archéologie sous-marine s'efforce aujourd'hui de répertorier avec de puissants moyens technologiques sont demeurés inaccessibles des siècles durant, considérés comme perdus à jamais dans le monde du silence.

Devenu désormais accessible, le monde inconnu des abysses commence à livrer ses secrets. L'archéologie sous-marine n'a que cinquante ans d'existence, mais de belles perspectives devant elle, ainsi que le souligne Franca Cibecchini dans un article documenté publié dans le catalogue du « Mare Nostrum » qui rend compte de l'exposition « Les Corses et la mer » actuellement présentée au musée de la Corse à Corte.



Selon Franca Cibecchini, « le développement et la diffusion du scaphandre autonome inventé dans les années 1940 par le Français Jacques-Yves Cousteau ont rapidement eu pour corollaire une croissance brutale des découvertes d'épaves. Depuis cette période, des plongées sous-marines sont organisées par des clubs sportifs sur le continent et en Corse pour découvrir des sites archéologiques. »

Cette formidable avancée dans le décryptage des histoires croisées des peuples du Mare Nostrum n'est pas sans comporter un risque, « le pillage presque systématique des sites localisés dans la zone de zéro à 50 mètres de profondeur. »

Les premières recherches sous-marines dignes de ce nom ont été menées dans les années 1960 près de Bonifacio, principalement autour des épaves découvertes autour des îlots des Lavezzi et de Cavallo. Mais il faut déchanter : « En 1965, les plus remarquables étaient déjà pillées à plus de 95 % ».

Désormais, il devient évident que les fouilles sous-marines doivent être confiées aux seuls archéologues. C'est ainsi que sous l'inspiration d'André Malraux, ministre de la Culture, se crée en 1966 la DRASSM, direction des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines qui deviendra plus tard le DRASSM (département).

La première fouille opérée de façon scientifique se déroule en 1967 dans le Cap Corse sur l'épave dite Tour Sainte-Marie remontant aux années 30 à 50 après Jésus-Christ.

« Pour la première fois en Corse, le tumulus d'amphores d'une épave fait l'objet de relevés et d'une couverture photographique minutieuse avant le prélèvement du mobilier. Malgré une campagne prometteuse et une profondeur non négligeable, l'épave Tour Sainte-Marie n'échappera pas au triste destin d'un pillage progressif », indique Franca Cibecchini.

Quelques centaines de pièces provenant de la cargaison d'origine espagnole ont pu néanmoins être sauvées. Il s'agit pour l'essentiel d'amphores à sauce de poisson, d'amphores à salaison contenant encore des résidus de poisson et d'amphores à vin !

À partir des années 1970, le DRASSM entreprend d'intervenir régulièrement en Corse avec son propre navire de recherche, l'Archéonaute. Tâche considérable dans la mesure où le patrimoine archéologique sous-marin couvre toutes les périodes depuis la Préhistoire. Les témoignages de l'Age du Bronze retrouvés en baie de Calvi voisinent avec les épaves de la Seconde Guerre mondiale.

Des vestiges de l'Antiquité grecque datés d'avant notre ère, ont été retrouvés nombreux notamment à Lecci di Porto Vecchio et aux Sanguinaires. Franca Cibecchini dresse l'inventaire d'une cargaison dont la richesse témoigne de l'intensité des échanges en ces temps reculés : « Le navire coulé aux Sanguinaires transportait du vin d'origines diverses, principalement d'Italie et du bassin égéen, mais aussi des amphores puniques et un lot de céramiques fines gréco-orientales. Complètent la cargaison des lingots de cuivre, et surtout plus de 550 kg de verre bleu brut, peut-être de provenance syrienne et qui rendent cette épave tout à fait extraordinaire. »

Trois nouveaux sites sous-marins sont à l'étude dès les années quatre-vingt. L'épave dite Mortella à Saint-Florent sur laquelle existent encore neuf canons et où l'on a repéré des traces d'incendie pouvant résulter d'un combat naval que l'on situe au milieu du XVIe siècle. Dans la même période, on a relevé une autre épave devant l'Île Rousse, un « petit bateau chargé de vaisselle ainsi que de pierres de construction. » Enfin, le bateau coulé au début du XVIIe siècle entre Porto-Vecchio et Bonifacio (appelé Rondinara) transportait « toutes les formes et techniques décoratives connues en Toscane : des coupes, des assiettes, des saladiers produits en grande majorité à Pise et décorées a stecca et à la manière ditea girandola. »

Selon Franca Cibecchini, l'avenir de la recherche dépendra de la volonté des collectivités de travailler en synergie : « Le présent et l'avenir des biens culturels maritimes en Corse sont étroitement liés à la possibilité de nouer des partenariats et d'établir des coopérations solides avec les autres acteurs de l'archéologie et du monde de la mer, en particulier la collectivité territoriale de Corse et les réserves naturelles et maritimes de Corse. C'est seulement grâce à des collaborations multiples que la réalisation de projets d'envergure devient possible. »

Un effort important a été consenti pour réorganiser les dépôts provenant des vestiges de la mer en Corse, regroupés essentiellement dans les musées de Sartène et de Bastia. Mais il est souhaitable d'aboutir dans les meilleurs délais « à une meilleure et plus vaste exposition au public du patrimoine issu de la mer en Corse, un patrimoine très riche qui ne peut demeurer l'apanage d'un nombre réduit de plongeurs privilégiés ou de rares acteurs institutionnels. »

Dès 2012, le DRASSM lancera l'André-Malraux, nouveau bateau armé pour la recherche archéologique sous-marine, capable d'étudier des épaves reposant à grande profondeur. Deux mois de fouilles sont prévus autour de l'île en privilégiant les sites du Cap Corse et des Bouches de Bonifacio.



source : http://www.corsematin.com/article/papier/vingt-mille-yeux-sous-la-mer-en-quete-de-mondes-perdus


___________________


À côté, rien ne demeure. Autour des ruines
De cette colossale épave, infinis et nus,
Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin.



Le vainqueur gagne un pèlerinage sur la tombe de Felix Faure.
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