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Mythe Guarani : La Terre Sans Mal

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Schattenjäger
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Mythe Guarani : La Terre Sans Mal

Message par Schattenjäger le Mer 3 Déc - 13:56

La Terre-sans-mal n'est pas seulement un lieu de délices, elle est aussi le seul refuge qui restera aux hommes lorsque surviendra la fin du monde. Les Guarani modernes et, sans doute aussi, leurs ancêtres sont obsédés par la croyance au retour cyclique d'un cataclysme universel dont tout événement insolite leur apparaît comme le signe avant-coureur, ils prêtent une oreille complaisante aux plus noires prophéties.



« Nan-derikey est au-dessus de nous. Le jour où il retirera un des étais sur lesquels repose la terre, elle s'effondrera. Aujourd'hui la terre est vieille et les générations humaines n'y prospèrent plus. Nous reverrons tous ceux qui sont morts. Quand la nuit viendra, la Chauve-souris descendra pour les exterminer. De cette nuit descendra aussi le Jaguar bleu qui nous dévorera. » II y aura aussi un Grand Feu qui sera suivi de la Grande Inondation.

Cette inquiétude latente pour le sort du monde, à laquelle s'ajoutent le découragement et le désespoir devant le déclin de leur tribu et les empiétements croissants des Blancs, entretenait chez les Guarani modernes un climat propice à des mouvements d'évasion de type messianiste. Qu'un chaman s'élève parmi eux et leur offre de les conduire au Paradis terrestre, des centaines, jadis sans doute des milliers d'indiens, accouraient pour risquer la grande aventure. Les chamans, qui à une époque récente ont pris la tête de ces migrations mystiques, se proposaient de renouveler l'exploit d'un chaman légendaire appelé Guyraypoty.
Averti par le Créateur que la destruction de l'Univers était imminente, il réunit ses fidèles autour de lui et, obéissant aux instructions du Créateur, il les fit danser une nuit entière et chanter des chants rituels. Le Grand Incendie ayant éclaté, le chaman se dirigea avec sa troupe vers la mer. Leur fuite était si rapide qu'ils n'avaient pas le temps de s'arrêter pour semer et attendre la récolte, mais Guyraypoty, par la vertu de son pouvoir magique, procurait à ses compagnons les vivres dont ils avaient besoin. Arrivés au bord de l'Atlantique, les fugitifs y construisirent une grande hutte où nuit et jour tous dansaient et chantaient, martelant le sol avec leurs bâtons de rythme. A mesure que le danger grandissait, car la mer gonflée allait déverser ses eaux sur la terre, Guyraypoty et les siens chantaient et dansaient avec une frénésie accrue. Au moment même où le déferlement des vagues allait les engloutir, la hutte où ils étaient réunis s'éleva en l'air, franchit la porte du ciel et s'immobilisa à côté de la hutte de Nandeçy, « Notre mère grande ».

La saga de ces mouvements d'évasion fut racontée à Nimuendaju en 1912 par les Apapocûva qui, une génération plus tôt, s'étaient mis en marche vers la Terre-sans-mal à l'instigation de certains prophètes. Ceux-ci, inspirés par des songes ou des événements surnaturels, leur avaient annoncé la fin prochaine du monde et les avaient persuadés de se laisser conduire vers la Terre-sans-mal. Le succès de l'entreprise dépendait de la fidèle exécution de danses et de chants qui, par leur vertu magique, pouvaient leur ouvrir le Paradis. C'est pourquoi, même en cours de marche, la troupe s'arrêtait pour danser, chanter et jeûner. Le long voyage au cœur de la jungle se faisait lentement au milieu de dangers de toutes sortes. Mais tous les obstacles, tribus hostiles, fauves, fleuves à franchir, étaient vaincus par le chaman qui, selon l'occasion, rendait ses gens invisibles ou rapprochait les deux rives d'un fleuve infranchissable. Quand la famine sévissait, le chaman nourrissait ses compagnons par des moyens surnaturels. C'est en vain qu'arrivés au bord de l'océan, le prophète et ses fidèles dansèrent éperdument pour s'envoler vers le Paradis terrestre. Des erreurs rituelles, ou simplement l'alourdisse ment résultant de la consommation de nourriture européenne, servirent d'excuse à ces échecs. Le pouvoir des chamans n'était pas mis en cause puisqu'on s'accordait à dire que les chefs de ces migrations avaient finalement réussi à atteindre la Terre-sans-mal. Les Indiens Tembé, une autre tribu tupi du Brésil, ont conservé intact le mythe de la Terre-sans nuit.

Maira, le héros civilisateur, y réside au milieu d'une vaste prairie, couverte de fleurs, où les oiseaux qui parlent nichent à même le sol. Près de la maison de Maira s'élève un grand village dont les habitants mènent joyeuse vie. Ils se nourrissent de fruits semblables à des calebasses. Leurs jardins ne demandent aucun soin, les plantes une fois semées y poussent d'elles-mêmes. Lorsque Maira et ses compagnons atteignent la vieillesse, ils ne meurent pas, mais redeviennent jeunes. Ils chantent et festoient sans arrêt. Ce pays merveilleux est situé, selon les uns à l'est, selon d'autres à l'ouest. Jadis les Tembé ont souvent essayé de s'y rendre, mais sans succès. Seuls quelques individus ont réussi à y pénétrer.

Religions et magies indiennes d'Amérique du Sud, par Alfred Métraux, © Éditions Gallimard
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