Ufologie & Paranormal

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L’Arbre et la Source

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Schattenjäger
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L’Arbre et la Source

Message par Schattenjäger le Mar 17 Nov - 13:52

(Source : Liberterre)



Durant des millénaires, l’imagination humaine, dans de nombreuses cultures, a dépeint un arbre cosmique émergeant d’une source sacrée. Un sceau cylindrique, de la vallée de l’Indus, aux alentours de 2000 av. EC, représente l’adoration de la Déesse qui demeure dans le puits. Agenouillé devant Elle, le shaman cornu, le Chasseur ancestral qui représente un aspect de l’orientation primordiale religieuse de notre espèce : respect et admiration en présence des pouvoirs générateurs de vie de la Nature Sacrée. La Source est symbolisée par le cercle à la base de l’arbre.

Ascension et Descente

La mythologie Nordique présente la même image éternelle dans l’histoire du poète-shaman, Odin, qui doit être pendu durant neuf nuits afin de recevoir la révélation sublime. Il monte dans l’Arbre pour s’abandonner à son flux de courants cosmiques au travers de ses branches et de ses feuilles. Grâce à cette épreuve, il acquiert les runes, un alphabet secret composé de symboles divinatoires. Les runes représentent les formules génératrices de tous les langages possibles, de toutes les expressions verbales et écrites par lesquelles la connaissance humaine puisse être capturée et transmise. Au travers de cette épreuve, le shaman Odin “pendu à l’arbre” acquiert le pouvoir magique du langage mais sans, pour l’instant, l’accès à la sagesse transcendante qui fera du langage son instrument.

Pour acquérir cette seconde faculté, Odin doit descendre dans les mondes souterrains, à la racine de l’Arbre et boire à l’eau miraculeuse de la Source de Mimir. Le nom Mimir est corrélé au Latin memor et c’est pourquoi la Source de Mimir a été appelé la “source de la mémoire”. Voici ce qu’en dit Ralph Metzner :

“Il était dit que de boire de cette source conférerait la connaissance des commencements et des origines des choses - des humains, de la vie, des mondes... Dans les traductions Allemandes, le terme utilisé pour décrire la Source de Mimir est marchenreich “empli d’histoires” - ce qui suggère que de boire de cette source était une expérience qui impliquait à la fois la faculté de vision et la faculté de raconter des histoires. Les histoires nous racontent notre passé et les visions nous parlent de notre futur. Boire de la Source de Mimir est, ainsi, pénétrer dans un état de conscience de remémoration, par lequel nous puissions nous souvenir de nos origines évolutives, de notre relation aux royaumes des plantes et des animaux, et de notre nature primordiale en tant qu’enfants de la Terre”. (Green Psychology. Page 155).

Le logo de Metahistory dépeint “une source emplie d’histoire” et l’arbre du langage qui en émerge représente l’expression très ramifiée (multi-culturelle, multi-raciale) de ces histoires dans leur forme verbale et écrite.

En’Owkin : la Suspension de la Croyance

Metahistory est “une expérience qui implique à la fois la vision et la narration” et même un peu plus. Notre capacité d’être des vecteurs authentiques et véridiques de la sagesse innée de notre espèce est entravée par le conditionnement. Pour l’humanité moderne, la communion avec la Nature Sacrée (la Déesse dans l’Arbre) a été subjuguée par la socialisation : c’est à dire par l’éducation, par le conditionnement racial et politique et peut-être surtout par des siècles d’endoctrinement religieux. Encombrés par nos habitudes culturelles de pensée et de jugement, nous n’avons plus accès à la source de vie de la mémoire ancestrale. Notre conditionnement bloque notre capacité de puiser aux ressources au coeur de notre matrice biogénétique spécifique à notre espèce humaine. Incapables de découvrir le plein bénéfice de notre intelligence propre, nous en sommes réduits à suivre un ensemble de comportements qui ne reflètent pas la vraie promesse de la sapience humaine.

“Nous avons tous des systèmes de comportements acquis et culturels qui ont imprégné notre subconscient. Ces systèmes agissent tels des filtres sur notre vision du monde. Ils influencent nos comportements, nos structures de langage, nos gestes, les mots que nous utilisons et aussi la façon dont nous rassemblons nos pensées. Il nous faut trouver les moyens de remettre tout cela en question, continuellement.”

Ainsi s’exprime Jeanette Armstrong, auteur et artiste Okanaga, en conversation avec Derrick Jensen (Listening to the Land). Elle explique que son groupe Amérindien, les Okanagan de Colombie Britannique, ont une tradition de longue date appelée En’owkin. Cette tradition implique un processus de résolution des conflits grâce auquel toutes les parties acceptent de remettre leurs vues en question. “Pratiquer le processus d’En’owkin”, dit Jeanette Armstrong, “me demande constamment de me discipliner à la déconstruction de ce que je crois et de ce que je perçois quant à la façon dont les choses fonctionnent et de remettre en question continuellement ce que je crois et d’accroître continuellement mes connaissances et ma capacité de compréhension.”

Cela, exprimé en une phrase, pourrait constituer “l’ordre de mission” de Metahistory.org.

Tout comme l’En’owkin, la pratique de Metahistory implique beaucoup de travail de déconstruction et de déconditionnement. Pour que nous puissions accéder librement à la connaissance unique et innée de notre espèce, il nous faut nous engager à nous libérer de la distorsion et à lutter contre la désinformation. Tous les jours, nous entendons parler d’événements qui “font l’histoire”. A Metahistory, nous sommes souvent concernés par le contraire : défaire l’histoire, déconstruire les histoires qui ne reflètent pas le don sacré de nos facultés d’auto-détermination.

Le Voyant à Un Oeil

La sagesse qui nous réunit à toutes les autres espèces, sur la Terre et dans l’entièreté du Cosmos, prend sa source dans l’imagination poétique et visionnaire mais pour libérer nos pouvoirs d’imagination, il est nécessaire de faire taire le mental conditionné. “La connaissance véridique s’acquiert par la discipline de l’apprentissage ; elle n’est jamais donnée.” (Metzner, Page 155). Selon le mythe Nordique, lorsqu’Odin arriva à la Source de Mimir, son gardien lui fit passer un test. Le géant exigea un acte d’abandon avant de permettre à Odon de boire de la Source. Odin doit donc abandonner un de ses yeux afin d’accéder à l’illumination par la mémoire mystique. C’est ainsi que ce shaman devint connu comme le Voyant à Un Oeil.

Le mythe nous enseigne par là que nous devons abandonner notre mode de vision et de compréhension unilatéral, à savoir le processus mental exclusif du cerveau gauche afin de mettre en oeuvre les facultés poétiques et visionnaires de l’autre oeil, la conscience du cerveau droit. Il est curieux de constater que la mentalité de cerveau gauche, lorsqu’elle mise au silence, ne s’en va pas. Selon les Eddas Nordiques, “lorsque le géant Mimir, ou d’autres dieux de shamans en quête de connaissances, buvaient de la source, ils pouvaient voir que l’oeil d’Odin les regardait” (Metzner, ibidem). Immergé au fond de la source, l’oeil sacrifié (la faculté rationnelle, l’oeil gauche d’Odin) continue de voir.

Il apparaîtrait à ce point que l’enseignement supérieur de ce mythe propose quelque chose de complètement fou : si nous regardons avec assez d’intensité dans le puits de la sagesse ancestrale, la pensée rationnelle de cerveau gauche, avec laquelle nous sommes tellement identifiés et sur laquelle nous comptons exclusivement pour connaître le fonctionnement du monde, sera là, nous regardant. Le mythe convie ici une leçon clé de survie : la rationalité n’est pas exclue de la connaissance profonde et transrationnelle de l’ancienne voyance, même si les limites rationnelles de la cognition doivent être dépassées afin que cette connaissance profonde puisse être vécue. Ce paradoxe fut spécifiquement appréhendé dans la tradition des Gnostiques, les enseignants spirituels Païens qui affirmaient la complémentarité fondamentale des modes visionnaire et rationnel de connaissance.

Une Dérive vers la Démence

Le cours de l’expérience humaine, durant les 6000 dernières années, a été le témoin d’un déclin permanent de la capacité humaine d’accéder aux ressources poético-visionnaires symbolisées par l’Arbre et la Source. Pour des raisons qui sont éminemment difficiles à appréhender, la sagesse primordiale préservée dans les traditions shamaniques biorégionales a dégénéré ou a été éradiquée. A sa place a émergé une autre orientation religieuse, un système dogmatique et totalitaire de croyances représenté principalement par les doctrines des credos Abrahamiques, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.

Pourquoi la culture moderne de toute la planète est-elle dominée par des histoires qui ne reflètent pas la sagesse visionnaire authentique nécessaire pour guider l’humanité sur son chemin propre d’évolution ?

Pour une raison ou pour une autre, durant le processus millénaire durant lequel nous sommes devenus aliénés de nos origines dans la Nature Sacrée, l’idéologie religieuse a remplacé la sagesse poético-visionnaire en tant que récit d’orientation de notre espèce. Des histoires qui nous causent du tort et qui nous induisent en erreur et même qui nous poussent à nous détruire nous-même et à détruire notre environnement, ont été imposées à la race humaine par des personnes dévoyées qui ont introduit ces histoires pour servir leurs propres fins égoïstes, l’acquisition de pouvoir et de privilèges ainsi que la prétention à une autorité divine et suprahumaine. L’agression au service du pouvoir et de la possession a été promulguée comme la forme la plus élevée de comportement humain. La violence fondée sur la foi religieuse a été, et continue de l’être, la force sociale modelante dominante dans notre histoire.

Il est considéré que les systèmes de croyances qui dominent couramment le monde procèdent de dieux mâles célestes qui entérinent l’agression territoriale, le génocide, le contrôle par la violence ou la menace de la violence et la destruction totale de l’habitat naturel. A beaucoup d’égards, l’idéologie religieuse qui entérine de tels comportements constitue une perversion pathologique pour notre espèce - très littéralement, une dérive vers la démence.

Presque tous les aspects de la société moderne encouragent l’égoïsme et la séparation, divisant les êtres humains les uns contre les autres, en une lutte Darwinienne pour la survie. Ces comportements sont renforcés et encouragés par les scénarios scientifiques, religieux et culturels qui sont le reflet d’une soif insatiable de domination et de contrôle.

Nous devons nous poser la question suivante. Comment est-il possible que notre faculté de connaissance primordiale, l’héritage sacré symbolisé par l’Arbre et la Source, put avoir été si complètement subjuguée par des inclinations pathologiques ? Si la sagesse primordiale acquise par Odin est innée, et à ce point essentielle pour notre nature et notre insertion dans le grand plan universel, comment a-t-elle pu être éradiquée par quelque chose qui est manifestement faux et étranger à notre chemin réel ?

Il semble inconcevable qu’un tel retournement puisse être advenu et cependant l’évidence est irréfutable. Le cours de l’histoire, durant les 6000 dernières années, nous présente un exemple après l’autre et une vérification sur le vif, si vous en avez besoin, est amplement fournie chaque jour par les médias. Un des défis de Metahistory - et peut-être le défi essentiel - est d’élucider les causes originelles de cette perversion spécifique à notre espèce humaine, et de dessiner la trajectoire de cet horrible tournant. Bien que la problématique soit loin d’être résolue, quelques concepts ont été développés et validés subséquemment. Katherine Keller, professeur de théologie à l’université de Drew dans le New Jersey, aux USA, a développé un certain nombre de concepts métahistoriques sur le problème du détournement de l’espèce humaine :

“Nous n’avons aucune raison de croire que, de tout temps, la vie ait été fondée sur la domination du plus faible par le plus fort, et nous n’avons pas plus de preuves que les êtres humains ont toujours vécu dans l’état d’être défensif qui caractérise la vie moderne... Au sein d’un groupe dans lequel les mâles guerriers s’imposent et dominent le village ou la tribu, tous les membres du groupe vont commencer à développer une nature d’être différente de qu’elle était lors d’époques antérieures, une nature d’être qui est le reflet des défenses que la société elle-même configure... C’est ce que nous pouvons voir, encore aujourd’hui, dans des situations dans lesquelles les mauvais traitements se transmettent d’une génération à une autre. A maintes occasions, nous voyons que la perpétuation de la douleur - destruction et mauvais traitements - procède d’une blessure antérieure... Comme ce sont les personnes qui incarnent cet état de défense qui vont dominer ces sociétés, cette sorte de défensive qui lèse l’individu, détruit la communauté et tue l’environnement va proliférer comme un cancer” (Entretien avec Derrick Jensen. Ibidem. Pages 273/274).

Si la société moderne, dans son ensemble, est impulsée par un système de domination enraciné dans une lésion originelle “une blessure antérieure”, il serait donc très éclairant de déterminer comment cette blessure s’est manifestée. Dans la vallée de l’Indus, en Islande et dans de nombreuses régions du globe, le shaman était le personnage central dans la narration des modes par lesquels la sagesse ancestrale est continuellement sollicitée (descente dans le Puits) et renouvelée (ascension vers la conscience cosmique, exprimée dans le langage du discours poético-visionnaire). Mais ce n’est pas tout ce qu’il y a dans l’histoire du shaman. Un thème secondaire, mais non moins signifiant, dans la tradition shamanique concerne la blessure du voyant. Cet événement pourrait-il être corrélé, d’une certaine manière, avec la blessure originelle (pas le péché originel) à laquelle Katherine Keller et d’autres ont fait référence ?

Joan Halifax, une revivaliste très connue des traditions ancestrales, a sous-titré son ouvrage sur les shamanisme “Le guérisseur blessé”. Elle écrit que “des récits du voyage intérieur de tourmente et de détresse du shaman, chanté et mis en poésie, condensent le symbolisme personnel au travers d’une lentille mythologique qui englobe l’expérience humaine plus générale”. (Page 19). Il est clair que la blessure primordiale du shaman est un événement d’importance essentielle pour la destinée humaine.

Il nous faut élucider, par différentes voies, l’éradication de l’orientation religieuse shamanique originelle de notre espèce et son remplacement par un système de croyances totalitaires.

Vision Originelle

Quel que soit l’événement qui est arrivé dans la quête visionnaire propre à notre espèce et qui a, d’une certaine manière, généré un terrible détournement du cours de l’expérience humaine, il ne peut être connu qu’en recouvrant l’histoire réelle le décrivant. Le théologien et éco-philosophe Thomas Berry insista sur le fait que nous vivons dans un moment crucial de l’évolution humaine qui requiert de “ré-inventer l’humain au niveau de l’espèce”. (Cité dans Metzner, ibidem). Un tel acte de ré-invention n’est possible qu’en accédant aux ressources de la vision originelle symbolisée par l’Arbre et la Source.

Il y a moins d’un siècle de cela, la Déesse de la Vallée de l’Indus dans l’Arbre était encore une image vivante, incarnée et vécue. Les facultés visionnaires étaient cultivées par des pratiques shamaniques, préservées dans les bio-régions, de diverses cultures indigènes de par le monde. Le machi, le shaman des Mapuche du Chili, se tient en transe dans l’arbre sacré en battant son tambour cérémonial. La photo ci-contre est celle de la Déesse de la Vallée de l’Indus dans l’Arbre incarnée sous une forme humaine. Elle nous offre le témoignage d’une continuité millénaire qui est de nos jours menacée d’être brisée par un coup final et dévastateur. Les traditions shamaniques se meurent sur toute la planète. Nous sommes témoins, au 21 ème siècle, d’une extermination délibérée de la petite poignée restante qui représente cette continuité.

Alors que j’écris ces lignes, les San Bushmen du désert de Kalihari ont été finalement déplacés de leur habitat par les agents du développement des multinationales. Relocalisés dans des camps où ils ne peuvent plus survivre en comptant sur les savoir-faires qu’ils ont développés, depuis 16 000 années, ils reçoivent des rations de nourriture industrielle et de la bière en cartonnages de deux litres. Leurs adolescents portent déjà des walkman et sont atteints du sida. Un journaliste de CNN interviewa une femme de la tribu qui refuse de quitter la terre de ses ancêtres. Elle est de petite taille et semble frêle, tout comme les Bushmen le sont par nature. Son visage doux est tendu, tel un masque de douleur indicible et violente mais ses yeux lancent des éclairs de défi farouche lorsqu’elle dit dans un Anglais haché qu’elle ne partira pas, qu’elle ne sera pas enlevée par la force, qu’elle mourra là où elle est plutôt que d’aller dans un camp de relocalisation...

Réfléchissant sur l’appel de Thomas Berry pour un mythe spécifique à notre espèce humaine, Ralf Metzner observe que “Je considère que cela signifie que les paradigmes culturels existants ne peuvent pas solutionner adéquatement les problèmes auxquels nous faisons actuellement face et cela signifie donc que nous devons puiser à la sagesse évolutive de l’espèce humaine dans ses relations avec les autres espèces et les écosystèmes. La survie de l’espèce humaine et son mode d’adaptation au monde naturel sont menacés. Tous les systèmes de vie de la biosphère sont dans une impasse dangereuse de par les conditions que nous avons créées”. (Ouvrage cité. Page 171). De par son cadre favorisant l’imagination et la déconstruction, Metahistory met en exergue l’importance de la narration pour une réorientation cruciale de l’humanité vers un mode de vie harmonieux et soutenable. “L’espace participe de l’endroit tout comme le temps participe du récit” (Metzner. Page 183). Nous sommes des histoires vivantes dans un double sens : nous vivons des histoires (nous en sommes les acteurs) et nous sommes des histoires qui vivent. Toutes nos histoires personnelles sont entrelacées avec l’histoire qui embrasse toute l’espèce humaine mais nous avons perdu le fil-clé du récit de cette suprême aventure. Metahistory est une approche, une préparation pour recouvrer ce fil. Pour Célébrer et Aimer. Quelle que soit la forme de la vision originelle que nous recherchons, elle doit révéler le mystère de la blessure du shaman, l’événement unique qui a tellement désorienté notre espèce que nous risquons de perdre totalement notre chemin. La découverte de la blessure est la seule façon d’éliminer le schéma de la domination et de la violence infligée qui, de nos jours, se propage d’elle-même dans les vagues de la douleur qui se répand de la blessure. La poétesse et nouvelliste Chickasaw, Linda Hogan, a dit que “notre renouveau procède souvent de la perte, de la douleur et des cendres” (Entretien avec Derrick Jensen. Page 122). Ces paroles expriment la douleur qui fonde le processus rédempteur de guérison à l’échelle de l’espèce. Ensemble, l’Arbre et la Source représentent le pouvoir du langage comme instrument de notre connaissance primordiale, la sapience qui nous rend humains. Le commentaire de Linda Hogan sur le langage pourrait bien être le credo de Metahistory : le Récit est la chose essentielle que nous ayons. D’une certaine manière, c’est la seule chose que nous possédions. Certaines personnes qui ont besoin de guérison vont voir un thérapeute auquel ils racontent l’histoire de leur vie. Ils perçoivent alors cette histoire d’une manière différente, changent de schémas de vie et cela les guérit. Les histoires fournissent un raccourci vers le monde de l’émotion, un chemin direct vers le mythique et l’inconscient...

Le langage est. Il a de la force. Quelqu’un comme N. Scott. Momaday dirait que le langage est une entité, un être vivant. Il se peut que tout langage soit une prière ou un chant. Octavio Paz écrivit que lorsque l’on va vers des modes plus primitifs de pensée, le mot et le sujet sont une même chose. Il n’y a pas d’abîme entre le mot et ce qu’il évoque.

Vus de cette façon, les mots possèdent un grand potentiel de guérison, sous tous aspects. Et nous avons besoin de les apprendre, de trouver un moyen d’évoquer tout d’abord le problème, la vérité, contre la destruction, et ensuite de trouver un moyen d’utiliser le langage pour remettre les choses à leur place, de vivre dans le respect, de chanter et de célébrer la Terre, d’aimer.

John Lash Septembre 2002.

Traduction de Dominique Guillet.
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Passiflore
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Re: L’Arbre et la Source

Message par Passiflore le Mar 17 Nov - 16:44

Ce texte me va droit au coeur !
Je suis sûre que l'humanité, à ses débuts, n'était pas celle qu'elle est depuis des milliers d'années.
Des croyances ont été instillées en nous comme un poison, et lentement, mais sûrement, elles nous ont coupés de nos véritables origines, et ont provoqué une rupture avec notre environnement et les autres êtres vivants.
Croyances erronées dues aux religions monothéistes...

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Re: L’Arbre et la Source

Message par Aria le Ven 5 Mar - 20:50

L'image est magnifique ainsi que les couleurs et le symbolisme. l'homme a toujours ce besoin de retourner à la source ou aux sources aussi, sans doute que le cosmos n'est pas étranger a ses recherches de désirs profonds de se retrouver avec lui même.On a beau dire la terre tourne dans le cosmos et en fait partie.Je me pose souvent la question et si avant comme l'on dit en début d'un conte;
...Il était une fois une relation intersidérale entre des êtres de même natures s'entendant a accomplir non pas le parfait mais l'unité, d'autres êtres s'en seraient mêler pour une guerre sans merci, divisant ainsi cette unité en y mettant la confusion ainsi les dieux naquirent de part leur supériorité éffaçant la mémoire altruiste par une génétique ou l'instinct animal supplanta le coté sacré de la source,matrice éffacée dans une nouvelle matrice imposée...
Il était une fois...
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TERRA
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Re: L’Arbre et la Source

Message par TERRA le Ven 5 Mar - 21:51

Et malheureusement seul les vivant écrivent l'histoire , ceux la peuvent tenter de récupérer un peu de ces débuts oubliés ,mais en ont ils consciences ?

Aria
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Re: L’Arbre et la Source

Message par Aria le Ven 5 Mar - 22:05

TERRA a écrit:Et malheureusement seul les vivant écrivent l'histoire , ceux la peuvent tenter de récupérer un peu de ces débuts oubliés ,mais en ont ils consciences ?
C'est vrai que seuls les vivants écrivent l'histoire seulement si l'on considére les réincarnations c'est une filière qui ne s'éteint pas tout comme la mort n'est pas la fin non plus, nous serions nos ancêtres que celà ne m'étonnerais pas et c'est sans doute pour cette raison que nous restons accrochés a des souvenirs oubliés ou enfouis dans le temps
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Re: L’Arbre et la Source

Message par TERRA le Ven 5 Mar - 22:24

La mort ! un sacré sujet de sociologie qu'une de mes connaissance maitrise à fond !

Nos gènes possèdent notre histoire non ? et la mémoire de la matière existe il me semble?
c'est un sacré désavantage dans notre vie humaine sentimentale ,mais une formidable source interne à interroger.

Aria
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Re: L’Arbre et la Source

Message par Aria le Ven 5 Mar - 22:53

C'est exact Terra hé bien voilà deux sujets s'ils ne sont pas encore placés qui méritent de l'être
La mémoire de la matière et la mort en regard aussi de cette connaissance dont tu parles qui maitrise a fond la question, si celà te dis de nous faire partager
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TERRA
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Re: L’Arbre et la Source

Message par TERRA le Sam 6 Mar - 0:07

il fais partie (selon lui )d'une des personnes qui en connaissent le plus sur ce sujet dans les pays francophones . Au vu des bouquins ingéré par ce monstre , je n'en doute pas du tout ! il est complexe le bonhomme et dur à comprendre avec ses mots techniques: un vrai rat de bibliothèque .
pardon si je blesse quelqu'un avec cette expression ce n'est pas volontaire !

cordialement
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TERRA
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Re: L’Arbre et la Source

Message par TERRA le Sam 6 Mar - 0:11

Sinon il existe un sujet autre celui de la déesse kali en rapport avec l'arbre de vie et la culture hindouiste mais la encore ma culture personnelle y trouve une impasse temporaire je le souhaite.
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