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la piraterie somalienne, les causes

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alpacks
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la piraterie somalienne, les causes

Message par alpacks le Mer 15 Avr - 5:39

On parle beaucoup en ce moment des pirates somalien et du golfe d'Aden, mais peu de média en vrai on fait une réelle analyse du pays en remontant loin mais aussi en remontant les incivilités des autres pays comme la corée du sud et du japon qui ont profité de l'instabilité pour vider les eaux des poissons, et encore d'autres pays qui sont venus y vider leur dechet toxiques en mer depuis les plages ...

toutes ses choses qui contraindront les pecheurs somaliens a abandonner la peche pour devenir des gangs de pirates dans le but de sequestrer des bateaux qui désire emprunter le couloir du canal de suez pour rejoindre la méditheranée, passage obligatoire de l'océan indien a l'europe

le détroit de l'afrique dit souvent sous le nom du Cap, étant l'un des pires cimetierres a bateaux au monde étant encore craint et représentant un détour de près de 10 000 km ce qui économiquement serait très lourd en l'absence du canal de suez

mais rue 89 a fait un très bon résumé de la situation actuelle comme historique depuis l'indépendance, chose que nombre de média ne se sont pas foulé a faire, c'est mieux de ne parler que des pirates ...

http://www.rue89.com/explicateur/2009/04/12/la-cle-de-la-lutte-contre-la-piraterie-se-trouve-en-somalie

La réponse aux prises d'otages qui se multiplient passera nécessairement par la stabilisation de ce pays livré au chaos. Un voilier français, un porte-conteneurs américain, un remorqueur italien… Les dernières cibles attaquées au large des côtes somaliennes montrent que les pirates s'en prennent à tout ce qui bouge en mer, sans critère de taille, de nationalité ou de raison sociale.

Un phénomène croissant, auquel la réponse ne peut pas être exclusivement militaire, mais passe, sans nul doute, par la stabilisation de la situation en Somalie, l'un des Etats les plus instables au monde.

Etat des lieux en Somalie :

Pourquoi en Somalie ? Pourquoi maintenant ? Il y a l'histoire, la géographie, et surtout des enjeux colossaux : le passage de 20 000 à 30 000 navires par an, et surtout d'un tiers des hydrocarbures consommés sur la planète.

Le Golfe d'Aden, situé entre Somalie et Yémen, est en effet la voie de passage entre l'Océan Indien et la Mer rouge, l'un des axes maritimes-clé de la planète, ce qui explique pourquoi ces actes de piratage sont loin d'être anecdotiques.

La Somalie fait depuis des décennies l'objet de convoitises stratégiques. J'ai connu ce pays dans les années 70, alors qu'il abritait une base militaire soviétique, à Berbera, et faisait figure de phare progressiste dans les cercles tiers-mondistes européens.

Arriver à Mogadiscio, il y a trente-cinq ans, avait un parfum désuet de La Havane ou de Hanoï, le sentiment d'être dans un lieu où se faisait l'histoire…

Pauvre mais prometteuse, la Somalie, placée sous la direction d'un général, Mohamed Siyad Barré, semblait harmonieuse, avec une unité ethnique et linguistique que lui enviaient d'autres nations africaines désunies.

Cette unité somalie mise en avant à l'époque contraste avec l'éclatement et le morcellement actuels du pays. Mais c'était à l'époque sa principale force, un nationalisme pan-somali dont on mesurait mal les dangers.

Le drapeau de l'Etat somalien en était pourtant le symbole, avec une étoile à cinq branches incarnant les cinq piliers dispersés de la nation somalie : le Somaliland ex-britannique, le sud ex-italien, mais aussi l'Ogaden éthiopien, le district nord-est du Kénya, et la composante somalie de Djibouti, ex-colonie française.

Lors de l'accession du pays à l'indépendance, en 1960, seuls les deux premières « branches » ont rejoint le nouvel Etat, suscitant de vives tensions avec les voisins, jusqu'à une guerre pour le désert d'Ogaden, en 1977-78, lorsque Siyad Barré a cru que la révolution éthiopienne avait affaibli la défense de ce pays.

L'armée somalienne ne fut repoussée qu'à la faveur d'une intervention de l'armée cubaine au profit du nouveau pouvoir révolutionnaire éthiopien, provoquant un changement d'alliance à Mogadiscio.

L'alliance avec l'URSS fut donc dénoncée par la Somalie, et la base de Berbera évacuée, pour être aussitôt octroyée aux … Etats-Unis ! Ceux-ci devinrent le protecteur de ce régime ex-« progressiste » réaligné.

Mais la Somalie ne retrouva jamais sa stablité, et s'enfonça progressivement dans la division, puis le chaos. En 1991, le Somaliland, l'ex-protectorat britannique du Nord, décréta son indépendance, et Siyad Barré fut chassé du pouvoir. Le conflit dégénéra en guerre civile, provoquant la mort de 50 000 personnes dans les combats, et de 300 000 autres du fait de la famine.

L'échec de l'intervention internationale :

On est alors au lendemain de la fin de la guerre froide, dans l'illusion d'un nouveau monde fondé sur la coopération internationale. Les Etats-Unis interviennent militairement en Somalie pour appuyer l'action humanitaire, d'abord seuls puis dans le cadre d'une force internationale, l'Onusom.

On se souviendra des images, mises en scène comme à Hollywood, à l'heure des grands journaux télévisés américains, du débarquement des GI's venus sauver les pauvres africains qui meurent de faim.

On se souviendra, aussi, de Bernard Kouchner, alors ministre de la Santé de François Mitterrand, sac de riz à l'épaule, venu accompagner ce bel élan international d'une image qui ne le lâchera plus.

Le problème est que ce bel enthousiasme s'est vite refroidi, particulièrement du côté américain après la mort de plusieurs soldats lynchés par la foule. Les troupes américaines quittent la Somalie en 1994, le reste des forces de l'ONU l'année suivante. La communauté internationale tourna alors le dos à la Somalie, trop chaotique, trop difficile, trop lointaine…

Depuis, la Somalie est le symbole même de ces « Failed States », ces « Etats en échec », ou « Etats défaillants » selon une théorie controversée apparue dans l'après-Guerre froide. Elle en est même aujourd'hui l'un des derniers cas patents, d'autres candidats à ce titre négatif ayant retrouvé un semblant d'organisation, comme le Sierra Leone ou le Libéria.

Au cours des quinze dernières années, la Somalie a été le théâtre d'une guerre civile larvée, impliquant à la fois des clans régionaux, les pays voisins (Ethiopie, Erythrée…), et même les Etats-Unis, qui en ont fait l'un des théâtres d'opération de la « guerre contre le terrorisme » de l'administration Bush en raison de la présence d'élements d'Al-Qaeda au sein de la nébuleuse islamiste de ce pays.

Aujourd'hui, la Somalie ne dispose d'aucun pouvoir central effectif, partagée entre la province du Nord-Est, le Puntland, qui a pris le large de manère unilatérale, un pouvoir faible installé dans la capitale, Mogadiscio, et des « tribunaux islamiques » qui contrôlent une bonne partie du centre et du Sud du pays. Une intervention de forces de l'Union africaine ne parvient toujours pas à stabiliser la situation.

Dans ce contexte de totale instabilité, les conditions de vie de la population sont lamentables, et toute aide internationale se heurte à une insécurité généralisée. La Somalie est sans doute le pays où l'on vit le plus mal au monde aujourd'hui.

Comment combattre la piraterie ? :

Les premiers « pirates » sont apparus dans les années 1990 : il s'agissait alors de pécheurs somaliens appauvris par la pèche industrielle illégale à laquelle se livraient les flottes sud-coréenne et japonaise, profitant de l'absence d'Etat somalien pour pénétrer impunément dans ses eaux territoriales.

Ces pécheurs ont commencé par attaquer ces navires étrangers et par exiger le paiement de « taxes » compensant leur manque à gagner… Une autre explication mise en avant est le rejet de déchets toxiques dans les eaux somaliennes, là encore en raison de l'absence de contrôles.

Depuis, la piraterie a changé d'échelle, s'appuyant sur de véritables armées, bien équipées, munies de téléphones satellitaires pour leurs communications, et d'embarcations hyperrapides pour fondre par surprise sur leurs proies. De quelques dizaines, les pirates sont devenus des centaines, et sans doute des milliers. Et les « amendes » de quelques milliers de dollars sont devenues de véritables rançons de plusieurs millions.

Cette activité s'est d'abord développée dans l'ombre du Puntland, cet Etat qui ne dit pas son nom et que personne ne reconnait. Aujourd'hui, le Puntland tente difficilement de s'acheter une image plus honorable, et vient de condamner à des peines allant jusqu'à vingt ans de prison des pirates capturés, dans l'espoir sans doute d'obtenir des soutiens internationaux.

Les « tribunaux islamiques », pour leur part, ont d'abord tenté de s'opposer au phénomène, mais, selon certaines informations non confirmées, en contrôleraient en sous-main certains gangs, fournissant ainsi une source de revenus non négligeable.

La seule riposte internationale, pour l'instant, a été militaire. A la demande des pays victimes d'actes de piraterie, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 2 juin 2008 la résolution 1816 du Conseil de sécurité, qui autorise les navires militaires étrangers à :

« 1) Entrer dans les eaux territoriales de la Somalie afin de réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, d'une manière conforme à l'action autorisée en haute mer en cas de piraterie en application du droit international applicable ;

2) Utiliser, dans les eaux territoriales de la Somalie, d'une manière conforme à l'action autorisée en haute mer en cas de piraterie en application du droit international applicable, tous moyens nécessaires pour réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée. »

Depuis, une armada multinationale, comprenant des navires des pays membres de l'Otan, mais aussi de Chine, d'Inde et de quelques autres, patrouille l'immense zone maritime concernée, et bataille régulièrement avec les pirates, à l'image des forces spéciales françaises qui ont donné l'assaut vendredi au Tanit, ce voilier français qui était retenu en otage depuis une semaine. Le skipper a trouvé la mort dans cet incident, peut-être par des balles française pendant l'échange de tirs.

Les Etats-Unis sont désormais en première ligne, avec l'incident, mercredi, autour du cargo Alabama de la compagnie Maersk, qui a réussi à échapper à une attaque de pirates, mais dont le capitaine américain Richard Phillips a d'abord été aux mains des pirates, avant d'être libéré dimanche.

Les médias occidentaux en parlent évidemment lorsque leurs ressortissants sont concernés, mais oublient rapidement le dossier une fois l'affaire réglée, alors que les pirates retiennent encore quelque 260 marins en otage, dont 90 Philippins, et des dizaines de Thais, Pakistanais et autres nationalités moins « médiatiques ». Les statistiques de la piraterie sont en forte hausse : +200% l'an dernier, sans solution en vue.

La solution ne peut être uniquement militaire :

Mais si tout le monde se focalise sur les solutions militaires, en espérant que le déploiement de flottes du monde entier sera dissuasif, personne ne s'intéresse au sort de la Somalie, où se trouve pourtant la clé du problème. Ces jeunes Somaliens enrôlés dans des gangs de pirates ont-ils une alternative dans un pays exsangue, en guerre civile, oublié de tous ?

La solution du problème ne peut donc pas être uniquement militaire. Elle passe assurément par une solution au drame somalien. Plus facile à dire qu'à faire. Surtout quand on découvre que le cargo Alabama attaqué cette semaine contenait de l'aide alimentaire destinée à… la Somalie.

L'échec relatif de l'intervention française sur le Tanit tout comme l'impuissance américaine à sauver le capitaine Phillips devrait encourager une remise à plat de la stratégie internationale, et une concertation pour inclure un volet stabilisation de la Somalie dans la lutte contre la piraterie. Faute de quoi, pirate restera le seul métier d'avenir dans cette partie du monde où l'espoir n'est pas d'actualité.
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