Ufologie & Paranormal

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Supramental

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Raf Iki
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Nombre de messages : 23

Supramental

Message par Raf Iki le Jeu 15 Oct - 5:00

Certains ont peut-être déjà connaissance de ce personnage qui était connu il y a quelques décennies sous le nom de Sri Aurobindo. Après sa mort, bon nombre de ses élèves ont cherché à continuer son œuvre. On entendit notamment parler de la Mère et de Satprem; qui eux-même ont écrit quelques bouquins.

Mais celui dont j'aimerais vous parler ici porte le pseudonyme de Natarajan. Il tient (tenait, car je crois qu'il n'a pas été mis à jour depuis des années) un site web sur lequel l'intégralité de son travail est disponible. Et quelle œuvre ... certainement les textes les plus éclairés, les plus intelligents, les plus exhaustifs qui aient étés fait sur le fonctionnement de l'être humain, de sa psyché et de ses composantes.
Le degré d'érudition et de maîtrise de cet auteur à de quoi donner le vertige. Il pense à tout, et voit tout. Qu'il aborde la philosophie spéculative et opérative occidentale, la psychologie, les courants de pensées orientaux tels que le taoisme, bouddhisme, shivaïsme, zen etc ... cet homme est incollable. C'est pour moi un véritable éveillé, bien plus que de nombreux "maîtres" qui ont tendance à se revendiquer comme tels.

Je vous laisse juger de la qualité de son travail :

http://supramental.fr/supramental.php

Une fois sur le site, il faut aller dans la section "Les écrits" en haut à gauche, puis se laisser guider par les différents items selon votre attirance. Il n'y a pas forcément d'ordre bien défini à la lecture;

Pour ceux qui ne sont pas familiers d'Aurobindo et des concepts de supramental, pas de panique. Les écrits de Natarajan sont accessibles à tous; Il vaut mieux, en revanche, être ouvert à une forme de spiritualité, et non-hermétique à l'idée d'un divin (quel que soit ce que l'on met derrière ce mot). Si c'est le cas, alors vous allez prendre votre pied car la lecture de cet homme aide largement à progresser sur le chemin de la vie. Wink


Quelques extraits pour finir :

Natarajan a écrit:
Chaque instant est zazen, et dans n'importe quelles circonstances. L'idée de superposer au plan réel du temps qui passe, le premier plan de l'intention délibérée de l'observer, cela même induit une rupture dans le continu naturel de la durée. Une vraie méditation s'impose par elle-même, et en fixer l'horaire provient encore de l'orgueil du mental à se regarder dans le miroir sous son meilleur profil, ou bien il faut faire cela correctement, le cœur léger, dans de bonnes dispositions, et sans attribuer à ce moment une valeur supérieure. Sinon, quand on sort de la méditation, on s'imagine qu'on ne fonctionne plus à plein régime, et on recrée les dualités qu'on essaie d'effacer pendant la médit.
Beaucoup savent méditer parfaitement, et cela leur donne le change, mais c'est souvent comme les philosophes: sortis du dojo, du temple, du sanctuaire, ils ont des réactions génériques. Ils t'écoutent d'autant moins qu'ils se croient près de la vérité avec toutes leurs prothèses. C'est facile de créer des lieux de conscience. Par exemple, en jeûnant, on est sûr de décoller. On peut souffrir d'addictions spirituelles aussi, faire un tas de choses qui améliorent les performances, ou l'image que tu as de toi-même. Si la vanité s'en mêle, ça ne sert de rien. C'est l'humour du Divin. Il te fait porter des masques, jusqu'à ce que le plus beau, dont tu es si fier, t'apparaisse comme le pire de tous. Là, tu as une chance de passer.  
 
[...]
 
La seule chose dont il faut se libérer, c'est le moi qui cache le soi, c'est le moi accroché par la vie, hypnotisé par elle, se libérer, c'est juste le moyen de rendre la vie à l'Esprit, [...] Il ne guérit de rien, ne soulage de rien, il couronne tout bêtement la profondeur, parce que d'un seul coup toute l'étendue est accessible. On ne se sent plus distant de quoi que ce soit, on n'arrive plus à fabriquer de murs, et on peut se laisser aller. Mais ce laisser-aller n'est pas de la négligence, c'est sentir spontanément que tout ce qui arrive possède un sens, et on cherche beaucoup moins à contrôler, éviter ou obtenir. Que le rat ne cherche pas à devenir un aigle s'il vous plaît. L'éveil utilitariste, pour sortir de la roue des réincarnations, ou en finir avec la souffrance, c'est vraiment excrémentiel. Ne m'en parlez pas. Il n'y a pas plus de philosophie bouddhiste que chrétienne ou chinoise. Il y a de grandes fresques qui réduisent le Réel aux dimensions du mental humain, pour le meilleur et pour le pire. Il y aura toujours des personnes pour prendre le couteau par la lame, dans leur distraction ou leur précipitation.  
 
[...]
 
L'éveillé est simplement devenu pur, c'est à dire sans mélange. Il a rassemblé toutes ses motivations, ses ressacs d'ambition, ses gerbes de désirs, ses souhaits, tout l'assemblage qui va du désir au souhait d'être — au feu spirituel — tout cela est devenu la même flamme. Pour arriver là, l'éveillé a forcément souffert, mais il est bien évident que la dose diffère d'un individu à l'autre, et qu'on ne peut donc pas établir la souffrance comme une nécessité pour parvenir à la libération. Que cela ait été long ou pas, il a beaucoup donné. Il a forcément été trituré par le qui suis-je et le que dois-je, ou le puis-je me le permettre, avec tous les désirs, dont on pense parfois, à tort ou à raison, qu'ils constituent de véritables obstacles sur le chemin.
Mais ce travail dans le creuset n'a rien à voir avec ce que les hypocrites préconisent: la culture d'une qualité prépondérante qu'on développe et maîtrise, pour avoir bonne conscience et enterrer tout le reste. C'est vrai que la moitié de la philosophie, aussi bien en occident qu'en Chine ou en Inde, donne des sortes de recettes passe-partout. L'art d'avoir bonne conscience avec soi-même, en passant par une normalisation de la relation à la famille, aux institutions et à Dieu, c'est bien à cela que se résument les philosophies populaires religieuses, et même les philosophies athées. Une sorte d'opportunisme subtil, abstrait, voilà la ligne que suit l'esprit générique, l'intuition globale qu'il vaut mieux après tout faire le bien que le mal, puisque on récolte ce que l'on a semé.
 
Le mensonge est dans cet apprivoisement du Réel qui s'arrête immédiatement, dès que la sécurité est maîtrisée. Le moi ne plonge plus en lui-même, car il s'est identifié «correctement» aux espaces extérieurs qui menacent sa stabilité. Or, la stabilité, d'une certaine façon, c'est la mort. Il faut aller plus loin, mais à ce moment-là, plus personne ne vous encourage sauf les éveillés eux-mêmes, qui ne se contentent pas des liens familiaux, culturels, et des simagrées religieuses.
 
[...]
 
Si le philosophe est un redresseur de torts masqué, ce n'est pas un philosophe. Il s'agit simplement de dire ce qu'on a à dire, mais même le parti pris d'attirer les autres dans sa propre vision, n'est déjà plus de la philosophie. C'est là que nous touchons à l'essence de cette discipline, puisque l'auteur habile parvient, par la maîtrise de la logique, à obtenir l'adhésion de son lecteur, sans le forcer. Telle est l'ambition de la Raison. S'imposer par elle-même, du dedans, à tout individu sincère qui cherche par la logique à découvrir des vérités éternelles. Mais la conviction intérieure logique, celle qui fait que l'on devient cartésien, hégélien, ou marxiste, ne concerne pas le moi tout entier. L'individu se sera rendu à des raisons extérieures, il aura été conquis par un infaillible système, il aura été embrigadé tout en ayant eu l'impression d'avoir participé lui-même à cet embrigadement, en adhérant parfaitement au discours. C'est finalement le même principe pour les religions, dont aucune ne peut se passer de dogmatique, ou le même principe pour le bouddhisme, des tas d'assertions sont invérifiables, et comme il n'y a rien à croire «sur parole», il faut savoir s'arrêter à ce que l'on a vraiment intégré et rejeter le reste, ou en conserver seulement l'hypothèse.
 
Mais l'appel intérieur de l'éveil n'est pas comparable à ce qui procure l'adhésion à un système extérieur. Le futur éveillé est donc obligé de démantibuler tous ses modes d'identification abstraits qui le rattachent à une conception politique, religieuse, ou même spirituelle de la réalité.
Ce travail est parfois initié par les philosophes, qui ne veulent rien suivre d'autre qu'eux-mêmes, mais c'est bien le mental qui finit par reprendre le dessus et leur permet seulement de fabriquer un polygone régulier, dont le nombre de faces est variable, un miroir complexe dont ils se servent pour articuler leur existence, polygone qu'ils auront eu le mérite de façonner eux-mêmes, en venant à bout des imitations. Quelqu'un qui n'a jamais jubilé de se faire une vision synthétique du Réel (comprenant sa relation au monde) ne peut pas comprendre la philosophie. Comme l'éveil, la philosophie est un état d'esprit. Qui n'aime pas s'interroger ne peut pas devenir philosophe. Qui préfère les réponses aux questions doit évoluer par une autre voie, et elles sont nombreuses. La philosophie est impitoyable: si on pratique celle d'un autre, on court à la catastrophe. Si le philosophe ne se laissait pas prendre au jeu de ce qu'il met en forme, il cesserait de reprocher à l'éveillé son manque de rigueur, manque qui est en réalité une rigueur supérieure, absorbant des opposés, incluant des paradoxes, jusqu'à forcer les structures mentales elles-mêmes à s'élargir ou se rompre.

Bonne lecture ! ^^


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Re: Supramental

Message par astronef le Ven 16 Oct - 12:10

Merci pour ce partage!!!!
Satprem m'a beaucoup appris/désappris avec sa question:
Que reste-t-il lorsqu'il n'y a plus rien? c'est de cela dont il s'agit...


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Re: Supramental

Message par Raf Iki le Ven 16 Oct - 17:33

Oui tout à fait, c'est une voie assez classique somme-toute (celle du déconditionnement total); mais l'approche d'Aurobindo et ses élèves a le mérite d'être original et plus percutante que les textes traditionnels. Mieux adaptés à une sensibilité occidentale et à l'époque moderne aussi peut-être.

Bonne lecture !


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Re: Supramental

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