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"En Guadeloupe, rien n’a changé depuis l’esclavage"

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Schattenjäger
Equipe du Forum
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Nombre de messages : 30391

"En Guadeloupe, rien n’a changé depuis l’esclavage"

Message par Schattenjäger le Jeu 19 Fév - 14:36

Patricia Braflan-Trobo, universitaire guadeloupéenne, auteure de "Conflits sociaux en Guadeloupe" et directrice d’une agence ANPE à Pointe-à-Pitre, analyse la crise sociale et les tensions raciales, alors que le département d’outre-mer va entrer dans sa cinquième semaine de grève générale.

En Guadeloupe, les négociations sont bloquées. Comment sortir de cette impasse

Le seul moyen d’en sortir, c’est que l’Etat dégage des moyens financiers pour les bas salaires (à hauteur de 200 euros). Il s’était engagé auprès du collectif LKP. Aujourd’hui, Yves Jégo dit qu’il n’a jamais rien promis. Mais, en Guadeloupe, tout le monde a en mains un document qui prouve le contraire.

Si l’État finissait par accorder une hausse de 200 euros des bas salaires, les entreprises guadeloupéennes pourraient-elles mettre en place une telle mesure ?

En Guadeloupe, il y a plusieurs catégories d’entreprises et de patrons. Les patrons des 40.000 très petites entreprises, qui représentent environ 80% du tissu économique, se sont réunis. Ils sont prêts à faire des concessions, à réfléchir à des pistes, même s’ils n’ont pas les moyens de financer cette mesure.

Et il y a le patronat le plus réfractaire, celui du Medef. Ce sont les concessionnaires d’automobiles, par exemple. C’est ce patronat qui a les moyens de payer, et qui refuse de le faire. Beaucoup de chefs d’entreprises se sont nettement démarqués du Medef. Celui-ci est totalement isolé en Guadeloupe. Cette crise sociale, le Medef ne peut pas la concevoir.

Pour quelle(s) raison(s) ?

Les 200 euros représentent un symbole, qui dépasse le cadre de la revendication salariale. C’est un symbole destructeur et négatif pour le Medef, aux mains des békés, les blancs créoles. Et ces descendants de colons ont beaucoup de mal à comprendre que leur autorité soit contestée. Payer 200 euros pour eux représente une atteinte portée à leur hégémonie.

On a l’impression que plus le conflit s’enlise, plus les tensions raciales remontent à la surface.

La Guadeloupe est un département français, certes, mais c’est surtout un département post-esclavagiste et post-colonial. Rien n’a changé. L’économie coloniale et l’économie actuelle ont la même structure, avec d’un côté les colons et de l’autre les esclaves. Après l’abolition de l’esclavage, ce sont toujours les mêmes qui détiennent le pouvoir économique.

Il persiste un vrai problème de répartition des richesses. Les marges faites par les békés sont absolument abyssales en Guadeloupe et en Martinique, et je dirais même injurieuses pour l’être humain.

Quatre pots de yaourt coûtent 1,99 euros en métropole et 7,99 euros en Martinique. Le yaourt devient un produit de luxe. Si le collectif martiniquais revendique une hausse des bas salaires de 450 euros (contre 200 en Guadeloupe), ce n’est pas au hasard. Nous connaissons les marges, le profit fait par les békés. Même l’Etat a dit qu’il fallait sanctionner ces profits.

Après les blocages routiers, quelle est la prochaine étape de la contestation en Guadeloupe ?

Je ne peux pas dire avec certitude. Mais le conflit va certainement se durcir. La Guadeloupe a l’habitude des ruptures. Elle a aboli l’esclavage en 1794, bien avant la Martinique. C’est un territoire à révoltes, alors que la Martinique est par tradition beaucoup plus calme.

Et puis, les personnes du collectif LKP maîtrisent leurs dossiers et savent pertinemment que les grands groupes, comme Total, ont les moyens de donner. Ils font des profits grâce au travail des Guadeloupéens d’origine africaine et indienne et à leur consommation. Les Guadeloupéens réclament la justice sociale et la justice raciale.
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Invité
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Re: "En Guadeloupe, rien n’a changé depuis l’esclavage"

Message par Invité le Ven 20 Fév - 21:11

actuellement un ami en martinique sors rarement de chez lui ^^ a cause des tensions qui parfois règnent entre les "blancs et noirs" ... "lol" (genre les gens qui s'insultent souvent avec insultes raciales dans la rue etc. u_u)

le problème c'est que l'économie est toujours maintenue par des descendants d'esclavagistes (en martinique) et qu'ils influencent énormément l'économie (puisqu'ils y ont des investissements) en guadeloupe -ou gyuane je sais plus u_u mea culpa-

idem, il me racontait aussi que, si deux personnes ont un soucis judiciaire (et genre pas la même couleur de peau) ils seront systématiquement "accusés" inconsciemment de racisme et écoperont pour des amendes maximum u_u (et cela, quel que soit les "couleurs de peau" u_u)

***

bon a contrario, un pote de la reunion lui, m'expliquait que au contraire, il a jamais vu réellement de racisme etc. que la multitude des cultures, couleurs, origines etc. faisaient que tout le monde s'en foutait Very Happy (le meilleure des mondes ^^?...Very Happy)
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Macha
Administrateur
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Nombre de messages : 7174

Re: "En Guadeloupe, rien n’a changé depuis l’esclavage"

Message par Macha le Ven 20 Fév - 22:43

Tu cites le Medef, je cite l'Etat français qui maintient cette disparité financière.
Un exemple typique : Un agent de la fonction publique peut passer un concours en Métropole, puisque dorénavant elle dispose de plusieurs centres de concours. Ce qui n'était pas le cas auparavant. Tous les candidats devaient monter sur Paris. Par contre pour les DOM, ça n'a guère changer. Ils doivent se déplacer en France pour passer les concours et attendre une mutation pendant 5 ans voir 10 ans pour retourner chez eux. Par contre une catégorie A, n'aura aucune difficulté à trouver un poste à responsabilité et touchera son salaire en fonction de son grade et de sa fonction, mais bénéficiera d'une prime de 40% en plus pour compenser les prix élevés. Pour les congés bonifiés également. A cela vous ajoutez pour ces catégories des logements de fonction plutot sympas. Ils toucheront donc tous les mois leur salaire + 40%. J'ai un copain qui venait de Nouméa pour suivre la préparation au Ira avant de passer le concours. Il a du se débrouiller pour se trouver une chambre pas trop chère pour 1 an. Et pour lui pas de compensation financière et il ne touchait que 80% de son salaire sans prime. Il a du payer son billet pour venir.

Par contre, les fonctionnaires des Dom qui travaillent en métropole toucheront une prime de 40% sur 2 mois tous les 3 ans quand ils profitent de leur congé bonifié pour retourner chez eux.

Certaines de mes amis ont attendu 15 ans une mutation qui leur était systématiquement refusée, parce qu'aucune création de poste, hormi la création de poste de catégorie A. Il a fallu attendre cette fameuse catastrophe en avion pour qu'elles soient mutées parce qu'elles avaient perdu l'une sa mère et l'autre son père. L'Etat là n'a eu aucun souci pour créer des postes (nécessaires cela dit) et a fait preuve de "générosité".

Et je ne pense pas que les petites catégories touchent une prime compensatoire.

Tous les postes importants sont détenus par des fonctionnaires de métropole, qui ne connaissent absolument pas le fonctionnement des insulaires, en général c'est souvent leur premier poste. Et c'est bien dommage. Peu d'énarques de couleur. Les préfets et sous préfets sont blancs et ont une vue de l'économie qui correspond à celle du Médef pas à celle des petites entreprises qui galèrent pas mal pour y arriver. Donc oui quand tout va mal là-bas les fantômes du passé ressurgissent, sans doute parce que quelque part ça n'a guère changé. Beaucoup de jeunes préfèrent par contre venir en métropole poursuivre leur études quitte à repartir ensuite créer leur entreprise, faut-il encore que les banques jouent le jeu.

Donc au vu de tout cela, je comprends que les DOM commencent sérieusement à bouger. Par contre,ça ne justifie pas les violences gratuites, le vandalisme et mort d'une personne.
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