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Légendaire Cotentin : Saint-Sauveur-le-Vicomte à l'abbaye de Blanchelande

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Robot U&P
Robot d'animation

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Légendaire Cotentin : Saint-Sauveur-le-Vicomte à l'abbaye de Blanchelande

Message par Robot U&P le Lun 28 Oct - 10:49

http://leblogdemerlin.blogspot.fr/2010/10/legendaire-cotentin-v.html


SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE
Le château de Saint-Sauveur

Saint-Sauveur-le-Vicomte
Saint-Sauveur-le-Vicomte, petite ville d’Art et d’Histoire au cœur du Cotentin est la patrie de l’illustre Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) qui la disait « jolie comme une bourgade d’Écosse ». Je la découvris au matin, sous un ciel aveuglant de blancheur. J’allai d’abord voir son château du XIIe siècle et photographier, sur la place, l’admirable buste de Barbey par Rodin. L’écrivain est sculpté avec ce regard un peu hautain qui lui sied bien. Que dire sur le l’histoire de ce château si ce n’est qu’il a subi de nombreux sièges : en 1156 les Anglais s’en emparèrent, les français le reprirent en 1375 puis Louis XIV le transforma en hospice.
Le musée Barbey d’Aurevilly, situé dans la maison natale de l’écrivain, retrace sa vie. Grand passionné de surnaturel, auteur d’histoires sombres et fantastiques dont les plus mémorables sont l’Ensorcelée, Le bonheur dans le crime, Un prêtre marié, Une veille maîtresse. Le « connétable des Lettres » se lia d’amitié avec Charles Baudelaire.

 


B.A. par Rodin.

 
Il naît le jour des Morts, le 2 novembre 1808, et manque d’être étouffé par le cordon ombilical car sa mère disputait une partie acharnée de whist et refusait de quitter la table de jeu. Il passa toute sa jeunesse à St-Sauveur. Puis il part poursuivre ses études à Paris, ville où, après sa rupture avec ses parents en 1833, il vivra de sa plume, écrivant surtout pour la presse. « Mon adorable famille m’a toujours chanté que j’étais laid » voilà sans doute pourquoi ce dandy sera, toute sa vie, très soucieux de la mode et soignera son apparence vestimentaire. En 1856, après sa réconciliation avec ses parents, il revient régulièrement à St-Sauveur et à Valognes. Il meurt le 23 avril 1889 à Paris, trente-sept ans après, le 23 avril 1926, ses cendres seront à St-Sauveur où il repose maintenant, au côté de son frère prêtre.

« Je me soucie peu de la gloire des biographies. La mienne est dans l’obscurité de ma vie. Qu’on devine l’homme à travers les œuvres, si on peut. » Écrivait-il avec humilité ; voilà pourquoi j’achève cette petite biographie. La prochaine étape de mon périple, les lecteurs de son Ensorcelée, devront la deviner : l’abbaye de Blanchelande.


ABBAYE DE BLANCHELANDE

Abbaye de Blanchelande


« Le dernier coup de minuit n’avait pas encore fini d’osciller à nos oreilles, qu’à un point plus distant et plus enfoncé dans l’horizon, nous entendîmes résonner non plus une horloge de clocher, mais une grosse cloche, sombre, lente et pleine, et dont les vibrations puissantes nous arrêtèrent, maître Louis Tainnebouy et moi, pour écouter.


« Qu’est-ce que cela ? – fis-je. – La cloche à cette heure ! C’est bien étrange. Est-ce que nos oreilles nous corneraient, par hasard ?...


– Vère ! Étrange en effet, mais réel ! – répondit d’une voix que je n’aurais pas reconnue si je n’avais pas été sûr que c’était lui, maître Louis Tainnebouy, qui marchait à côté de moi dans la nuit et le brouillard ; – voilà la seconde fois de ma vie que je l’entends, et la première m’a assez portée malheur pour que je ne puisse plus l’oublier. La nuit où je l’entendis, Monsieur, il y a des années de ça, c’était de l’autre côté de Blanchelande, et minute par minute, à cette heure-là, mon cher enfant, âgé de quatre ans et qui semblait fort comme père et mère, mourait de convulsions dans son berceau. Que m’arrivera-t-il cette fois ?


– Qu’est donc cette cloche de mauvais présage, – dis-je à mon Cotentinais, dont l’impression me gagnait.


– Ah ! – fit-il, – c’est la cloche de Blanchelande qui sonne la messe de l’abbé de La Croix-Jugan.


– La messe, maître Tainnebouy ! – m’écriais-je. – Oubliez-vous que nous sommes en octobre, et non pas en à Noël, en décembre, pour qu’on sonne la messe de minuit ?


– Je le sais aussi bien que vous, Monsieur, – dit-il d’un ton grave ; mais la messe de l’abbé de La Croix-Jugan n’est pas une messe de Noël, c’est une messe des Morts, sans répons et sans assistance, une terrible et horrible messe, si ce qu’on en rapporte est vrai. »

Ces lignes, d’après l’Ensorcelée de Barbey d’Aurevilly, nous montre à quel point, autrefois, les légendes rendaient sulfureuse cette abbaye de Blanchelande, à Neufmesnil. Édifiée au XIIe siècle par les Prémontrés, elle subit les tourments de la révolution et fut dissolue. Son église et son cloître médiéval furent détruits. Depuis, elle n’a cessé de changer de mains. En ce début d’année 2010, elle fut une nouvelle fois vendue. On ne la visite pas. Mais au fait, quelle est cette messe d’outre-tombe dont parle maître Tainnebouy ? Quel est cet abbé de la Croix-Jugan ? Une créature, moine chouan qui retrouve après une tentative de suicide, le chemin de l’Église. Mais lors de sa première messe, le jour de Pâque, au moment de l’O salutaris hostia ! un coup de fusil partit du portail resté ouvert. L’abbé s’abattit sur l’autel. Il était mort. Il était assassiné. Et toute l’église, frappée d’une terreur immense, hurla d’effroi. Depuis lors, on raconte que l’abbé de La Croix-Jugan revient, certaines nuits, dire sa messe inachevée à l’abbaye de Blanchelande tandis que toute l’église serait illuminée de rouge. Il apparaîtrait uniquement les nuits où sonnent les neuf coups de l’Introït, à dates irrégulières et éloignées. 


Poterie Saint-Nicolas, abbaye de Blanchelande

Je pris quelques photographies du logis abbatial, construit en 1740, depuis les abords de la propriété. Le soleil, glissé parfois entre deux nuages, éclairait d’une froide clarté cet endroit ensorcelant. Puis je me rendis immortaliser la poterie Saint-Nicolas, elle-même inscrite aux Monuments Historiques. Mais une longue chaîne en empêche l’accès. Je ne suis pas le premier à me heurter à cet infranchissable obstacle !
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