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Adieu Bush, et bon débarras !

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Schattenjäger
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Adieu Bush, et bon débarras !

Message par Schattenjäger le Ven 16 Jan - 21:40

(Source : Courrier International)



Nous aimerions que nos pires présidents soient shakespeariens. Mais sur ce plan-là aussi George Bush nous a déçus. La banalité du mal est un concept trop grand pour W. et il n’aura même pas été un “méchant” mémorable. Il n’aura été qu’un minus. Le dernier sondage réalisé par NBC et le Wall Street Journal montre que 79 % des Américains ne le regretteront pas lorsqu’il aura quitté la Maison-Blanche. De quoi s’apitoyer sur son sort, jusqu’au moment où l’ampleur du désastre qu’il laisse derrière lui revient à l’esprit. Il s’étend du Moyen-Orient à Wall Street et de Main Street jusqu’au ciel, qui a constitué un refuge sûr pour les toxines sous son intendance passive. Le fossé entre la grandeur de l’échec et la stature de l’homme est stupéfiant. Nous essayons encore de le mesurer.

Le seul talent indiscutable de son gouvernement aura été sa capacité à fabriquer de la propagande et à la vendre aussi bien au public qu’aux médias. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de tours dans ce sac-là non plus. La première et la dernière séance de photos de Bush en Irak suffisent à résumer toute sa présidence. Son voyage secret à Bagdad en 2003 pendant le week-end de Thanksgiving, au moment où l’insurrection irakienne gagnait en puissance, était un coup de relations publiques. La photo du commandant en chef apportant aux soldats américains une dinde aussi énorme que fausse avait pour mission de faire la une de tous les journaux écrits et télévisés du pays. Ce qu’elle a fait. Cinq ans plus tard, lors d’une visite qui se voulait une tournée d’adieu victorieuse montrant à quel point la sécurité s’était améliorée en Irak, Bush s’est retrouvé à devoir courber l’échine pour esquiver un tir de chaussures. Il a tout de même tenté de présenter l’incident comme une réussite de son programme de promotion de la démocratie en affirmant : “C’est ce qui arrive dans une société libre.” Il avait prétendu la même chose trois ans plus tôt, au lendemain des élections palestiniennes qui ont abouti à la victoire écrasante du Hamas. “Il y a quelque chose de sain dans un système qui permet de faire cela”, avait-il déclaré avant de féliciter les électeurs Palestiniens d’avoir rejeté “la vieille garde”.

Les ruines des grandes priorités politiques du gouvernement Bush sont visibles non seulement à Gaza mais aussi dans le nouvel Irak “démocratique”, où le journaliste qui a lancé ses chaussures sur le président américain a été jeté en prison sans autre forme de procès et aurait même été torturé.

L’Irak a brûlé, La Nouvelle-Orléans a été inondée, et à aucun moment Bush n’a pris conscience qu’il avait gaffé. Les Américains ont arrêté de l’écouter après le passage de l’ouragan Katrina en 2005, mais il n’a toujours pas compris que cette défection était définitive. Il a dernièrement promis de ne pas voler la vedette à Barack Obama lorsqu’il serait à la retraite – comme s’il était vraiment en mesure de le faire. Le dernier sondage CNN montre que seuls un tiers de ses concitoyens veulent le voir continuer à jouer un rôle dans la vie publique. Bush ne voit pas non plus que sa machine à propagande est enrayée. Sur le départ, il continue à essayer d’une façon presque poignante d’écouler sa marchandise. Bien que personne ne l’écoute, il a donné davantage d’interviews de départ que Clinton ou Reagan. Avec quel­ques vieux amis, dont Karl Rove, il a entrepris de récrire l’héritage des années Bush. On peut ainsi télécharger sur le site web de la Maison-Blanche un livret* contant les “grands moments” de sa présidence, avec ses “réussites et résultats”. Ce document de 52 pages richement illustré de photos de Bush posant avec des Noirs et des soldats est l’équivalent littéraire de la fameuse bannière “Mission accomplished”. On peut y lire que Bush a assuré la sécurité de l’Amérique (à condition de faire démarrer sa présidence le 12 septembre 2001). Qu’il a donné aux Etats-Unis une croissance économique record (à condition de clore sa présidence en décembre 2007). Qu’il a vaincu tous les chefs terroristes d’Al-Qaida (oublions Ben Laden et Al-Zawahiri). Qu’il a offert à l’Afghanistan une “économie de marché” prospère (si l’on prend en compte son florissant commerce d’opium).

Si c’est ce que Bush et son équipe ont trouvé de mieux comme panégyrique, ils auraient mieux fait de s’en passer. Cherchant désespérément de quoi le remplir, ils consacrent même quatre pages ridicules à dépeindre notre cher président comme un ardent défenseur de l’environnement.

L’impudence du récit de la réalité parallèle dans laquelle vit Bush est toutefois révélatrice. L’outrecuidance de son boniment nous aide à mieux comprendre comment un être si insignifiant a pu causer autant de dégâts. D’autres indices sont fournis par ses nombreuses interviews de départs dans les journaux et à la télévision. L’homme qui se dégage de tout cela est un Narcisse qui n’a aucune conscience de ce qu’il est ni de ce qu’il fait. C’est cette arrogance qui lui a permis de rester indifférent aux réalités les plus douloureuses. Le président qui s’est illustré pour avoir été incapable, lors d’une conférence de presse en 2004, de citer une seule erreur au cours de son premier mandat l’est toujours autant. En revanche, il sait très bien rejeter les responsabilités sur les autres. Au journaliste qui lui a demandé s’il se sentait un tant soit peu responsable de l’effondrement de l’économie, il a répondu que “les gens se rendront compte que bon nombre des décisions qui ont été prises concernant Wall Street remontent à une dizaine d’années”. Et à celui qui a voulu savoir si les élections de novembre 2008 ont exprimé un rejet de son gouvernement, il a expliqué qu’elles ont plutôt été “un rejet des républicains”.

Les attentats du 11 septembre sont venus de nulle part”, a-t-il déclaré dans une autre interview, comme si les services de renseignements ne l’avaient pas averti de façon répétée, pendant l’été 2001, de la possibilité d’un attentat d’Al-Qaida. Et c’est “la défaillance des services de renseignements”, et non pas son évocation incessante de “champignons atomiques”, finalement imaginaires, qui nous a précipités en Irak. A-t-il trop attendu avant de changer de stratégie en Irak ? “Ce qui peut sembler une éternité aujourd’hui, a-t-il déclaré, semblera peut-être demain n’avoir duré qu’un instant.” Allez donc dire cela aux familles des milliers de personnes qui ont perdu la vie pendant ce court instant de plusieurs années où Bush ne pensait qu’à tenir jusqu’au bout.

Le principal trait de caractère mis en évidence par le dernier grand coup de la propagande bushienne est sa capacité infinie à s’apitoyer sur son sort. “J’ai été un président de temps de guerre et la guerre est une chose épuisante”, a-t-il déclaré sur la chaîne télévisée C-Span. “Le président finit par porter dans son âme la douleur de beaucoup de gens.” Ses visites aux hôpitaux militaires “apportent donc toujours un grand réconfort”, a-t-il expliqué au Wall Street Journal. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce qui le préoccupe est de se réconforter lui-même, et non les hommes et les femmes grièvement blessés qu’il a envoyés à la guerre sous de faux prétextes. C’est “le consolateur en chef” qui “est consolé”, a-t-il ajouté, par “la force du peuple américain”. Le peuple américain est sûrement soulagé de le savoir.

Avec une telle dose d’égoïsme, il n’est pas étonnant que Bush ait pu rester de marbre pendant qu’il précipitait le pays dans l’abîme. Sa suffisance est renforcée non seulement par son ­statut de rejeton de l’une des dynasties aristo­cratiques des Etats-Unis, mais aussi par sa conviction que son action est bénie d’en haut. En décembre dernier, un journaliste lui a demandé ce que son passage au pouvoir lui avait appris : “J’ai appris que Dieu est bon, a-t-il répondu. Tout le temps.

Encore une fois, il fait porter le chapeau à d’autres. Mais cette présidence n’a pas été l’œuvre de Dieu. Si Bush a échoué, c’est plutôt parce qu’il a fait tourner toute sa présidence autour de lui.
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