Ufologie & Paranormal

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Sebastien Tellier face à Pierre Lagrange

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Macha
Administrateur
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Nombre de messages : 7174

Sebastien Tellier face à Pierre Lagrange

Message par Macha le Lun 17 Déc - 7:46

Amusant ce chassé croisé entre S. Tellier et P. Lagrange et le journal Klaatu, à la fois interviewer et interviewé ... Smile
(Mars et avril 2012)

Sébastien Tellier face à Pierre Lagrange
Partie 1


Après-midi du 22 mars. Appartement cossu parisien et soleil de plomb. Pierre Lagrange sirote son verre de jus d’orange tandis que Sébastien Tellier termine ses sublimes anglaises dans la salle de bain. OK, tout le monde est prêt ? C’est parti pour une heure et demie d’échange entre deux personnes qui n’ont pas beaucoup en commun, en théorie. Sauf peut-être une curiosité sans limite

Prologue

Lagrange : La dernière fois que je vous ai vu c’était chez Ruquier, je crois.

Tellier : Ha ouais, c’était marrant. J’avais eu des problèmes avec Hortefeux, je crois. J’avais fait une blague sur les immigrés qu’il avait hyper mal pris.

L : Ha ça… ils sont un peu susceptibles.

T : Moi j’avais proposé de renvoyer les immigrés en catapultes plutôt qu’en avion. Il avait pris ça pour un truc insultant alors que c’était juste une blague, quoi. Il est un peu tendu le mec, je crois.

Lagrange @ Klaatu : C’est quoi votre idée, en fait ?

Klaatu : Sur son nouvel album, Sebastien utilise une iconographie et un discours proche de ceux qui ont cette position de “contactés” ou de “messie” extraterrestre. On voulait rentrer à fond dans le concept de l’album et le confronter à un spécialiste des para-sciences qui aurait une position de debunker.

L @ T : Mais c’est un thème qui vous intéresse, vous ?

T : Oui.

L : Et ça a servi d’influence à l’album ?

T : Un peu. Ce que j’explique dans l’album c’est que je suis né dans les étoiles. Qu’on m’a envoyé sur Terre suite à l’explosion de mon étoile et je me retrouve là et au lieu de tout faire foirer, j’essaye de faire en sorte que ça se passe bien.

L : C’est Superman, ça!

T : Ouais, enfin, c’est ce que je raconte dans mon album, mais ce n’est pas la réalité malheureusement. Je suis né à Cergy-Pontoise, moi, ça n’a rien à voir.

L : Ceci dit, Cergy-Pontoise, on est pas loin, parce qu’en 1979 il y a eu un enlèvement.

T : Ha bon ?

L : Le 26 novembre 79, un type a disparu pendant une semaine et a annoncé avoir été kidnappé. Après, une enquête a montré plus ou moins que c’était une arnaque, mais ses copains étaient allés prévenir la gendarmerie pour dire qu’il avait disparu dans une boule de lumière. L’endroit est devenu célèbre puisque les 15 août 80 et 83 ont eu lieu des rassemblements de milliers de gens venus pour attendre les extraterrestres.

T : A Cergy-Pontoise, c’est fou.

L : Oui, dans le champ de choux à côté de la Justice Mauve, un endroit absolument abominable pour une rencontre avec des extraterrestres. C’est d’une tristesse…

T : Ouais, ils auraient pu mieux choisir leur coin. J’habitais déjà là-bas à ce moment-là.

L : J’y étais en 83 et on avait passé un questionnaire aux gens sur place. C’était un peu particulier, le journal de 20h avait annoncé le truc et après, des milliers de gens sont arrivés. Des baraques à frites et tout! Enfin bon…

K @ T : Donc toi, t’es arrivé en 79 du coup ?

T : Haha ouais, j’avais 4 ans, j’étais au rendez-vous. Donc il y a peut être quelque chose.

L : A l’époque, c’est même un truc dont on avait parlé à l’étranger. Mais la mémoire populaire est courte. C’est marrant parce que c’est une affaire dont on parle encore en Espagne. Sur Canal+, là bas, il y a encore eu une émission récemment.

T : C’est vrai qu’en France on en parle pas trop. Même s’il y a des trucs de temps en temps, comme sur Direct 8.

L : Ils font des soirées où ils récupèrent de vieux enregistrements, notamment de gens que je connais. C’est marrant parce qu’ils parlent de trucs qui sont très vieux et on se rend compte que c’est des interviews qui date de quatre, cinq ans. Ils n’ont pas les moyens de faire de vrais émissions alors ils recyclent.

Première Partie

K @ T : Tu pourrais nous présenter l’Alliance Bleue ?

T : C’est un mouvement que je crée aujourd’hui. Ce n’est pas basé sur une religion ou une philosophie. Ce n’est pas une secte, c’est juste un mouvement qui a pour but de réunir autour de moi des fidèles. On ne va pas changer le monde, on n’est pas spécialement utopiste, mais on voudrait créer un monde parallèle, un espace de liberté. On ne vit qu’une fois malheureusement et on voudrait au moins une fois toucher à la liberté. Donc c’est un parc d’attraction pour adultes. Enfin, si j’ai les financements et un mécénat assez important. Je veux créer une vraie poche de liberté où on aura le droit de conduire vite, de casser des vitres, on aura le droit de s’empiffrer de pains au chocolat. C’est ça que je veux. Je crois aussi beaucoup aux manèges. On réfléchit mieux quand on s’amuse. S’amuser pour amener à l’éveil. Ce que je veux, c’est créer des manèges de pensée où on réfléchit tous ensemble.

K : Comment t’es venue cette idée d’Alliance Bleue ?

T : En fait, moi je suis passionné par le vaudou et j’avais envie de faire un truc en rapport avec la transe. Bon, c’est pas vaudou mais j’ai eu envie de rencontrer un chaman. Donc une fois à Los Angeles, comme il y a des connexions avec le Mexique, j’ai demandé si je pouvais rencontrer un chaman pour vivre une grande transe afin de m’inspirer pour un album. Je suis tombé sur un mec, pas vraiment un charlatan, mais un chaman en survet’. Je suis allé chez lui, il m’a fait goûter des potions qui n’ont pas marché… sauf la dernière. Alors, je ne sais pas si c’était une mise en scène, mais là j’ai eu des rêves bleus. Comme les gens qui prennent de l’acide. Moi je ne prend pas d’acide, seulement des potions magiques. Quand je suis rentré chez moi à Paris et que j’ai voulu composer, j’ai repensé à ces rêves et des notes bleues me sont venues. Est née de ça mon idée d’Alliance Bleue. Finalement, tout est parti d’une petite potion magique.

K : Comment peux-tu expliquer que cette transe terrestre a fait remonter des influences interstellaires ?

T : Parce que c’est ça qui me plaît. Ce que j’aime dans la vie, c’est la tendresse et les étoiles. Finalement, le reste c’est des bonus. Je suis fasciné par ce qu’on ne comprend pas. Donc My God Is Blue c’est ça. Comme pour les ovnis, ce qui est beau, c’est de croire en des choses pour lesquelles on a pas de preuves concrètes. C’est comme croire au Père Noël ou en l’amour.

K : Donc l’amour n’existe pas ? Ni le Père Noël ?

T : Ouais, j’imagine que pour vous c’est une grosse news, désolé. L’album est là-dessus, la beauté de la foi, sans s’intéresser à la foi en quoi. On peut dire que ça domine tout le reste, c’est plus haut que l’homme. C’est du niveau des étoiles.

K : La foi c’est un thème qu’on retrouve aussi dans Contact.

L : Oui, dans le film de Zemeckis, le thème a été tiré vers les rapports entre religion et sciences. Dans le livre, c’est plus subtil. L’histoire se finit bizarrement, elle a vécu quelque chose qu’on n’arrive pas à démontrer. Ce roman est vraiment intéressant, il est écrit par l’astronome Carl Sagan, le pape de Seti*. C’est lui qui a porté l’idée, pendant des années, selon laquelle il fallait écouter le ciel pour essayer de capter un message. Il était aussi opposé aux ovnis, d’ailleurs. Quand il était jeune, il était passionné par les soucoupes volantes mais en vieillissant, il a fait une séparation entre le projet Seti, qui est un projet sérieux, et les ovnis qu’il considère comme moins sérieux. Ce qui est intéressant, c’est que le livre et le film finissent comme c’est toujours le cas en ufologie. Le personnage a vécu quelque chose qu’il est dans l’incapacité de démontrer. L’idée, c’est que si l’on vit un contact avec quelque chose qui nous dépasse, par définition, on est incapable de le prouver.

T : Voilà. C’est indicible.

Sébastien Tellier

Pour lire la suite de la 1ère partie de l'interview : http://klaatumag.com/alliance-bleue_sebastien-tellier-pierre-lagrange-part1/

Sebastien Tellier face à Pierre Lagrange
Partie 2


Suite et fin de l’interview croisée entre le sociologue des sciences et spécialiste des affaires ufologiques, Pierre Lagrange, et Sébastien Tellier dont le nouvel album My God Is Blue sort le 23 avril prochain

Seconde Partie

T : Votre métier, c’est donc plus d’expliquer que “oui, ça existe” ou “pourquoi c’est faux” ? Ou vous faites plutôt une analyse neutre ?

L : J’essaie d’être neutre mais on ne l’est jamais vraiment. Mon objectif, c’est de comprendre les controverses. Les gens n’arrêtent pas de s’engueuler sur ces sujets et j’essaie de comprendre les argumentaires employés pour voir comment les différents mondes, scientifiques et para-scientifiques, pourraient s’accorder. On le voit avec les évènements des jours derniers (interview réalisée le jour de la mort de Mohammed Merah, ndlr) : nous n’avons pas tous la même manière de voir le monde, les visions peuvent être radicalement opposées. Aujourd’hui, il est plus urgent que jamais d’apprendre à vivre ensemble au-delà de nos différences parce qu’on ne pourra jamais tous se mettre d’accord. De toute façon, ce ne serait pas souhaitable. Ce serait une utopie abominable où tout le monde aurait la même idée dans la tête. Ce serait terrible. La diversité, c’est bien mais il faut apprendre à la gérer. C’est ce qu’on appelle le grand partage des différentes façon de penser.

T : Ha oui, j’ai lu ça dans vos articles. C’est votre théorie.

L : C’est un vieux truc des anthropologues, débattu depuis des décennies. Lévi-Strauss avait essayé de résoudre le truc en publiant La Pensée Sauvage mais ça n’avait pas été réglé. L’anthropologue qui, je pense, a réglé cette question c’est Jack Goody. Il a montré que nos façons de penser évoluaient avec nos moyens techniques. L’invention de l’écriture a complètement fait dévier l’évolution des civilisations. Puis l’imprimerie a révolutionné le savoir. Quand on a découvert que Newton, la figure pour nous de la rationalité, avait passé sa vie à faire de l’alchimie, c’est un choc. Les historiens sont encore traumatisés. En France, ils n’en parlent pas, ils se disent que ça mettrait trop la pagaille. Il y a une masse de travaux qui sont publiés en anglais mais non traduits en français parce que les historiens ont du mal à gérer un truc pareil, si loin de l’image du scientifique rationaliste. Or, Kepler, qui était astronome, faisait des horoscopes, ainsi que Galilée. En fait, tous les fondateurs des sciences modernes étaient imbibés d’occulte jusqu’à la racine des cheveux.

Pierre Lagrange
T : Et ça peut être vrai ?

L : Aujourd’hui c’est réactualisé par les gens qui pensent qu’il y a des continents disparus, comme l’Atlantide. Ce sont des théories très marginales.

T : Parce que si c’était vrai, on retrouverait des objets, des outils, non ?

L : On en a retrouvé. On a trouvé une pile électrique à Bagdad, dans un chantier archéologique. Trouver une pile électrique à Bagdad… au début ça a été classé comme objet de culte. Puis un ingénieur allemand a découvert qu’on retrouvait tous les composants d’une pile électrique dans cet objet qui date de 300 ans avant Jésus-Christ. Donc Volta, enfoncé.

K : C’est le problème des OOPArt*…

L : Comme la machine d’Anticythère : un mécanisme d’horlogerie trouvé au fond de la mer Egée, d’une finesse impressionnante. Ce serait une horloge astronomique très ancienne. Donc on peut imaginer qu’on a en effet perdu un savoir à un moment de notre histoire. Je ne pense pas non plus que ces savoirs étaient équivalents. En Mésopotamie, ils goudronnaient les routes, par exemple. Et puis quand on voit ce que les Romains ont bâti, ça devait être très impressionnant à l’époque.

T : Ça devait être magnifique. Même au niveau des couleurs, ils utilisaient des pigments particuliers, il avaient notamment un bleu superbe.

Suite de la partie 2 : http://klaatumag.com/my-god-is-blue_sebastien-tellier-pierre-lagrange-part2/
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