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Frankenstein en Ecosse

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Apollyôn
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Frankenstein en Ecosse

Message par Apollyôn le Ven 13 Juil - 10:21

Une équipe internationale d'archéologues a découvert récemment que deux momies découvertes dans les Hébrides étaient en fait composées de restes provenant de plusieurs personnes, tel le monstre de Frankenstein. Les restes momifiés, vieux d'environ 3500 ans suggèrent que les premiers habitants de l'île de South Uist avaient des rites funéraires pour le moins singuliers.

La côte occidentale de South Uist fut densément peuplée pendant une pério de allant de 2000 av. J-C jusqu'à la fin de l'époque viking, vers 1300. Les chercheurs, sous la direction de l'archéologue Michael Parker-Pearson de l'université de Shefield ont effectué des fouilles à côté du cimetière moderne de Cladh Hallan, qui a donné son nom au site. L'équipe a rapidement exhumé trois maisons circulaires d'un village qui semble avoir été occupé entre 2200 et 800 av. J-C. Il y a un peu plus de dix ans ils ont découvert, sous l'une de ces maisons, deux squelettes ainsi que les restes d'une adolescente et d'un enfant de 3 ans.



Les deux premiers corps avaient été enterrés en position foetale et présentaient des traces de momification. Des indices chimiques laissent penser qu'ils furent en premier lieu enterrés dans une tourbière pendant au moins une année. L'acidité et la faible oxygénation de la tourbe détruisent les bactéries responsables de la décomposition. Après ce traitement les deux corps furent sortis de la tourbe et enterrés.

Mais, d'après les chercheurs, "quelque chose clochait" avec ces squelettes. La mandibule de la femme ne s'articulait pas avec le crâne par exemple. Un examen plus poussé de l'homme, selon le Journal of Archeaological Sciences, a permit de montrer que les vertèbres cervicales étaient atteintes par l'arthrite mais pas le reste de la colonne vertébrale. La mandibule avait toute ses dents, mais celles-ci étaient usées par le frottement avec les dents du haut, alors que la mâchoire supérieure était totalement édentée. L'équipe en a conclu que les squelettes résultaient d'un assemblage de restes humains provenant d'au moins trois personnes, séparés dans le temps de plusieurs centaines d'années.

Des analyses ADN menées sur les ossements de la femme par Terry Brown, de l'université de Manchester ont révélé que la mandibule, des os des bras et un fémur venaient chacun d'une personne différente, sans liens de parenté. Les ossements furent assemblés durant une période allant de 1310 à 1130 av. J-C. Parker-Pearson estime pour sa part que cet assemblage a été effectué au fur et à mesure, sur des dizaines d'années, et non d'un coup.

quand à savoir pourquoi, c'est un autre paire de manches. Une possibilité est que des ossements se soient égarés et qu'on ai pioché dans d'autres squelettes pour réparer les dégâts avant l'enterrement. Mais Parker-Pearson pense plutôt qu'il s'agit d'un rite. Par exemple, le territoire étant sous la domination de plusieurs clans, il est possible que la recomposition d'un squelette à partir de plusieurs fragments pourrait symboliser l'union de plusieurs de ces clans.

"Quoi qu'il en soit, ces résultats ont totalement bouleversés nos idées sur les rites funéraires dans la Bretagne préhistorique. D'autres archéologues identifient à présent des cas de recompositions similaires aux nôtres, maintenant que nous avons fait le premier pas... avant cela, c'était juste impensable" se réjouit Parker-Pearson.
source : http://www.latimes.com/news/science/sciencenow/la-sci-sn-frankenstein-mummies-20120710,0,757699.story

Le mystère des momies de Cladh Hallan ne cesse de se densifier au fur et à mesure que les chercheurs tentent de le résoudre. Cladh Hallan est un site de l'âge du Bronze de South Uist, une des îles de l'archipel des Hébrides extérieures, au nord-ouest de l'Ecosse. Des fouilles y ont été entreprises entre 1995 et 2002. Une série de trois constructions rondes datant du XIe siècle avant notre ère y a déjà été dégagée quand, en 2001, les archéologues décident d'explorer ce qui se trouve en-dessous. Le projet tourne au macabre car ces trois "rotondes", comme les nomment les chercheurs, s'avèrent avoir été bâties sur des restes animaux et humains. On retrouve en particulier les squelettes d'un homme, d'une femme, d'une adolescente et celui d'un enfant de trois ans. Les deux premiers attirent l'attention car ils ont manifestement fait l'objet d'un traitement spécial. Une série d'analyses effectuées sur les os montrent que les corps ne sont pas passés par une phase de décomposition mais qu'ils ont été momifiés, très probablement en étant plongés dans une tourbière.

A la différence de ce qui se pratiquera fréquemment par la suite, à l'âge du Fer dans le nord de l'Europe, où des centaines de personnes, souvent exécutées, trouveront leur dernière demeure dans des marais tourbeux et n'en sortiront pas, il ne s'est agi ici que d'un traitement... provisoire. C'est un peu comme si on avait voulu "embaumer" ces morts de manière naturelle. En effet, les conditions physico-chimiques de la tourbière (milieu froid, acide, sans oxygène) permettent de conserver les tissus mous : la peau est comme tannée et les organes internes sont bien préservés. En revanche, les os sont soumis à plus rude épreuve car la tourbe acide les ronge. Les analyses des squelettes de Cladh Hallan ont montré que les corps ne sont restés engloutis que quelques mois, les os n'étant que superficiellement attaqués. Les momies ont ensuite été retirées de la tourbière, mises à sécher et gardées à l'air libre (comme reliques ?), pendant une très longue période qui s'est peut-être comptée en siècles. Il est ainsi très probable qu'au moment où elles ont finalement été inhumées, un certain nombre de tissus (tendons, peau...) y étaient encore attachés.

Ce traitement était en lui-même déjà assez spécial pour que l'on s'intéresse à ces restes humains. Mais cela n'était finalement pas grand chose à côté de ce qu'ont découvert les archéologues : les deux corps d'adultes sont des composites de plusieurs cadavres ! D'où le surnom de "momies-Frankenstein" dont les squelettes de Cladh Hallan ont été affublés. On se souvient en effet que dans le roman de Mary Shelley, même si le chercheur Victor Frankenstein reste vague sur la manière dont il a fabriqué sa créature, on devine bien comment il a rassemblé le "matériel" nécessaire : "Je réunissais les os dans les charniers, confesse-t-il, et mes doigts immondes violaient les extraordinaires secrets du corps humains. (...) La salle de dissection et l'abattoir me fournissaient la plupart de mes matériaux (...)". Les films tirés du livre insisteront d'ailleurs sur le côté fait de bric et de broc du monstre de Frankenstein.

A Cladh Hallan, c'est d'abord le squelette d'homme qui a intrigué les chercheurs. De toute évidence, la mandibule (cet os en forme de fer à cheval qui constitue la mâchoire inférieure) ne collait pas avec le reste du crâne. De plus, des analyses isotopiques ont montré que la part d'azote 15 contenue dans le tibia était différente de celle contenue dans les os du crâne ainsi que dans la mandibule. Au minimum, trois corps avaient donc servi à "confectionner" cette momie. La question s'est donc rapidement posée pour savoir s'il en allait de même pour le squelette momifié de femme. Les archéologues avaient quelques soupçons : le bassin était sans conteste celui d'une femme adulte mais le crâne était pourvu de certaines caractéristiques ostéologiques masculines. Les analyses isotopiques n'ayant rien donné de significatif, il a donc été décidé d'explorer la voie de l'ADN qui pouvait être encore contenu dans les restes et c'est le résultat de cette étude qui vient d'être publié dans le numéro daté d'août du Journal of Archaeological Science.

Quand on parle d'ADN ancien, c'est bien plus souvent à l'ADN contenu dans les mitochondries qu'à celui du noyau que l'on fait référence parce qu'il en existe beaucoup plus de copies par cellule : on a donc nettement plus de chances d'en retrouver intact sur un spécimen vieux de plusieurs millénaires. Après avoir pris d'infinies précautions car le risque de contamination est très important dans ce genre d'analyses, les chercheurs britanniques sont parvenus à isoler de l'ADN mitochondrial dans plusieurs parties du squelette. Et ils se sont aperçus que, là aussi, trois individus différents (au moins) avaient contribué à la fabrication de la momie puisque les ADN mitochondriaux isolés dans la mandibule, un fémur et un humérus étaient différents. Par ailleurs, les analyses au carbone 14 ont montré que les deux momies avaient probablement été réalisées à des époques différentes, celle de l'homme étant comprise dans une fourchette allant de 1440 à 1260 av. J.-C. tandis que celle de la femme est un peu plus récente (1300-1130 av. J.-C.).

Reste évidemment à comprendre pourquoi les habitants de Cladh Hallan, à l'âge du Bronze, ont réalisé ces momies-Frankenstein. Une hypothèse très pragmatique, avancée quand le caractère composite du premier squelette avait été avéré, disait qu'il s'agissait simplement de rafistolage, histoire de compléter une momie ayant perdu des morceaux. Mais, pour les chercheurs, il semble désormais un peu improbable d'avoir égaré deux têtes... Dans la conclusion de leur récente étude, les archéologues se demandent donc si ce "remarquable bricolage ostéologique" n'était pas intentionnel et réalisé dans le but d'amalgamer différentes lignées de la tribu en un seul corps. Comme si tous les personnages importants du village se résumaient en un seul homme et une seule femme.
source : http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/07/16/de-bien-curieuses-momies-frankenstein-en-ecosse/

Et une vidéo en bonus


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FLAM
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Découverte de "momies Frankenstein"

Message par FLAM le Lun 20 Aoû - 20:02

Découverte de "momies Frankenstein"




Une équipe d'archéologues fouillant à South Uist ont mis au jour l'un des sites les plus intéressant en ce qui concerne la façon dont l'homme vivait au néolithique. Le site est proche de Cladh Hallan, où on avait découvert deux corps momifiés vieux de 3000 ans...


Lire l'article complet en format PDF


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