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histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

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Apollyôn
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histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Apollyôn le Mer 4 Juil - 19:31

Tombouctou : la destruction des mausolées par les islamistes d’Ansar Dine

En exclusivité pour Sciences et Avenir, l'archéologue et anthropologue suisse Eric Huysecom, spécialiste du Mali, fait le point sur les destructions des mausolées de Tombouctou, "la cité des 333 saints", que la cour pénale internationale vient de qualifier de "crime de guerre".

« C'est un drame pour toute l'Afrique et pour les populations qui, impuissantes, assistent à la destruction de lieux saints toujours profondément vénérés », nous a déclaré l’anthropologue et archéologue suisse Eric Huysecom, spécialiste du Mali, qui s’efforce de suivre depuis Genève les destructions se déroulant à Tombouctou, cette ville du Nord-Mali surnommée « la cité des 333 saints ».

Rappelons que samedi 30 juin, un des représentants du groupe islamiste Ansar Dine a répété la menace selon laquelle « tous les mausolées de la ville seront détruits sans exception ». Il s’agit de monuments funéraires dédiés à des saints et qui ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988. Jusqu’à quel point sont-ils détruits ? Profanés par les groupes islamistes, suite à l’inscription de Tombouctou par l’Unesco, jeudi 28 juin, sur la liste du patrimoine en péril ? Ces actes largement condamnés par la communauté internationale, ont été revendiqués par le groupe Ansar Dine, qui contrôle désormais le Nord-Mali avec ses alliés d’Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).

Eric Huysecom est présent depuis 1979 au Mali. Directeur du Laboratoire Archéologie et Peuplement de l'Afrique (APA) du Département de génétique et évolution de l'Université de Genève (GENEV), en Suisse, il est également professeur au Département d'histoire et d'archéologie de l’Université de Bamako, au Mali. Sur le terrain, il dirige une importante mission archéologique. Il est interviewé par Bernadette Arnaud, grand reporter à Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Savez-vous exactement ce qui a été détruit à Tombouctou ?
Eric Huysecom: Vu la confusion qui règne actuellement sur place, il est difficile de connaître l’importance exacte des destructions. De savoir si les monuments ont été « rasés », ou simplement « profanés ». Ce qui semble sûr, c’est que dimanche 1er juillet, 4 monuments au moins ont fait l'objet de profanation plus ou moins importantes: les mausolées de Sidi Mahmoud ben Amar, Alpha Moya, Sidi Mokhtar et celui de Cheikh el-Kébir.

Où se trouvent exactement ces monuments classés au Patrimoine mondial?
Pour la plupart dans les cimetières situés en périphérie de la vieille ville, englobée dans la ville actuelle.

Que représentent ces sites pour la population de Tombouctou?
Ces sites sont extrêmement importants pour les populations locales, et ce à divers titres. Tout d’abord, ils représentent un patrimoine dont, non seulement les habitants de Tombouctou, mais aussi tous les Maliens sont fiers, car ils témoignent du rayonnement du Moyen-âge de Tombouctou et de l'Afrique, tant vers l'Orient que vers la Méditerranée et l'Europe.
Ensuite, ils sont considérés comme assurant la protection de la ville de Tombouctou, dite « la ville aux 333 saints ».
Enfin, les habitants de la région font souvent appel aux Saints inhumés dans ces mausolées, au travers de prières, pour obtenir des bénédictions pour la réussite de récoltes ou des expéditions caravanières, du bonheur durant le mariage, etc...

Pourquoi des musulmans détruisent-ils des sites sacrés musulmans?
Il s'agit de deux formes d'Islam difficilement compatibles.
Pour la première, ces monuments sont le témoignage d'un islam "d'ouverture", d'un islam "rayonnant", tant dans le domaine des arts, de la littérature que des sciences ou de la médecine, mais aussi d'un islam de tolérance, où le non-musulman avait aussi sa place.
Cette image d'islam tolérant, brillant par la culture et le savoir, est contraire à celle que prônent les mouvements intégristes et radicaux tels qu’Ansar Dine ou Aqmi (Al-Qaida au Maghreb).
Pour ces derniers, les cultes personnalisés dont font l’objet les saints inhumés dans ces mausolées sont incompatibles avec un islam où seul le Prophète peut être invoqué.
Je me permettrais la comparaison entre la révolte protestante contre le culte des saints pratiqué par la religion catholique, il y a quelques siècles.

Depuis l'annexion du nord Mali par les mouvements Touareg et le groupe Ansar Dine, quelles sont les zones archéologiques désormais passées sous leur contrôle?
Une multitude .... Toutes les ruines des cités médiévales sahariennes comme Tadmeka et bien d'autres, les innombrable sites préhistoriques de la vallée du Tilemsi et du bassin de Taoudeni, tous les sites à peintures et gravures rupestres préhistoriques, les nécropoles royales de Gao, tous les monuments de Tombouctou, et tous les sites-clefs pour l'archéologie africaine que je ne désire pas citer, ne souhaitant pas donner d’idées aux pilleurs ...

Votre zone de recherche se trouve-t-elle dans ce périmètre ?
Elle se situe en Pays dogon, immédiatement au Sud du périmètre principalement concerné. Deux de ses villes majeures, Douentza et Hombori, sont contrôlées par la rébellion. Et plusieurs incursions armées, dans la plaine du Séno et dans le cercle de Koro, viennent d'avoir lieu…

Quelles nouvelles avez-vous reçu de vos confrères maliens?
Ils sont aussi consternés et impuissants que nous. C'est un drame qui se joue, non seulement pour ce pays, mais pour toute l'Afrique. Je désire souligner à quel point ces destructions frappent de désarroi les populations locales.

Que deviennent les précieux ouvrages médiévaux conservés dans certaines bibliothèques de la région ?
Nous savons qu'une partie de la bibliothèque du Centre Ahmed Baba de Tombouctou a pu être mise à l'abri, et que de nombreux ouvrages sont sous la protection des familles. Mais nous avons aussi que certains des manuscrits ont été emportés par des membres d'Ansar Dine.

Depuis quand aviez-vous senti que la situation se détériorait dans la région ?
Depuis deux ans. Dès novembre 2010, nous avions prévu de transférer les activités de notre programme de recherche international "Peuplement humain et paléoenvironnement en Afrique de l'Ouest", du Pays dogon vers la vallée de la Falémé au Sénégal oriental.

Vous étudiez la présence de l’Homme dans la région depuis des centaines de milliers d'années. Comment s'inscrit la demande des mouvements Touareg, dans l'histoire du peuplement régional?
Les revendications sont nombreuses, et varient selon les groupes en présence. D’un point de vue politique, ce qui est demandé est la création d’un Etat indépendant de l'Azawad; d’une province malienne autonome. L'Etat de l'Azawad, tel qu'il est réclamé par les Touaregs, délimite une zone qui a en fait toujours été multi-ethnique, peuplée par des groupes divers: Touaregs, Sonrhaï, Maures etc... Du point de vue religieux, c’est l’instauration de la charia prônée par les islamistes d'Ansar Dine, au Mali.

En 2001, en Afghanistan, le mollah Omar faisait exploser les Bouddha de Bamiyan à coups de canon. En quoi les destructions du Nord Mali se distinguent-elles ?
Il est important pour moi de souligner qu’au Mali la situation est particulièrement tragique et distincte de la destruction des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan. A Bamiyan, il s'agissait de destructions terribles d'un patrimoine mondial pluri séculaire et exceptionnel, toutefois déconnecté de la croyance des populations locales (même si d’autres nations bouddhistes y étaient bien entendu religieusement attachées comme le Japon etc.). Au Nord-Mali, il s'agit non seulement de la destruction d'un patrimoine mondial, mais aussi, avant tout du patrimoine malien, du patrimoine des populations habitant Tombouctou. Impuissantes, elles assistent à la destruction, sous leurs yeux, des tombeaux de leurs ancêtres. De lieux saints toujours profondément vénérés.
http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20120701.OBS5726/tombouctou-la-destruction-des-mausolees-par-les-islamistes-d-ansar-dine.html

Depuis Dimanche 1er juillet, plusieurs mausolées de saints musulmans ainsi que la porte d’une grande mosquée ont été profanés par les groupes islamistes d’Ansar Eddine, dans la ville de Tombouctou, au nord-Mali (voir plan). Lieu sacré de l’histoire de l’Islam, « la ville aux 333 saints » est classée depuis 1988 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Fondée sans doute au Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle), elle compte 16 importants mausolées (répartis dans deux cimetières principaux ainsi qu’à l’intérieur des enceintes de bâtiments religieux, voir plan), d’importantes mosquées et des dizaines de milliers de manuscrits précieux.

Lors des récentes destructions entreprises par des groupes armés radicaux, la porte en bois de la mosquée de Sidi Yahya, porte sacrée « que l’on ne devait jamais ouvrir », a été arrachée. Les mausolées de Sidi Mahmoud ben Amar (mort en 1548), celui d’Alpha Moya Lamtouni (philosophe assassiné en 1601), ainsi que ceux de Sidi Mokhtar (ou Sidi Kayar, mort en 1853), et de Cheikh el-Kébir, ont tous été gravement endommagés.

Ces destructions iconoclastes ont déclenché les condamnations unanimes de la part de la communauté internationale. La procureure de la TPI, Fatou Bensouda, les a même qualifiés de « crimes de guerre ». Or quand on parle des mausolées de Tombouctou, de quoi s’agit-il exactement? De quand datent les grandes mosquées de la cité? Parfois, il est question de marabout ? Que désigne ce terme ? Quelles sont les grandes bibliothèques où étaient entreposés les manuscrits précieux ? D’illustres familles protègent depuis des siècles un immense pan du patrimoine malien. Qui sont ces grandes familles ? Pourquoi lit-on parfois Ansar Dine et à d’autres moments Ansar Eddine, pour désigner les groupes armés à l’origine des destructions ? S’agit-il des mêmes mouvements ?

Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre...

Tombouctou : une architecture de terre
Entre le XVe et le XVIe siècle, Tombouctou (Timbuktu en tamasheq, la langue des Touaregs) a été un des grands centres intellectuel et spirituel de l’Afrique, ainsi qu’une des plus importantes cités marchandes. Ses grandes mosquées témoignent de cet âge d’or. L’architecture de la ville, si identifiable, est due à son emploi de briques crues. Sur les photographies, les poutres que l’on voit souvent surgir des murs et des toitures permettent à la fois de consolider les bâtiments mais aussi de grimper le long des façades quand il s’agit de recrépir les parois d’argile. Ce qui doit être fait régulièrement. C’est à ce revêtement de terre que l’on doit les douces formes de la ville.

Les mosquées : Toutes classées sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988, les trois grandes mosquées de Tombouctou sont celles de Djingareyber, de Sankoré et de Sidi Yahya (ou Sidi Yahiya) (voir plan). La plus célèbre et la plus imposante, la mosquée de Djinguereber a été construite par l’architecte andalou Abou Ishaq es-Saheli, sur les ordres (et en présence) de l’Empereur du Mali Mansa Mousa. Vers 1325, le fameux empereur qui effectuait un pèlerinage à la Mecque, dispensa tellement d’or sur son passage, qu’il fit effondrer le cours du métal précieux dans tout le bassin méditerranéen !
La mosquée de Sankoré est légèrement postérieure à celle de Djinguereber. Son plan actuel date de 1580. Celle de Sidi Yaya a été érigée vers 1440. Ces trois édifices religieux comptent parmi les plus anciennes mosquées monumentales de l’Afrique occidentale encore utilisées.

Les mausolées : Il s’agit d’imposantes constructions funéraires. A Tombouctou, ces mausolées contiennent pratiquement tous une tombe de saint. Les tombeaux de la ville sont des composantes essentielles du système religieux et font l’objet d’une grande dévotion de la part la population. Sept de ces seize mausolées auraient été profanés.

Les bibliothèques et manuscrits : Depuis plusieurs années, des dizaines de milliers de manuscrits anciens traitant de religion, philosophie, histoire, géographie, médecine, mathématique, ainsi que des chroniques fameuses (les tarikhs, des livres mêlant histoire, économie, anecdotes, géographie, etc.) étaient conservés dans l’enceinte de la ville, au centre de documentation Ahmed Baba (Cedrab). Dès le XVe siècle, la cité a en effet accueilli de très nombreux savants, dont les enseignements ont été recueillis par une armée de copistes payés par les souverains et notables de l’époque. En 2009, l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba, financé par l’Afrique du Sud a été inauguré pour étudier ces documents. Les autres « bibliothèques » détenant des « manuscrits de Tombouctou » sont pour la plupart privées et appartiennent à de grandes familles. Ces « bibliothèques » que l’on estime à plus de soixante, sont disséminées dans la région. Plusieurs d’entre elles auraient été transférées et mis en lieux sûrs.

Les « grandes familles » : Il s’agit de familles de notables dont des ancêtres illustres sont originaires de Tombouctou (Touaregs, Songhaïs, etc…). Certaines de ces filiations remontent au-delà du XVe siècle. Au Mali, ces familles sont extrêmement respectées.

Les « saints » : Quand on parle de « saints » à Tombouctou, il faudrait traduire ce terme par celui de « sage ». Les « saints » sont d’anciens imams, des cadis (juges) vénérés pour leur sagesse (par exemple Sisi Mahmoud), des lettrés et des scientifiques, (comme Ahmed Baba) ou encore des philosophes (à l’instar de Sidy Hamed Raggadi) etc…

Les Marabouts : L’usage de ce terme est assez impropre, car souvent synonyme de jeteur de sort ou de vulgaire guérisseur... Il s’agit plus de sage musulman, d’ascète, pratiquant souvent la géomancie, la guérison ou la protection contre le mauvais sort (parfois l’envoûtement), à l’aide de talismans ou bien d’incantations. Ces personnages, très importants pour la population, sont considérés comme impies par les intégristes, pour qui seul Allah doit être vénéré. Allah est le Dieu unique.

Ansar Dine, Ançar-Dine, Ansar Eddine ou Ançarddine ?
Ce terme transcrit de l’Arabe signifie littéralement « Défenseur de la foi ». Toutefois, au Mali, deux entités (une au nord et une au sud) portent ce même nom ! Une confusion qui a perturbé les habitants eux-mêmes. Le mouvement djihadiste créé par le responsable touareg Iyad ag Ghali sous l’appellation d’Ançar-Dine, aurait peu à voir avec une association du même nom créée il y a déjà trente ans par le prêcheur soufi Cherif Ousmane Madani Haïdara ! « Nous n’avons rien à voir avec l’association criminelle qui tue et pille d’ag Ghali», a –t-il affirmé lors d’un point presse en avril 2012. Pour désigner le groupe salafiste qui souhaite imposer la charia (loi islamique) dans tout le pays, il est préférable d’utiliser l’écriture Ansar Eddine.
http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20120704.OBS5971/mali-menaces-sur-le-patrimoine-sacre-de-tombouctou.html


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Macha
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Macha le Mer 4 Juil - 19:49

Ces gens là sont des demeurés, des arriérés ... Sad
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CATHARE
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par CATHARE le Mer 4 Juil - 21:03

ah que c'est beau tout cet obscurantisme.... Evil or Very Mad
On se croirait au moyen âge... ou ça rappelle aussi les autodafé du nazisme...c'est bien triste...et si il y a un dieu ça m'étonnerait beaucoup qu'il cautionne ces exactions..
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Apollyôn
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Apollyôn le Dim 26 Aoû - 14:17

Dans le même genre :

Des islamistes intégristes ont endommagé samedi 25 août à coups de pelleteuse le mausolée d'un saint musulman à Tripoli et ont profané sa tombe, a constaté un journaliste de l'AFP, au lendemain de la destruction dans l'ouest de la Libye du plus important mausolée du pays.
Samedi matin, des islamistes radicaux ont utilisé une pelleteuse pour démolir une partie du Mausolée d'Al-Chaab Al-Dahmani, près du centre de la capitale libyenne, et ont profané le tombeau de ce sage, lieu de pèlerinage pour les musulmans, notamment les soufis, selon le journaliste.

La veille, des dizaines d'intégristes avaient fait exploser le Mausolée du cheikh Abdessalem Al-Asmar, un théologien soufi du XVIème siècle, à Zliten, à 160 km à l'est de Tripoli, théâtre d'affrontements depuis jeudi soir, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Sur cette vidéo, on peut voir la destruction du mausolée, le plus important en Libye, sur fond de cris proclamant "Dieu est le plus grand". Une bibliothèque et une université au nom du cheikh Al-Asmar ont également été la cible d'actes de destruction et de pillage, selon des sources de sécurité locales.



Par ailleurs, des témoins ont indiqué samedi qu'un autre mausolée, celui du Cheikh Ahmed Al-Zarrouk, avait été détruit à Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli.

Les intégristes s'opposent à ces mausolées érigés à la mémoire de saints car ces derniers font l'objet d'une "vénération" qui, selon eux, contrevient à l'unicité de Dieu, précepte fondateur de l'Islam.

Sur Twitter, le vice-premier ministre Moustapha Abou Chagour, a qualifié la destruction des mausolées de "crimes" dont les auteurs "seront tenus responsables". Dans un autre tweet, il a assuré avoir "demandé hier aux ministères de la défense et de l'intérieur d'intervenir mais ils n'ont pas accompli leur devoir de protéger ces sites".

Dar Al-Ifta, la plus haute autorité religieuse en Libye, a affirmé dans un communiqué que la profanation de tombes de musulmans ou de non musulmans était contraire à l'Islam mais ne s'est pas exprimée explicitement sur la destruction des mausolées. Un membre éminent de la communauté soufie en Libye, Ossama Bwera, a dénoncé de son côté l'"ignorance des profanateurs qui se font appeler salafistes". "Ces attaques ne visaient pas en particulier le soufisme mais la culture et la civilisation musulmane en Libye en général", a-t-il dit à l'AFP.

Le directeur du Département des Antiquités de Libye, a condamné ces "actes isolés", indiquant toutefois que son département n'était pas concerné par ce sujet, dans la mesure où les mausolées ne sont pas inscrits au patrimoine archéologique national.

Sur les réseaux sociaux, les avis étaient partagés, entre internautes approuvant la destruction de ces mausolées considérés comme "contraires à l'Islam", et d'autres dénonçant la "profanation des tombes" et des attaques "contre le patrimoine culturel" libyen.

Cet été, des mausolées de terre, classés au patrimoine de l'humanité par l'Unesco, avaient été détruits dans le nord du Mali par des intégristes musulmans.
source : http://www.lemonde.fr/libye/article/2012/08/25/libye-des-mausolees-musulmans-detruits-par-des-islamistes_1751418_1496980.html

Sans oublier cette curieuse affaire d'un imam appelant à la destruction des pyramides ou l'incendie de la bibliothèque de l'Institut d'Egypte.


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anoy
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par anoy le Lun 27 Aoû - 17:08

C'est d'une STUPIDITE inouie ..! Comme si on pouvait effacer l'Histoire et la remodeler à sa guise! Le passé,bon ou mauvais ,fait partie intégrante de la construction de l'Homme au travers des diverses civilisations...c'est l'Histoire qui a fait ce que nous sommes aujourd'hui ...que ça leurs plaisent ou non..!
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Apollyôn
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Apollyôn le Mer 17 Oct - 19:00

Patrimoine : destruction du mausolée de Saïda Manoubia, à Tunis

Après l’Afghanistan, et hier Tombouctou au Mali, cette fois, c’est en Tunisie, qu’un mausolée de saint du XIIIe siècle, vient d’être détruit par des hommes cagoulés. "Ces actions doivent être condamnées et poursuivies en tant qu'actes terroristes par les institutions nationales et internationales", réagit Francesco Bandarin, directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l'Unesco.

MARDI 16 OCTOBRE, la «zaouia » de Leila Manoubia, le sanctuaire d’une des saintes soufi les plus vénérées de Tunisie a été incendié dans la banlieue de Tunis.

« Il s’agit d’un délit contre la culture et la société toute entière », selon l’universitaire Abdel Hamid Larguèche, historien, professeur à l’Université de la Manouba. Révélée par RFI, cette attaque succéderait à trois autres actions du même type menées ces derniers mois dans la région de Zaghouan, au Cap-Bon et du côté de Matmata, dans le gouvernorat de Gabès, où plusieurs sanctuaires ont été saccagés et détruits.

LA SAINTE, DE son véritable nom Saïda Aïcha Manoubia, a vécu de 1180 à 1257. Sa sépulture était surtout fréquentée par des femmes. En mars dernier, des menaces avaient déjà été proférées contre ce même sanctuaire par des groupes salafistes.

Pour les islamistes radicaux, vénérer un saint serait porter atteinte aux fondements de la religion. « Tous ceux qui veulent effacer le passé d’un peuple, détruisent en même temps son avenir », a déclaré l’historien tunisien Abdel Hamid Larguèche.

SCIENCES ET AVENIR a recueilli la réaction de Francesco Bandarin, directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l'Unesco. "L'UNESCO condamne fermement ces gestes de destruction du Patrimoine et des lieux de culte comme un crime contre la Culture et la coexistence des communautés".

"Ces actions sont l'expression du fanatisme et de l'intolérance et doivent être condamnées et poursuivies en tant qu'actes terroristes par les Institutions nationales et internationales", s'alarme Francesco Bandarin."

source : http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/archeo-paleo/20121017.OBS5984/patrimoine-destruction-du-mausolee-de-saida-manoubia-a-tunis.html

Des gravures sur pierre remontant à plus de 8000 ans ont été détruites par des salafistes dans les montagnes du Haut-Atlas, dans le sud du Maroc, a affirmé mercredi le responsable d'une ONG locale.
"Ces gravures sur pierre représentant le soleil sont vieilles de plus de 8000 ans. Elles ont été détruites il y a quelques jours par des salafistes", a expliqué la Ligue amazighe des droits de l'Homme (LADH), confirmant une information du journal As-Sabah de mercredi.

"L'une des gravures est appelée 'la plaque du soleil' et elle est antérieure à la présence des phéniciens au Maroc. Elle se trouve sur un site archéologique connu, dans la plaine de 'Yakour'", à 20 km du Toubkal, le sommet le plus élevé du royaume" (4167 m), a-t-il poursuivi.

"Il y a quelques groupuscules salafistes dans cette région et ce n'est pas la première fois que des sites anté-islamiques sont attaqués. Nous avons envoyé un courrier au ministère de la Culture, mais sans réponse pour l'heure", a-t-il encore précisé.

La représentation du soleil peut être considérée par certains mouvements fondamentalistes comme une représentation d'une divinité et une "idolâtrie", contraire à l'unicité de Dieu.

Un des principaux mausolées soufis, la zaouia Saïda Manoubia, dans la banlieue de Tunis, a été incendié dans la nuit de lundi à mardi, probablement par des salafistes.
source : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_maroc-des-gravures-prehistoriques-du-soleil-detruites-par-des-salafistes?id=7858245

Les islamistes armés qui contrôlent le nord du Mali détruisaient jeudi 18 octobre de nouveaux mausolées à Tombouctou, ville historique où ils avaient déjà procédé à de telles destructions en juillet, ont rapporté des témoins à l'AFP.
"Actuellement, les islamistes sont en train de détruire les mausolées de Karaba", un quartier du sud de Tombouctou, a affirmé un de ces témoins, propos confirmés par un autre habitant de la ville qui a précisé que les islamistes étaient arrivés à bord "de trois véhicules, certains armés".
Des islamistes armés ont déjà détruit avec des haches, samedi 29 septembre, le mausolée d'un saint musulman à Goundam, une localité du nord du Mali, près de trois mois après avoir causé des dégâts similaires à Tombouctou. D'après un habitant qui s'est exprimé sous couvert de l'anonymat, "ils ont cassé le mausolée [d'Alfa Mobo] jusqu'au niveau de la tombe, ils étaient 11 et quelqu'un filmait".
Par ailleurs, le président du Collectif des élus du Nord-Mali Elhadj Baba Haïdara a appelé jeudi à une intervention militaire internationale "urgente" contre les groupes islamistes armés qui occupent la région, avant qu'il ne soit "trop tard". "Nous crions : ça s'enlise, faites vite ! Ils ont tous les moyens pour endoctriner la population : par peur, par conviction, par la force ou par l'argent", a déclaré le député de Tombouctou, en mission à Paris à la veille de la tenue à Bamako d'une réunion internationale pour préparer la reconquête du nord du Mali.

"Il faut une intervention urgente des forces occidentales. Nous l'espérons, nous le souhaitons, nous le désirons", a insisté M. Haïdara au cours d'un entretien à Paris. "La communauté internationale a la responsabilité de faire très vite car les gens se rallient aux terroristes", a renchéri Haïssata Cissé-Haïdara, députée de Bourem (à 45 km de Gao), également membre de la délégation parlementaire malienne. "A Gao, les islamistes se sont rapprochés de la population. Ils ont distribué de l'argent pendant le carême pour payer le sucre, ils ont donné de l'argent pour que l'électricité soit distribuée gratuitement", a-t-elle souligné.
source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html


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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Apollyôn le Lun 24 Déc - 14:52

Les islamistes qui occupent le nord du Mali ont à nouveau détruit, dimanche 23 décembre, des mausolées de Tombouctou, en promettant de les anéantir tous. Après des amputations à Gao la semaine dernière, ces exactions sonnent comme un pied de nez au feu vert de l'ONU à l'envoi d'une force armée internationale pour les combattre.
"Il ne va pas rester un seul mausolée à Tombouctou, Allah n'aime pas ça, nous sommes en train de casser tous les mausolées cachés dans les quartiers", a déclaré Abou Dardar, un responsable d'Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), groupe islamiste armé qui occupe Tombouctou avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Mohamed Alfoul, qui se présente comme un membre d'AQMI à Tombouctou, a de son côté justifié ces destructions en affirmant que tout ce qui ne relève pas de l'islam, "ce n'est pas bien, l'homme doit vénérer seulement Allah".

Les destructions des mausolées de saints musulmans de Tombouctou, ville historique "aux 333 saints", ancien centre culturel et intellectuel d'Afrique classé patrimoine mondial en péril, a été confirmée par des habitants. "Actuellement, les islamistes sont en train de briser tous les mausolées des quartiers avec des pioches", a confirmé l'un d'eux. "J'ai vu les islamistes descendre d'une voiture près de la grande mosquée de Tombouctou. Derrière une maison, ils ont cassé un mausolée en criant Allah est grand, Allah est grand", a affirmé un autre témoin.

Outre les cimetières et les mosquées, plusieurs ruelles et des habitations privées de la ville abritent également des mausolées, vénérés par la population. En juillet et en octobre, les islamistes d'Ansar Eddine et d'AQMI, qui considèrent la vénération des saints comme "de l'idolâtrie", avaient suscité un tollé général en détruisant des mausolées en terre dans l'enceinte de la plus grande mosquée de la ville, classée patrimoine mondial en péril.

Ils avaient récidivé en détruisant d'autres mausolées en octobre, à la veille d'une réunion internationale à Bamako sur l'envoi d'une force armée au Mali pour les chasser du nord du pays. Voilà six mois qu'ils occupent totalement cette zone, avec un autre groupe islamiste, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Cette fois-ci, les destructions ont été commises trois jours après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution autorisant le déploiement, par étapes et sous condition, d'une force internationale pour reconquérir le nord du Mali, au mieux à partir de septembre 2013.

Vendredi, les islamistes du Mujao qui occupent Gao, au Nord-Est, y ont amputé la main de deux voleurs présumés, promettant "bientôt" de nouvelles amputations. Fin juillet à Aguelhok, des membres d'Ansar Eddine avaient lapidé à mort, en public, un homme et une femme auxquels ils reprochaient d'avoir eu des enfants sans être mariés.

Depuis août, plusieurs autres amputations publiques ont été commises par les islamistes dans différentes localités du nord du Mali, sans compter des centaines de coups de fouet à des couples "illégitimes", des buveurs d'alcool, des fumeurs, et autres "déviants", selon les groupes islamistes, ainsi que l'arrestation de femmes non voilées chez elles.

Ansar Eddine, groupe composé essentiellement de Touaregs islamistes, a signé vendredi à Alger un accord avec la rébellion touareg laïque du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui avait lancé l'offensive dans le Nord en janvier avant d'en être chassé par les islamistes. Les deux groupes se sont engagés à cesser les hostilités dans le nord du Mali et à négocier une solution politique avec Bamako. Mais Ansar Eddine a réaffirmé qu'il n'entendait pas renoncer à l'application de la charia dans les zones sous son contrôle.
source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/12/23/mali-des-islamistes-detruisent-les-derniers-mausolees-de-tombouctou_1809902_3212.html


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Apollyôn
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Re: histoire et politique : les mausolées de Tombouctou

Message par Apollyôn le Mar 29 Jan - 19:09

Mali : manuscrits brûlés par les islamistes

Soldats français et maliens sont entrés lundi dans la cité mythique de Tombouctou, sous les cris de joie des habitants, après des mois d’occupation par des islamistes armés, qui ont brûlé un bâtiment contenant de précieux manuscrits avant de prendre la fuite.

Tombouctou, ville-phare de l’islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako, est tombée après une manœuvre conjointe, terrestre et aérienne, et le largage de parachutistes dans la périphérie, avant l’entrée lundi après-midi d’une colonne de soldats français et maliens en ville.

Les témoignages se multiplient sur la destruction de précieux manuscrits datant de plusieurs siècles conservé à Tombouctou, devenue la capitale intellectuelle et spirituelle de l’islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles et une prospère cité caravanière.

Le maire de Tombouctou, Halley Ousmane, qui se trouvait à Bamako, a confirmé : « le centre Ahmed Baba où se trouvent des manuscrits de valeur a été brûlé par les islamistes. C’est un véritable crime culturel ». L’Institut Ahmed Baba abrite entre 60.000 et 100.000 manuscrits, selon le ministère malien de la Culture.

Lundi soir, tout était calme dans Tombouctou plongée dans l’obscurité, l’électricité étant coupée, tout comme le réseau téléphonique, en raison de sabotages des islamistes, a constaté l’AFP.
AFP

Après Gao ce week-end, c'est la ville de Tombouctou qui a été en partie reprise le 28 janvier aux islamistes par les forces de l'opération Serval, rapporte le Figaro. Et les milices auraient quitté «la ville aux 333 saints» dont ils s’étaient emparés en avril 2012, et avaient détruit mosquées et mausolées. «C'est contraire à notre religion, déclarait alors Sanda Ould Boumohamed, porte-parole du groupe islamiste Ansar al-Din. On veut que les gens s’attachent à Allah, pas à un symbole.»

Les islamistes n'ont pas fui la ville inscrite en 2012 sur la liste des patrimoines mondiaux en péril sans frapper une dernière fois: vendredi 25 janvier, ils ont mis le feu à l’une des bibliothèques de la ville, l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba, qui avait été inauguré en 2009 par Amadou Toumani Touré, le président malien d'alors. Aujourd'hui, l'ampleur des dégâts n'est pas encore connue mais on craint pour les 30.000 manuscrits qui y sont conservés.

Qu'est-ce que ces manuscrits?

Ce sont des textes historiques qui traitent de nombreux domaines et qui témoignent de l'histoire du Mali. Aux XVe et XVIe siècles, sous la protection l'empire Songhaï, qui s'étend de l'est du Nigéria à l'océan Atlantique, les étudiants et chercheurs affluent du monde entier à Tombouctou pour enseigner ou suivre des cours à l'université de Sankoré et consulter les manuscrits rédigés en langues arabe et africaines.

Jean-Michel Djian décrit ce phénomène dans son livre Les manuscrits de Tombouctou:

«L’enseignement et le livre prospèrent et tous les métiers en profitent: copistes, libraires, répétiteurs, relieurs, traducteurs, enlumineurs... En pleine gloire, la ville accueillait au XVe siècle plus de 25.000 étudiants. Sur des parchemins, sur des papiers d’Orient, sur des omoplates de chameau ou des peaux de mouton, tout est noté, commenté, référé. […] Le cours du sel et des épices, les actes de justice, les ventes, les précis de pharmacopée (dont un traité sur les méfaits du tabac), des conseils sur les relations sexuelles, des précis de grammaire ou de mathématiques.»

«Certains de ces manuscrits datent du Xe siècle, confiait Abdel Kader Haïdara, le propriétaire de la bibliothèque de manuscrits Mamma Haidara, l'une des plus importantes de Tombouctou, à Ouest-France en août 2012, et ils peuvent valoir entre cent et des dizaines de milliers d'euros.»

Beaucoup de ces textes traitent du droit, de littérature arabe, de philosophie, de biologie, d'astronomie, de mathématiques, de médecine, mais aussi de droits de l'Homme, de pollution et de politique. Dans son livre, Jean-Michel Djian note l'importance de ces manuscrits, «qui constituaient de véritables sésames pour accéder aux plus hautes fonctions administratives ou religieuses».

«Il y a une patte des manuscrits de Tombouctou, expliquait en novembre dernier Jean-Michel Djian, lors de l'émission de France Culture A pas feutrés dans les bibliothèques du monde. Il y a une fixité, des copistes qui donnent une identité visuelle et esthétiques à ces manuscrits.» Après l'effondrement de l'empire Songhaï, les manuscrits sont cachés afin d'éviter le pillage. De même, ils sont dissimulés lors de la colonisation française, bien qu'«un grand nombre ait été volés pour la Bibliothèque Nationale», note Jean-Michel Djian lors de l'émission A pas feutrés...

En 1973, le Centre de Documentation et de Recherches Ahmed Baba, qui deviendra par la suite l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba, est créé. Abdul Kader Haïdara a longtemps œuvré pour le centre incendié. «J'étais prospecteur principal, chargé de chercher les manuscrits dans les familles, les villes et les villages maliens, afin de les lister et de les répertorier», explique-t-il à France Culture. 100.000 documents anciens sont conservés dans les bibliothèques familiales de Tombouctou.

En 2002, le Projet Manuscrit de Tombouctou est démarré. Son but: préserver les manuscrits. En 2004, cent textes juridiques sont numérisés par la bibliothèque d'Abdel Kader Haidara. Soixante autres du centre Ahmad baba suivent. La tâche est longue. «Nous n'avons pas pu numériser tous les manuscrits, il y avait d'autres projets», regrette Abdel Kader Haidara, toujours au micro de France Culture.

Mais l'histoire écrite malienne est encore loin de disparaître: plus de 300.000 manuscrits se trouvent encore dans Tombouctou et ses régions.
source : http://www.slate.fr/culture/67733/manuscrits-tombouctou

Les islamistes qui occupaient la ville mythique du nord du Mali depuis avril n'ont pas seulement tenté d'asservir les populations. Ils s'en sont probablement pris aux plus précieux témoignages de leur culture ancestrale. Les manuscrits de Tombouctou, ces dizaines de milliers de documents témoignant du foisonnement intellectuel de l'Afrique précoloniale depuis le XIIe siècle, auraient aussi fait les frais de leur passage. Plusieurs témoignages cités affirment que des bâtiments les abritant auraient été détruits par les forces d'occupation, avant qu'elles ne quittent la ville, chassées par l'avancée des soldats français et maliens. "Les rebelles ont mis le feu à l'institut Ahmed-Baba créé récemment par les Sud-Africains (...). Cela s'est produit il y a quatre jours", a déclaré, lundi 28 janvier, Halle Ousmane, maire de Tombouctou qui, réfugié à Bamako, dit en avoir été informé par son chargé de communication, mais ignorer l'étendue des dégâts.
"Si cela se confirmait, ce serait une catastrophe pour le patrimoine du Mali, une perte immense pour l'histoire de la littérature mondiale et de l'Afrique de l'Ouest d'avant la colonisation", réagit Bruce Hall, professeur d'histoire à l'université américaine de Duke, interrogé par Le Monde. Spécialiste du Sahel, M. Hall a dépouillé pendant des années des manuscrits à Tombouctou pour nourrir son dernier livre consacré aux relations entre Noirs et Arabes en Afrique de l'Ouest de 1600 à 1960 . Sur les 200 000 pièces d'archives répertoriées dans la région de la boucle du fleuve Niger, 25 000 à 30 000 sont conservées à Tombouctou par l'Institut national Ahmed-Baba, du nom d'un homme de lettres du XVIe siècle. Des milliers d'autres restent la propriété de familles de la ville qui les archivent avec un soin variable.

Ces documents, des papiers mais aussi des peaux de chameau ou de mouton, portent des écrits en arabe ou en peul de nature religieuse, juridique, poétique ou scientifique qui témoignent de la richesse, de l'ancienneté et de l'ouverture de la culture soufie, l'islam local. "C'est la forme d'islam que les occupants actuels veulent détruire, souligne Bruce Hall. Mais cela m'étonnerait qu'ils aient pris le temps de les lire. S'ils ont détruit des manuscrits, c'est sans doute plutôt pour se venger des Maliens noirs ou des organisations occidentales qui ont protesté contre le saccage par eux des mausolées religieux."

L'historien espère que "ce n'est pas vrai", soulignant que les manuscrits de Tombouctou sont devenus un véritable business : on a grossi leur nombre ou brandi la menace de leur disparition pour obtenir des crédits ou nourrir des trafics. Il précise que le nouveau bâtiment de l'Institut Ahmed-Baba inauguré en 2009 ne contenait en réalité pas de documents précieux, le directeur ayant refusé de les y transférer afin d'obtenir davantage d'aides.

Certains manuscrits ont été cachés à Bamako, voire à Paris. D'autres, à Tombouctou, se trouvent en réalité dans l'ancien siège de l'Institut, au sud de la ville. Pour le chercheur, "s'ils ont mis à sac ce vieux bâtiment, c'est une catastrophe".

Mais selon lui, la destruction de ces archives, ou la menace continuelle qui pèse sur elles, souligne un autre scandale : "Des millions de dollars ont été dépensés depuis dix ans pour les sauver en les numérisant, notamment par l'Unesco et des fondations américaines. Presque rien n'a été réalisé. Et ce qui a été numérisé est seulement conservé sur des ordinateurs à Tombouctou !", fulmine-t-il.

A entendre M. Hall, la corruption malienne n'est pas seule en cause. "L'argent a disparu au Mali, mais aussi dans les mains de pseudo-experts occidentaux qui ont beaucoup discouru et peu agi." Dans cette affaire, conclut l'universitaire, "personne n'a les mains propres".
source : http://www.lemonde.fr/international/article/2013/01/29/les-manuscrits-de-tombouctou-victimes-des-islamistes-et-de-la-corruption_1823836_3210.html


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