Ufologie & Paranormal

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OVNI - Les mécanismes d’une désinformation

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Schattenjäger
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OVNI - Les mécanismes d’une désinformation

Message par Schattenjäger le Dim 3 Aoû - 14:37




Ce livre de Pierre Guérin, publié en 2000 est, à mon sens à classer dans les « indispensables » du rayon ufologie. Mais il pourrait être aussi un très bon livre de sociologie par les réflexions de l’auteur au sujet du rapport entre le dossier qui nous préoccupe et le monde dit « scientifique ». Je renvoie les lecteurs de cet article à une petite biographie de l’auteur, malheureusement décédé la même année que la parution de l’ouvrage dont il est ici question.

Dès les premières pages, dans l’avant-propos, le ton est donné : voici un scientifique à l’esprit ouvert (preuve que çà existe) et qui remet à sa place le rôle du jugement de quelques mandarins, semblant posséder la science infuse, face à la thématique Ovni.


Page 8 : « Ce qui m’a toujours frappé lors des conversations que j’ai pu avoir tout au long de ma carrière d’astrophysicien, c’est le rôle prédominant, et à mon avis exagéré, que revêt, dans l’esprit de la plupart des gens, l’opinion des scientifiques pour savoir à quoi il faut s’en tenir sur telle ou telle question faisant l’objet de vives controverses.(…)

Et c’est là que nous en arrivons à l’une des principales raisons qui m’ont conduit à écrire ce livre. Comment est-il concevable, me diront ceux qui nient les ovnis, ou plus généralement ceux dont l’opinion reste flottante, que vous puissiez, vous qui êtes un scientifique, « croire » aux ovnis, alors que la plupart de vos collègues récusent leur existence ? (…)

Il m’a paru fondamental de répondre à ce genre d’objection, qui se fonde premièrement sur le postulat que si, à un moment donné, la majorité des membres de la communauté scientifique pense d’une certaine façon, elle est probablement dans le « vrai » et la minorité qui pense autrement dans « l’erreur » ; deuxièmement, sur une vision idéalisée du jugement des scientifiques face à un sujet qui soulève des problèmes inhabituels d’ordre philosophique et métaphysique, comme c’est le cas de la question des ovnis ainsi qu’on le verra dans le cours de cet ouvrage. »



Le chapitre qui suit est intitulé « premier contact avec les ovnis ». On y retrouve de façon assez classique un bref historique du phénomène, des descriptions, le rapport entre le phénomène et la science, et le thème de la nature des « preuves » .

Désinformation (et règlements de comptes)
Où il est question de l’expérimentation scientifique et de ses limites…
Page 52 : « les chercheurs qui travaillent en laboratoire à la paillasse ont trop souvent tendance à croire, suivant en cela les préceptes enseignés au XIXe siècle par Claude Bernard, que la méthode expérimentale implique que les expériences soient répétables à la demande et portent à chaque fois sur le même objet pour être scientifiquement valables. Or, cela est complètement faux. Il est courant en astrophysique et en géophysique que l’on ait affaire à des phénomènes transitoires et imprévisibles (comme les rentrées de bolides dans l’atmosphère, les pluies d’étoiles filantes, les novae, les séismes) qui, non seulement ne sont pas répétitifs à la demande, mais concerne d’une fois à l’autre des objets ou des sites différents. On est bien obligé d’attendre que ces phénomènes surgissent, pour les étudier. »



Y figurent également deux exemples (le « debunker » scientifique et le sociopsychologue) qui intéresseront le lecteur au sujet de la désinformation et du rejet quasi pathologique (voir idéologique) de la part de certaines personnes, d’une réalité que d’aucuns ont vécue de façon quasi intime.

Page 61 : « Quelques scientifiques français acharnés à « déboulonner » les ovnis ne sont pas en reste, eux aussi, pour amputer les témoignages de leurs détails significatifs (…)
Le troisième enfin, et non le moindre, qui a une très haute idée de lui-même, se sent apparemment investi d’une mission : celle d’assurer la prophylaxie mentale de la population en luttant contre l’irrationnel et l’obscurantisme dont relèverait en particulier, selon lui, la « croyance » aux ovnis. Encore faudrait-il préciser ce que l’on doit entendre par « irrationnel ». Car on n’en arrive parfois à se demander si notre homme ne met pas dans le même sac le chercheur qui étudie les ovnis et le numérologue qui prédit l’avenir de son client à partir du numéro de sa carte de sécurité sociale. »
On aura ici reconnu, sans doute possible, l’astrophysicien André Brahic.

Petite digression sur ce thème :


Je reconnais n’avoir pris connaissance que très récemment de l’opinion de cet astronome sur le sujet qui nous intéresse, et ce par la lecture du livre de Pierre Guérin, puis par des recherches afin d’approfondir, par ce texte (loué soit le Web) : http://sapiensweb.free.fr/editoriaux/1-edit9.htm

J’avais déjà entendu quelques discours, sur un ton enthousiaste et très vivant, de ce monsieur au sujet de la possibilité de vie E.T. Et j’avais même nettement apprécié ses positions à ce sujet.
Mais quelle déception à la lecture de l’extrait de son livre « Enfants du soleil, histoire de nos origines ». Et surtout quelle mauvaise foi évidente (ou quelle méconnaissance dramatique du dossier, ce qui revient au même) lorsqu’il affirme :

« Il est quand même étonnant que les milliers d’astronomes professionnels, dont le métier est d’observer le ciel jour et nuit dans toutes les longueurs d’onde et dans toutes les directions, et qui se sont dotés des instruments les plus élaborés, n’aient jamais observé le moindre signe d’intelligence extraterrestre. Si l’on en croit certains rapports, tout se passe comme si les extraterrestres ne se montraient qu’à ceux qui n’ont aucune culture scientifique ! »
Et que penser de cette phrase, d’une condescendance outrageante pour ceux et celles qui auront passé des années à étudier le dossier :
« Mettons les choses au point : l’auteur de ces lignes n’a aucun ressentiment contre ceux qui croient aux soucoupes volantes, il éprouverait même de la sympathie pour leur côté rêveur. »
Sympathie pour leur côté rêveur ?! « Croire » aux soucoupes ? Un ange passe… Continuons.

Page 61 : « Sans doute aussi dangereux que cet astrophysicien toujours prêt à « stigmatiser » ceux qui ne pensent pas comme lui, il nous faut citer également un jeune sociopsychologue qui prétend ne pas nier les Ovnis, mais fait tout pour que l’on doute de leur réalité, manipule avec habileté les témoignages sur l’affaire de Roswell pour ne retenir que ceux pouvant aller dans le sens de l’explication officielle par la chute d’un ballon, et omet de citer les autres que, cependant, il connaît bien et qui accrédite au contraire très fortement la thèse du crash d’un ovni et de ses occupants. Selon ce chercheur, si un ovni s’était écrasé, il aurait été impossible de garder la chose secrète pendant tant d’années (…)
Dans une communication privée, le sociopsychologue dont je parle m’a assuré que son refus de la thèse du crash d’un ovni à Roswell, tout comme ses doutes sur la réalité même de l’existence des ovnis, ne participaient d’aucune consigne en vue de cacher la vérité au public, mais seulement d’une conviction personnelle. Il reste pourtant que, dans le livre qu’il a écrit comme dans ses articles, il joue constamment avec les faits en modifiant ou en omettant les détails qui le gênent, ce qui ne le différencie pas des autres debunkers qui utilisent les mêmes méthodes. Il connaît parfaitement les dossiers, et s’il n’est pas conscient de tromper l’opinion, alors j’avoue que sa pensée m’échappe. »
Ici tout indique que c’est le sociologue Pierre Lagrange qui est visé.



Le qualificatif de « dangereux », utilisé par Pierre Guérin à son sujet me paraît bien excessif.
De plus, la dernière phrase de l’auteur me laisse un peu dans l’expectative. Comment en effet ne pas comprendre qu’en ménageant, tantôt les sceptiques, et tantôt les personnes persuadées de l’existence réelle des ovnis, ce monsieur augmente la portée de ses ouvrages et donc, plus pragmatiquement, la quantité de ses ventes et son importance médiatique ? De plus, en ménageant ainsi « la chèvre et le chou » il refuse d’entrer dans le débat de fond alors que toutes les pièces de dossier lui sont parfaitement connues.
Il ne monte sur le ring que pour mieux se placer, en quelque sorte, en position d’arbitre. Très plaisante position s’il en est. Mais pas forcément la plus courageuse, et ce qu’elle que pourrait être sa position personnelle sur le fond du sujet.

Un rejet idéologique
Concernant ce qu’il faut bien appeler un rejet quasi idéologique de la part de certains scientifiques ou simples citoyens, voici un texte extrait de l’ouvrage qui mérite d’être réfléchi.

Page 70 : « le paradigme moderne dans lequel chacun baigne en Occident s’accommode certes, pour les croyants, d’un Dieu invisible omniprésent et transcendant, mais non de puissances célestes personnalisées responsables de la foudre, des vents et des marées, ou encore des miracles qu’au demeurant, la religion catholique considère aujourd’hui avec quelque suspicion. Et cela est fort bien. Mais du coup, l’homme s’est vu devenir le maître de la Terre qu’il n’était point autrefois. Et il s’y est habitué. Pourtant, il ne faudrait pas trop gratter pour retrouver les vieilles peurs ancestrales. La crainte plus ou moins consciente de voir resurgir les puissances célestes dans notre environnement, non plus sous la forme de Dieu ou de démons, mais sous celle d’extraterrestres tout-puissants maîtrisant une science dépassant la notre, entretient chez le scientifique, par réaction de défense, le paradigme rassurant de notre isolement cosmique en suscitant le doute à propos des Ovnis, voire leur négation totale. Quant au public, il évacue la menace potentielle en ne se sentant ni concerné, ni préoccupé par ses conséquences possibles. »

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Schattenjäger
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Re: OVNI - Les mécanismes d’une désinformation

Message par Schattenjäger le Dim 3 Aoû - 14:37

Où il est question de naïveté « ufologique ».
Page 74 : « Le scientifique ne s’arrête jamais de chercher, et il est finalement peu important qu’il « croie » ou non aux Ovnis, car de toute façon la science se développe selon ses lois propres. À la limite, lorsque j’entends des ufologues tempêter parce que l’on n’a pas encore débloqué des crédits officiels pour « étudier les ovnis », découvrir leurs moyens de propulsion et sonder leurs intentions à notre endroit, je souris de tant de naïveté et d’ignorance. On n’a pas découvert sur commande la relativité et les quanta. Ces théories sont arrivées à leur heure, comme la suite logique d’une série de progrès successifs. On ne découvrira pas plus sur commande les bases physiques du fonctionnement des Ovnis. Si nos visiteurs nous laissent livrés à nous-mêmes et si nous arrivons à jour à rattraper notre retard sur eux, on peut être sûr que la route aura été de toute façon très longue à parcourir. »

Dans ce paragraphe, il faut reconnaître que l’auteur n’est pas très tendre avec les ufologues. Ce qui n’enlève rien à la qualité de ses arguments concernant l’étude « scientifique » des ovnis. La gageure est bien l’étude d’un phénomène évanescent, bien que souvent ostentatoire, mais qui refuse de façon catégorique le contact officiel . Arriverons-nous, un jour de chance, à obtenir une analyse spectrographique des composants du phénomène ? Peut être…



Mais serons-nous vraiment beaucoup plus avancé le jour ou une telle photo « prouvera » une température de 200° avec comme élément du magnésium et du cobalt ? Que l’on me permette de douter de la chose.

À côté de cela, l’auteur me semble faire lui aussi preuve, sur d’autres aspects du dossier, d’une certaine naïveté. Et lorsqu’il déclare :
Page 79 : « Je pense avoir montré que les ovnis existent ; qu’ils n’ont pas tous la même origine au sein du cosmos du fait de la très grande variété de type morphologique que présentent leurs occupants (…) »

Je répondrais qu’à mon sens, voilà une interprétation un peu hâtive sur la base de constatations bien réelles. En effet, comment ne pas évoquer la possibilité de tromperie, de duperie de la part de l’intelligence (ou des intelligences) à l’œuvre derrière le phénomène ovni ? Ne pourrait-on envisager raisonnablement cette possibilité ?
Sans vouloir tomber dans un anthropocentrisme excessif, il suffit pourtant de constater ce fait, de la part des êtres humains (et d’animaux telle la baudroie abyssale), vis-à-vis d’autres éléments de la faune, lors de parties de pêche, de chasse, ou autres activités où l’on met en oeuvre des systèmes destinés à leurrer l’objet de notre intérêt.



Il n’est pas question pour moi d’évoquer un quelconque plan machiavélique, ourdi sous la zone 51, et destiné à piéger les pauvres humains que nous sommes. Admettons cependant qu’il est fréquent d’utiliser la ruse pour, par exemple, sauver certaines espèces animales, ou plus simplement les étudier. Autrement dit, l’apparente rouerie des moyens, n’impliquerait pas des buts nécessairement néfastes à l’encontre de l’espèce humaine.

Photos d’ovnis : les fausses et les vraies
De la page 81 à la page 139, ce sont les photos d’ovni et leurs études qui sont débattues. À noter que, même dans ce chapitre, la désinformation est abordée page 89 avec le thème « quand les rationalistes fabriquent de fausses photos d’ovni ».
L’auteur avoue très franchement avoir été dupé par un faux réalisé par un groupe de rationaliste. Le contexte de l’affaire mérite le détour et on voit jusqu’où peuvent aller certaines personnes dans la malhonnêteté pour arriver à leurs fins. Edifiant !
Les photos évoquées sont celles des cas suivants :




  • L’Ovni triangulaire de Petit-Rechain
  • Les photos de McMinville
  • Celles de Gulf Breeze
  • Les photos du lac Chauvet

Comment se déplacent les ovnis ?
Que dire de plus, au sujet de l’extrait suivant, sinon que je suis en parfait accord avec la pensée de Pierre Guérin :

Page 146 : « les scientifiques qui se sont accrochés à cette idée de vaisseaux interstellaires voyageant à des vitesses subluminiques ont voulu - croyant à tort paraître ainsi plus crédible - ne pas prêter à critique de la part de leurs collègues physiciens ou astronomes. Ils se sont donc abstenus d’évoquer une physique hypothétique qui n’est pas encore connue ni enseignée et qui rendrait possible des voyages pour plus rapide entre étoiles. Mais je pense, pour ma part, que l’on ne peut échapper à la nécessité d’une telle physique. Car il est de fait que nous voyons les ovnis susceptibles d’accélérations défiant les lois de l’inertie, capable de disparaître sur place et de réapparaître à distance, tout comme de rester immobile en sustentation au-dessus du sol sans aucun souffle d’air, comme par antigravitation. Ces comportements ne sont magiques qu’en apparence, et la profession de foi des scientifiques est qu’ils relèvent en réalité d’une physique rationnelle qui transcende la notre sans pour autant à violer, ce que refusent d’accepter ce qui s’en tiennent à la physique enseignée. Si nous réussissons un jour à établir les bases de cette hyper physique, le voyage rapide et jusqu’aux étoiles deviendra théoriquement à notre portée, et ce ne sera plus qu’une question de temps pour le concrétiser technologiquement comme ont su le faire nos visiteurs.

»


Les activités de la base de Groom Lake et tout le folklore ufologique qui lui est associé sont passés en revue. Comme d’habitude sur ce sujet précis, il y a « à boire et à manger ». Je ne saurais y souscrire tant les opérations de désinformation y ont été mêlées.
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Schattenjäger
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Re: OVNI - Les mécanismes d’une désinformation

Message par Schattenjäger le Dim 3 Aoû - 14:38

À la page 171 débute un intéressant texte au sujet des motivations, des arguments et des positions tenues par les sceptiques.



Le paragraphe intitulé « comment un astrophysicien en prend à son aise avec les faits » concerne Evry Schatzman qui préside depuis de nombreuses années l’union rationaliste de France. Des anecdotes très intéressantes au sujet de leurs relations et de la personnalité de Schatzman sont abondamment relatées.

Un intéressant épisode concerne une enquête de terrain réalisé par deux anciens ufologues (que l’auteur qualifie de transfuges de l’ufologie) : G. Barthel et J. Brucker.
Ces deux personnes ont présenté un manuscrit-rapport de leurs « enquêtes » sur la vague de 1954, soit 25 ans après les événements.

Guérin explique qu’en réalité il n’a pas été question d’enquêtes (ou plutôt de contre-enquêtes) sur le terrain. Ils ont mené leurs « investigations » par téléphone en omettant les cas les mieux documentés et les plus probants de la vague de 1954.

Page 186 : « Plusieurs ufologues ont voulu reprendre ces « enquêtes » de Barthel et Brucker en se rendant, eux, sur place. Citons, en particulier, Jean Sider (le dossier 1954 et l’imposture rationaliste, Ramuel Editeur, 1997). Le constat est affligeant.

Dans la plupart des cas, les dialogues que rapportent Barthel et Brucker avec les témoins de 1954, ou avec ceux qui les avaient connus n’ont même pas eu lieu ou ont été déformés. Et lorsqu’on retrouve le témoin lui-même, il confirme le plus souvent ce qu’il avait déjà déclaré à l’époque des faits. On peut seulement concéder à Barthel et Brucker d’avoir pu prouver qu’un soir, quelques témoins habitant une assez vaste zone dans le nord de la France, avaient pris à tort la lune cachée derrière les nuages pour un ovni. C’est peu devant la masse des observations et, pour l’essentiel, le livre de Barthel et Brucker apparaît pour ce qu’il est : une imposture à laquelle c’était fait prendre Schatzman , en toute bonne foi, voulons-nous croire. »

Le sociologue Lagrange est une fois de plus « à l’honneur ».
Voici à la page 213, le petit texte concluant une longue digression au sujet d’un courrier envoyé par Lagrange à l’attention de Pierre Guérin :

« Et pour Lagrange, qui en dépit de cette désinformation à laquelle il se soumet, avoue néanmoins se poser parfois des questions, il ne doit pas être facile de jouer à l’équilibriste en voulant, peut-être par amitié, défendre publiquement les thèses réductrices que les fournissent ses amis américains, tout en s’intéressant profondément à ce que sont réellement les ovnis et en se demandant par devant lui si ses thèses sont réellement fondées. Il est des tiraillements intellectuels auxquels je me félicite, pour ma part, de pouvoir échapper. À avoir l’esprit tortueux, on finit un jour par cesser d’être crédible. »
La dernière partie du livre est intitulée : mon parcours « d’ufologue » - 50 années pour garder raison.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur n’est pas très tendre avec le milieu ufologique classique. Ainsi à la page 218 on peut lire :
« Ainsi, le petit monde de l’ufologie d’amateurs est le théâtre d’une comédie humaine qui peut irriter ou faire sourire, selon les cas. Il a ses bons côtés, et même son côté indispensable : on ne dira jamais assez que c’est aux amateurs des groupements privés, et non pas aux autorités officielles, que l’on doit la collecte et la divulgation publique de la plupart des observations d’ovnis faites dans les différents pays. (…)

Cela dit, tout n’est pas parfait chez les ufologues des groupements privés : le niveau de connaissances et de rigueur intellectuelle de leurs membres est fort disparates. On y côtoie le meilleur mais le plus souvent le pire. Lorsqu’un amateur, par ailleurs bon enquêteur, mais totalement dénué de formation scientifique, ou simplement du bon sens le plus élémentaire, se mêle de théoriser, de modéliser les données disponibles, on peut s’attendre à tout, ou presque. Une fois son modèle établi, l’amateur n’aura de cesse de le publier dans la revue du groupement privé dans lequel il milite, s’il n’en fait pas un livre ! Et il se montrera toujours ulcéré par les critiques qui pourront être au fait de la thèse qu’il défend, parce qu’elle est devenue sa chose, son enfant. Une telle situation a conduit facilement à des polémiques stériles, à des comportements caractériels, à des haines réciproque et à des exclusions, d’où la multiplicité des petits groupements privés d’ufologie qui sont souvent autant de chapelles concurrentes prétendant chacune détenir la vérité. »



Pierre Guérin a côtoyé une foultitude de personnes, ayant de près ou de loin eu un rapport avec la recherche sur le phénomène ovni. Le regretté Aimé Michel fit partie de la liste. C’est après avoir lu l’ouvrage de Michel : « Lueurs sur les Soucoupes Volantes » que Pierre Guérin contacta Michel. Une abondante correspondance fut échangée entre les deux hommes jusqu’à la mort d’Aimé Michel.
De nombreuses anecdotes au sujet de leurs relations sont relatées aux environs des pages 230. Entre autres le fait que Michel fut à l’origine de la première rencontre entre Pierre Guérin et Jacques Vallée en 1961. J’ai également trouvé, à travers la prose de Guérin, que la personnalité d’Aimé Michel apparaissait plus humaine, moins parfaite et moins « idolâtré » que dans certains textes glanés ici et là. J’apprécie.

Plus loin, Pierre Guérin explique et détaille la création du Gepan, dont il fut pendant plusieurs années un des conseillers scientifiques.
Les luttes d’influence entre diverses personnalités du Gepan apparaissent au grand jour à travers les lignes de ce chapitre. A un point que j’en suis resté ébahi ! Les insuffisances de moyens de cette officine du CNES y sont également mises en exergue.

Si la communication s’est nettement améliorée les moyens ne semblent pas encore être à la hauteur d’une recherche sérieuse. M. Patenet semble plein de bonne volonté et ne renie pas les cas les plus intéressants des dossiers du Geipan. Cela suffira t’il ? Je pose la question.

En dernière partie figure, en annexe, des textes de Pierre Guérin publié dans divers journaux et magazines ainsi qu’une très intéressante analyse détaillée des photos du lac Chauvet.



Bien que l’ouvrage ne soit pas à mon sens parfait (lequel l’est ?) il reste comme indispensable dans la bibliothèque de toute personne intéressée par le phénomène ovni ne serait-ce que pour les aspects sociologiques et historiques qui lui sont liés.



Le seul réel problème, et qu’il est devenu vraiment difficile de se procurer ce livre qui n’a, à ma connaissance, jamais été réédité.
À titre d’anecdote, il m’a fallu trois ans de recherches sur Ebay pour trouver un exemplaire (à un prix ridicule) maintenant en ma possession.

Odin57

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